Laure Dargelos

est en lice pour le Prix des Auteurs Inconnus, dans la catégorie « littérature de l’imaginaire ». Elle nous raconte sa réaction suite à sa sélection :

J’ai été très surprise car je ne m’attendais pas du tout à ce que mon roman soit sélectionné. Pour moi, il y avait tellement de candidats que ma Voleuse des toits serait noyée dans la masse. Je suis très reconnaissante au comité du Prix des auteurs inconnus d’avoir donné une chance à mon roman ^^.

C’est parti pour une interview autour de son parcours, de son œuvre, et de La voleuse des toits, son livre en lice.

La voleuse des toits est votre premier livre. Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

La Voleuse des toits est mon premier roman autoédité, mais j’inventais des histoires bien avant de savoir tenir un stylo. Durant ma petite enfance, mon besoin de raconter s’exprimait déjà : avec ma sœur jumelle, je dessinais dans un cahier une sorte de roman-feuilleton (les aventures d’un prince et d’une princesse, mais attention un couple moderne qui allait au supermarché, au ski…) et ensuite, nous demandions à nos grands-parents d’écrire les dialogues en dessous des images. Au moment des repas, il y avait également un jeu où chacun devait continuer une histoire qui se poursuivait le lendemain. Ce jeu m’a beaucoup marquée car il m’a permis de développer mon imagination. Quand j’étais au CP, j’ai commencé à scribouiller une multitude de petits textes et si je me souviens bien, l’un des premiers parlait d’une bibliothèque hantée. Depuis, je n’ai jamais cessé d’écrire !

Au fur et à mesure des années, j’ai exercé ma plume : j’ai appris à développer mes personnages, à construire des intrigues… Mes goûts ont également évolué et je suis passée des récits policier à la fantasy. Jusqu’à La Voleuse des toits, mes romans me laissaient sur un sentiment d’inachevé. Pendant longtemps, je n’étais pas satisfaite de mes histoires, je les trouvais brouillonnes et pas assez abouties. Et puis, j’ai commencé à tirer des leçons de mes erreurs, à choisir des univers qui me correspondaient davantage et à puiser des idées dans mon quotidien.

Il n’y a pas que du quotidien dans La Voleuse des toits ! Quelles sont vos sources d’inspiration, avez-vous des univers livresques de prédilection ?

Pour La Voleuse des toits, je me suis beaucoup inspirée de la société anglaise du XIXe siècle. Depuis que j’ai découvert les œuvres de Jane Austen ainsi que des sœurs Brontë (Jane Eyre étant mon livre préféré), je suis fascinée par cette période historique. Je voulais que mon héroïne évolue dans un milieu aristocratique avec, bien sûr, des bals et des robes somptueuses. Mais je cherchais également à créer une dystopie, un univers dictatorial où l’art, la musique et la littérature seraient prohibés. À cette époque – j’étais alors étudiante en fac de droit –, je venais de dévorer des romans tels que 1984 de George Orwell, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury ou encore Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Ces lectures m’ont beaucoup aidée à approfondir mon univers, à creuser l’aspect politique et social.

La Voleuse des toits est pour moi un immense pot-pourri où se mêlent des éléments tirés de sources d’inspiration diverses. Mon but était d’écrire le roman que j’aurais voulu lire. J’ai ajouté de la magie, des créatures surnaturelles (comment ne pas citer Harry Potter qui a bercé mon enfance), mais aussi le voyage dans le temps. Je suis une grande fan de la série Doctor Who ainsi que de la saga Retour vers le futur qui m’ont toujours plu par leur façon de jouer avec le temps et la réalité.

De fait, votre livre prend le temps de créer un monde et de nous y faire entrer, et il développe l’histoire sur l’équivalent de trois tomes réunis en un. Combien de temps cela vous a-t-il pris de concrétiser un tel projet ?

La Voleuse des toits s’inspire d’une nouvelle écrite en Terminale et qui m’avait permis de remporter un concours départemental. Le personnage principal était alors un vieux peintre qui luttait contre un régime totalitaire. Je ne pensais pas reprendre cette idée cinq ans plus tard. Mais un soir, alors que je prenais le train pour rentrer chez moi, j’ai imaginé une jeune fille qui, à la nuit tombée, escaladerait les toits. J’ai bâti mon intrigue en m’appuyant sur cette image. Je voulais que Plume, mon héroïne, soit une aristocrate qui mènerait une double vie, à la fois rebelle et demoiselle de la haute société.

J’ai écrit La Voleuse des toits en deux ans, mais il m’a fallu deux ans supplémentaires pour corriger et retravailler ce gros manuscrit de 675 pages. Quand je me suis lancée dans l’écriture, j’avais seulement une histoire à raconter… Je n’avais aucune idée du nombre de pages que représenterait bientôt ce roman, ni du temps que j’allais consacrer à ce projet. En réalité, je me laissais porter par mes personnages et par l’intrigue qui se complexifiait au fil des chapitres. Depuis que j’écris, je n’ai jamais aimé avoir un plan fixe. Pour ma part, je suis partisane du « plan fluctuant », c’est-à-dire que je connais le début, la fin de mon histoire ainsi que certaines scènes-clés. Ce que j’aime le plus dans l’écriture, c’est d’inventer au fur et à mesure, d’ajouter des éléments que je n’avais pas prévus et surtout de laisser les protagonistes prendre les rênes du récit. Pour La Voleuse, mon plan se résumait à quelques pages de notes gribouillées dans un cahier. La majorité de la trame s’est construite durant la phase d’écriture : des sous-intrigues se sont tissées peu à peu, des personnages comme Jack et Andreas sont apparus, mon héroïne a évolué et mûri d’elle-même…

