Interview : Xavier Massé

Xavier Massé est en lice pour le Prix des Auteurs Inconnus, dans la catégorie « littérature noire ». Sa réaction quand il a su qu’il était sélectionné pour le Prix :
Portrait de l'auteur : Xavier Massé

Lorsque j’ai découvert Némésis dans la sélection, j’étais vraiment surpris… puis dans les minutes suivantes très heureux.

Je sais que pour ce prix, beaucoup de livres sont proposés, le jury est composé essentiellement de bloggeurs. Donc me retrouver dans les 5 était réellement une fierté.

C’est parti pour une interview autour de son parcours, de son œuvre, et de Némésis, son livre en lice !

Némésis est votre troisième roman. Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

J’y suis venu par hasard. Pas littéraire de nature… mes passions étaient le sport, le cinéma… mais surement pas l’écriture, ni la lecture. A l’école j’étais un piètre élève en français. Je me souviens encore de la réflexion de ma professeure de français : « Xavier a de bonnes idées mais… mon dieu… que c’est compliqué de les écrire… »

Mais c’est vrai, des idées j’en ai à revendre. Puis un jour, arrêt du sport complet. J’ai décidé de tapoter sur mon ordinateur un début d’histoire… sans aucune intention particulière. Puis au bout de quelques mois. Il en est sorti Répercussions… et l’histoire a commencé.

Quelles sont vos sources d’inspiration, de quel·le·s auteur·e·s vous sentez-vous proche ?
Avant tout le cinéma. J’écris comme je regarde un film. Et j’essaye de transmettre cette même sensation. Ce qui me fait parfois défaut. Car un roman reste un roman et non un scénario… donc l’écriture est très compliquée pour moi.
Sinon j’ai peu d’auteurs en tête. Je parlerais plutôt des réalisateurs : Nolan, Fincher, Ridley Scott…

Parlez-nous de Némésis. Comment vous est venue l’idée de l’écrire ?

Pour Némésis je voulais un roman différent de mes deux premiers. Je suis quelqu’un qui joue énormément sur la structure. Et pour le coup je voulais changer et me prouver (et à mes lecteurs) que je pouvais écrire autre chose. J’avais une idée de départ : un tueur en série. Mais comment sortir du lot… ? J’étais très inspiré par mon village local… je me suis imaginé plein de scènes avant de démarrer l’écriture de ce roman.

Je ne voulais pas tomber dans du classique. La force de mes romans repose sur leurs structures et leurs scénarios qui sont souvent poussés à l’extrême. Là sans originalité de structure dans Némésis, il me manquait un truc… et c’est là que m’est venue l’idée… Et quitte à faire un one-shot sur un thème comme celui-ci… autant y mettre le paquet. Je voulais mettre une gifle monumentale au lecteur… et dès le départ.
Il y a tellement de livres sur le marché, que je me suis dit : « que vais-je bien pouvoir faire pour déstabiliser les lecteurs… ? » et c’est là que l’idée m’est venue : toucher la corde la plus sensible de l’homme.

Votre livre mêle normal et paranormal. Ce mélange des genres peut surprendre, mais c’est aussi la marque de votre texte. Est-ce une façon de renouveler les codes du thriller ?

Au départ je n’étais parti dans l’idée du paranormal. Je n’avais pas la fin en tête. Mais plus j’avançais et plus l’idée du bien et du mal s’imposait dans ce roman. Et donc tout s’est mêlé ou emmêlé 😊 .

Dans tous mes romans, il y a un brin de fiction, d’irréalisme, c’est ce que j’aime. Ça m’ouvre beaucoup de portes et j’aime assez. De plus je n’aime pas copier. J’ai toujours peur qu’on me dise : « il a écrit comme… » donc je fais ce que j’aime avec un style d’écriture et de scénario, peut-être peu commun, mais au moins si on aime… ben on aimera lire des romans de Xavier Massé 😊. Je pense que je cherche à avoir ma propre identité. Après il y a toujours un risque de ne pas plaire à tous. Beaucoup n’aiment pas les fins de romans où c’est peu probable, pas crédible…

Mon écriture est différente, mais c’est la mienne.

La couverture du livre se distingue également, avec ses deux univers colorés distincts. Comment le choix en a-t-il été effectué ?

C’est un travail en commun avec la maison d’édition. Je suis hyper… mais hyper chiant avec la couverture. Si ça ne me plait pas, on prend pas. Mais Joël de Taurnada ne force rien au contraire. Si l’auteur n’aime pas une couverture, elle est retravaillée jusqu’à ce que tous soient d’accord. On y passe beaucoup de temps, beaucoup d’échanges, de retouches, mais on arrive toujours au bout. Pour Némésis, l’idée d’un village était évidente. Ensuite c’est la maison qui a eu l’idée du village inversé. Par la suite j’ai tenté des couleurs et ça a marché très vite.

