Jack Jakoli est en lice pour le Prix des Auteurs Inconnus, dans la catégorie « littérature noire ». C’est parti pour une interview autour de son parcours, de son œuvre, et de La Catabase, son livre en lice !

Bonjour Jack. La Catabase est votre premier livre, après une nouvelle que vous avez publiée la même année. Vous exercez un métier dont l’univers vous inspire vos livres, mais sans doute tous vos collègues n’écrivent-ils pas… alors, comment êtes-vous venu à l’écriture ? Quels sont pour vous les rapports entre réalité et fiction ?

Bonjour à toutes et tous. Il est vrai que les policiers se lançant dans l’écriture ne sont pas monnaie courante. Cela tient probablement au fait que chacun vit sa ou ses passions et que le temps manque pour tout le monde. Être flic en activité laisse peu de temps pour autre chose, nous sommes tous dépendants des événements. Par exemple, je ne sais pas tout ce que c’est que le « confinement » suite à la situation Covid. Néanmoins, l’avantage de mon métier est qu’il offre une source d’inspiration malheureusement sans limite. Surtout depuis que je suis dans une brigade criminelle. Il m’arrive même de penser que certains de mes personnages sont des enfants de chœur…

Je suis venu à l’écriture suite à une jambe brisée qui m’a offert l’opportunité d’élargir mes rapides prises de notes dans un carnet. J’ai eu l’occasion d’écrire quelque chose de plus grand, de plus vaste et le goût de la narration est devenu un besoin. J’adore ça.

Quelles sont vos sources d’inspiration, de quel·le·s auteur·es vous sentez-vous proche ?
Je me sens proche et distant de beaucoup d’auteurs à la fois. Tout au début, je pense que je me serais défini comme un auteur exclusivement de thriller sanglant mais mes projets pourraient très bien suivre le même chemin que Henri Loevenbruck par exemple. Ce serait du moins un aboutissement. Pour le moment, je me sens surtout à l’aise de parler de mon vécu mais on ne sait jamais.
On imagine qu’écrire sur un univers violent demande de s’abstraire du quotidien. Mais le vôtre peut être lui aussi violent… alors avez-vous un endroit spécifique consacré à l’écriture, avez-vous des rituels ?
J’écris surtout dans mon bureau à la maison ou sur ma terrasse face à la nature environnante. Dans mon bureau, je suis surtout entouré d’un tas d’objets allant de collection de Lego, de livres, vinyles, plantes et lithographies. C’est ma bulle, mon antre en quelque sorte. Je ne suis pas un méticuleux compulsif mais pourtant, à cet endroit, si l’un de mes objets a bougé d’un centimètre, je le vois tout de suite et cela me dérange. (Oui, je sais, ça fait un peu sociopathe…)
D’où est née votre idée de La Catabase, et notamment le choix d’un sujet aussi psychologique ? La Catabase est-elle un sujet qui vous tient à cœur, et pourquoi ?
L’idée de La Catabase m’est venue d’un cours sur le Darkweb que j’ai eu dans le cadre de mon travail. C’est de là qu’est tiré le premier chapitre. Le côté psychologique correspond spécialement à l’effort que demande la compréhension d’un tel acte. Depuis que je travaille à la criminelle, le décodage de ce fameux déclencheur dans le cadre d’un homicide fait l’objet d’une attention particulière. C’est un petit peu ce que j’ai voulu dénoncer dans ce livre. La froideur de la nature humaine, la banalisation d’un violence quotidienne qui, graduellement, perturbe notre cadre de référence.
Vous parlez de froideur des auteurs de tels actes, mais pour le lecteur, lire votre livre fait surgir des images d’horreur très précises qui font penser aux univers de Saw ou Hostel. Êtes-vous fan de films d’horreur ? On se pose la question tout particulièrement à la lecture de la scène d’ouverture du roman. Aviez-vous suffisamment de connaissances préalables pour l’écrire, grâce à votre métier, ou avez-vous dû faire des recherches pour la décrire si précisément ?

Je ne suis pas fan de films d’horreur. J’en ai vu plusieurs comme tout le monde mais cela ne m’attire pas plus que ça. Surtout Saw où j’ai décroché dès le second opus. Le premier était sympa grâce au final mais la violence gore gratuite ne distrait pas.

Le premier chapitre de La Catabase n’est présent que pour dénoncer, pour mettre en avant une réalité glacée qui existe, qui est filmée et achetée partout dans le monde via ce réseau. Il suffit de quelques recherches bien précises pour savoir où s’en fournir. Mais je n’ai jamais voulu faire de mon livre un mode d’emploi ! Qui plus est, il s’agit d’un roman et non d’un reportage ou documentaire.

Vous êtes édité chez les Éditions IFS. Comment avez-vous rencontré votre éditeur ? Qu’apportent un éditeur et une maison d’édition par rapport à l’auto-édition ? Notamment, que mettez-vous en place avec votre éditeur pour être un peu moins inconnu ?

J’ai rencontré le binôme Rinchart/Minni via les réseaux sociaux. Comme beaucoup d’auteurs, je m’étais rendu dans les librairies pour identifier les différents éditeurs et pour ensuite tenter ma chance. J’avoue ne pas avoir envoyé beaucoup de manuscrits, IFS m’a vite répondu être intéressé et c’est de là que tout a commencé. Nous nous sommes vite entendus, l’ambiance était et est toujours très bonne, je n’ai pas cherché plus loin. Ils sont plus que compétents, patients, francs et ambitieux. J’ai pu me rendre à de nombreux salons pour y dédicacer mes livres, des articles de journaux, des invitations, alors, comme dirait l’autre : What else ?
La fin du livre laisse envisager une suite possible autour du personnage de Lexie. Après tout, La Catabase est toujours en place… est-ce que vous l’envisagez ?
A vrai dire, on m’a déjà posé la question suivante : quel est, pour vous, le personnage principal de ce livre ? J’ai répondu : Lexie. Tout simplement parce que oui, La Catabase aura une suite. Ce livre me sert surtout de base, de point d’ancrage pour la suite des événements. Tout ne fait que commencer. Néanmoins, ça ne sera pas le bouquin qui sortira ensuite. La suite de La Catabase doit encore mûrir.
Dans quels registres envisagez-vous ces nouveaux projets ? Resterez-vous dans le style violent et percutant de La Catabase ?

Je pense que dès le prochain, le style violent de La Catabase, de son premier chapitre du moins, sera plus dilué. Tout simplement parce que le sujet qui sera traité ne conviendra pas à une telle description de l’horreur. Je pense qu’il faut parfois mettre les mots sur ce qui dysfonctionne dans notre société. Si dans les prochains projets, cela devait être le cas, je le referais bien évidemment.

Je me dis que le principal souhait d’un écrivain est surtout de distraire son lecteur, de l’arracher quelques instants à son environnement pour l’immerger dans un autre. Mes futurs projets, que ce soient des thrillers, polars ou autres, n’auront que cet objectif.

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