Quand j’ai posé le point final, j’ai réalisé que je tenais entre les mains un véritable pavé. Mon histoire faisait l’équivalent de trois tomes réunis en un, mais je tenais absolument à ce que La Voleuse des toits soit un one-shot. Pour moi, il était important de ne pas découper l’histoire. J’espère seulement que le nombre de pages ne découragera pas les lecteurs !

Dès la quatrième de couverture, on a l’œil attiré par le mot « écarlate », qui rappelle une autre dystopie célèbre. Votre héroïne est une femme qui combat une dictature. Avez-vous écrit un roman féministe ?

Quand j’ai commencé à écrire La Voleuse des toits en 2013, je ne connaissais pas encore La Servante écarlate, mais j’étais déjà sensible au combat féministe. Pour ma part, je n’ai jamais cherché à coller des « étiquettes » sur mes romans. Bien que certains éléments de mon histoire puissent évoquer un roman féministe (une héroïne qui défie le gouvernement et s’oppose au mariage forcé que lui impose la société…), je ne pense pas avoir écrit une œuvre suffisamment engagée pour qu’elle puisse être qualifiée de féministe. À travers La Voleuse des toits, même si la revendication d’égalité est bien présente (notamment dans la relation entre Plume et Élias ou à travers l’opposition entre les aristocrates et les habitants des bas-quartiers), mon but était surtout de mettre en avant des valeurs universelles telles que la loyauté, le courage ou le pardon.

Vous travaillez dans l’édition, et vous avez auto-édité votre roman. Il est vrai qu’on oppose de moins en moins les deux supports, qui apparaissent de plus en plus complémentaires. Quel point de vue votre double casquette vous donne-t-elle ?

Mon expérience en tant qu’assistante éditoriale m’a été très utile quand je me suis lancée dans l’autoédition. Le fait d’évoluer dans une maison d’édition m’a permis d’apprendre les règles de typographie, de mise en page et surtout d’être en mesure de produire un ouvrage avec un aspect professionnel.

Dès le départ, mon choix était tourné vers l’autoédition. Ce sujet me tient particulièrement à cœur car, bien que les mentalités soient en train de changer, beaucoup de lecteurs associent souvent l’autoédition à un choix par défaut. Quand j’en parle autour de moi, on me demande régulièrement si j’ai envoyé mon manuscrit à des maisons d’édition comme si la voie dite « traditionnelle » était la seule valable. En ce qui me concerne, je n’ai jamais tenté de contacter des éditeurs. Pour moi, autoéditer La Voleuse des toits était un challenge, un défi que je souhaitais relever avec ma sœur, graphiste. Céline s’est notamment chargée de la couverture, des illustrations ainsi que du site web et du trailer.

Je pense qu’il est important de soutenir l’autoédition car, si certains textes sont parfois bourrés de fautes, ils ne sont en rien représentatifs de l’autoédition dans son ensemble. De nombreux auteurs indépendants sont de véritables professionnels qui font appel à des bêta-lecteurs, des correcteurs, des graphistes afin d’offrir aux lecteurs le travail le plus qualitatif possible.

Le principal problème que les auteurs soulèvent en général sur l’auto-édition, c’est l’obligation de faire sa promotion soi-même. Comment faites-vous pour être un peu moins inconnue ?

J’essaye d’être présente sur les réseaux sociaux, notamment Instagram et Facebook, et de faire connaître mes ouvrages via mes publications. Je partage des extraits, des présentations de personnages, des chroniques… Pour La Voleuse des toits, je m’étais également inscrite sur le site SimPlement Pro qui met en relation auteurs et blogueurs. Peu importe le nombre d’abonnés que possède tel ou tel chroniqueur, j’accepte régulièrement les envois de services de presse.

Parmi mes projets pour 2021, je vais essayer de toucher de nouveaux lecteurs via les salons du livre.

Avez-vous un autre livre en tête, un autre projet d’écriture ?

Récemment, j’ai sorti en autoédition mon deuxième roman : Prospérine Virgule-Point et la Phrase sans fin. Ce récit fantasy s’adresse à un public Young Adult et se déroule dans un univers livresque où les habitants polissent et astiquent les lettres du Texte. Ils entretiennent ces milliers de caractères qui, sans leur concours, se seraient déjà effondrés. Nous suivons Prospérine, une demoiselle assez fantasque qui, au lieu de faire prospérer l’empire des points et des virgules, a choisi de devenir fleuriste. Un événement inexplicable ne tarde pas à l’entraîner dans une spirale qui la dépasse. Tout semble lié à la Phrase sans fin, cette mystérieuse phrase laissée en suspens par l’Auteur…

Actuellement, je corrige Les Oubliés d’Astrelune, mon troisième roman de fantasy Young Adult où se mêlent magie et réalités parallèles. J’espère le sortir prochainement en autoédition.

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