L’univers de la police, avec le tandem de policiers et l’impatience de la hiérarchie qui attend des résultats, est bien présent. Avez-vous fait des recherches, avez-vous échangé avec des représentants de la police ?

Au départ, comme pour tous mes romans, je ne demande rien à personne. J’écris ce que j’ai envie. Avec mes idées préconçues qui peuvent s’avérer « casse gueule » par la suite. C’est à la correction que je me fais aider. Aujourd’hui j’ai trois bêta-lectrices : une infirmière, une avocate et une policière. Je ne souhaite pas entrer dans les détails de procédures, avec des pages et des pages d’explications. Je ne concours pas pour le prix du Quai des Orfèvres. J’écris pour divertir. J’ai vite appris que dans le milieu du roman, on ne peut pas faire n’importe quoi et que les lecteurs sont exigeants (et c’est normal). Donc je me blinde dans les trois domaines de compétence de mes bêta-lectrices (ou plus suivant les thèmes de l’histoire abordés) de manière à être simplement crédible, logique. Mais juste ce qu’il faut.

Votre livre se situe aussi à la frontière entre l’histoire personnelle des policiers, qui enquêtent dans le village de leur enfance, et une enquête criminelle. En quoi cela permet-il de donner plus de densité à l’enquête elle-même ?

Les émotions des personnages, leur donner vie, surtout si on écrit à la première personne du singulier, cela permet au lecteur de vivre l’enquête à la place du personnage. Donc plus je le pousse dans ses retranchements et plus le lecteur va vivre les mêmes émotions que lui. Dans Némésis, comme je vous l’ai dit, je voulais immerger les lecteurs dans la noirceur et les plus grandes peurs de l’homme. Dans une ambiance glauque et flippante. D’ailleurs j’avais ce roman dans les tripes. Je décrivais des scènes avec la boule au ventre, je cherchais le moindre détail pour faire frissonner le lecteur sans pour autant le faire fuir. Je ne voulais pas écrire des scènes gores. D’ailleurs aucune ne l’est. Il s’agit juste une description du médecin légiste qui explique et sous-entend l’atrocité des crimes. J’ai joué sur la subjectivité afin de laisser l’esprit du lecteur travailler. Et c’était là le point fort (à mon goût) : qu’il se crée des images mentales.

On imagine qu’écrire sur un univers aussi violent que celui de Némésis demande de s’abstraire du quotidien. Avez-vous un endroit spécifique consacré à l’écriture, avez-vous des rituels ?

Pas spécialement ! J’écris dans le salon dans la majorité des cas. Je n’ai pas de rituel d’écriture.

Logo de la maison d'édition : Taurnada

Vos trois romans ont été édités, par IS Editions puis Taurnada pour les deux suivants. Comment avez-vous rencontré vos éditeurs ? Avez-vous envisagé de passer par l’auto-édition ?

Pour mon premier roman j’étais un néophyte dans le milieu. J’ai fait des recherches sur internet, j’ai envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition, et IS éditions m’a laissé ma chance avec Répercussions. Ça a été une belle aventure et ils m’ont mis le pied à l’étrier. Ensuite j’ai rencontré des auteurs, bloggeurs… et à force de discussions j’ai mieux compris les choses, j’ai appris sur moi-même, sur ce que je souhaitais et ce que je ne voulais plus. Pour mon deuxième c’est une de mes Bêta qui m’a donné les contacts de Taurnada et j’ai signé très vite.

Je ne voulais pas d’autoédition, cela demande beaucoup de travail et un temps que je n’ai pas. Je félicite tous les auteurs qui le sont, car c’est très chronophage. Je pense qu’au fond de moi, être édité était une forme de reconnaissance. Je voulais passer par une maison d’édition, c’était ça ou rien.

Que mettez-vous en place avec votre éditeur pour être un peu moins inconnu ?

Alors ma maison se démène beaucoup, avec les moyens qu’ils ont. Chaque auteur a des leviers de son côté pour essayer d’avoir de la visibilité. Chez Taurnada, on est hyper solidaires. On s’encourage les uns les autres, on partage à chaque sortie, pour que toute la team soit reconnue. Et si l’un d’entre nous explose les écrans et ben ça ne sera que de la bonne pub pour Taurnada et ses auteurs.

Je ne cherche pas à être moins inconnu, mais d’avantage lu. Même si la frontière est mince, je suis plus dans cette logique.

Avez-vous un autre livre en tête, un autre projet d’écriture ?

Oui, mon prochain roman sort le 17 févier 2022 en librairie, je repars dans un scénario psychologique, mais chuuutt je n’en dirai pas plus.

Mon cinquième est en cours de correction avec mes Bêta. Là encore je suis parti sur une structure différente, et je peux vous dire que je me suis fait des nœuds au cerveau.

Merci au Prix des auteurs inconnus, pour cette visibilité que vous nous procurez, merci pour le travail astronomique que ce prix exige !! Je souhaite bonne chance à tous les participants, merci au jury.
Xavier.

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