Interview : Pascale Gueroult-Mauduy

Interview : Pascale Gueroult-Mauduy

Pour introduire l’interview, pouvez-vous dire deux mots sur la manière dont vous avez connu le prix, décidé de candidater, et réagi lorsque vous avez su que vous étiez sélectionnée ?

J’ai connu le prix par Instagram. Mais c’est une blogueuse Sandrine (sand.et.cest.tout) qui m’a incitée à participer, car elle avait adoré mon roman.

Un cri de joie et l’immense fierté d’être sélectionnée.

Colorier ta vie de mes rires n’est pas votre premier roman. Comment s’est fait le chemin qui vous a amenée à écrire pour être lue ?

 

J’ai toujours adoré lire, depuis toute gamine. Et rêvé d’écrire, comme quelque chose de diffus, qui est dans un coin de ton cerveau, mais qui t’est interdit… Car je suis une matheuse, une scientifique, et nulle en français, en rédaction, en philo. Donc j’avais la croyance bien ancrée, que l’écriture n’était pas pour moi : en fait, la question ne se posait même pas !

En revanche, j’ai beaucoup écrit dans le cadre professionnel et j’ai toujours été compétente et habile, dans la rédaction de mes lettres commerciales, du contenu de mes sites Internet, de mes argumentaires.

Un jour, j’ai rencontré une coach qui m’a révélé qu’écrire s’apprenait. Et de ce jour, je n’ai cessé d’apprendre, de me perfectionner. J’ai suivi des formations sur Internet, en visio, en présentiel et je continue encore.

Après un recueil de nouvelles, dont plusieurs primées dans des concours, mon premier roman a été une auto-fiction… Il m’est venu, comme ça, sans prévenir.

Et ensuite, le virus m’a piquée, les papillons dans le ventre, et je n’ai plus eu envie d’arrêter !

« J’adore … j’adore les moments de doute, de recherche d’inspiration, d’angoisse de ne pas trouver, … puis l’idée apparait, prend forme petit à petit, s’affine, se peaufine… jusqu’à trouver la phrase ou le mot parfaitement adéquat !

Prendre de la hauteur, élaguer, modeler, repenser, corriger, récrire tout ou partie de ce terreau riche d’émotions. Le transformer en un récit digne de s’appeler roman. Avec l’envie de le publier…

J’adore toutes ces étapes. Je suis devenue accro en quelques mois à peine ».

Ce qui m’inspire, ce sont les sujets de société, les gens autour de moi, une remarque, une situation, un fait divers…

Aujourd’hui, c’est devenu mon métier. Et comme j’adore apprendre, j’essaye à chaque fois d’écrire dans un registre différent.

Mon roman 3 est un roman choral avec quatre femmes. Et celui que je suis en train d’écrire, est un thriller. Le prochain sera peut-être un roman historique.

Il n’y a pas vraiment d’auteurs ou d’autrices, dont je me sente proche. Il y a plutôt des écrivains, que j’admire, ou que je rêverais d’égaler… On m’a comparée plusieurs fois à Virginie Grimaldi. Peut-être que dans le style, on se rapproche, mais je n’ai pas le même succès !

L’idée pour Colorier m’est venue d’une conversation avec une amie qui me parlait de son compagnon, médecin, qui ne voulait pas d’histoire amoureuse, parce qu’il avait le cœur tout sec, ratatiné. De là, je me suis demandé pourquoi un médecin pouvait avoir le cœur desséché à ce point. Et je suis partie de ce questionnement qui m’a emmenée bien au-delà… puisque ce médecin était gastro-entérologue, la cinquantaine, et donc loin de mon Félix ! Mais c’est lui qui m’a amenée à Félix. De même, pour Charlotte, elle m’a été soufflé par une amie, qui n’arrivait pas à parler de sa mère disparue à ses filles.

En fait, quand une réflexion m’interpelle ou fait écho en moi, j’imagine le pourquoi du comment et s’en déroule un personnage avec ses failles, ses blessures, ses empêchements d’avancer dans la vie…

Dans Colorier ta vie de mes rires, le fait d’alterner les deux points de vue m’est venu spontanément. Il était important de situer mes deux personnages principaux avant leur rencontre, et je ne voyais pas d’autre façon de les présenter de façon approfondie. Surtout, pour moi aussi, c’était faire leur connaissance, les découvrir peu à peu.

Le sujet des cancers pédiatriques est particulièrement douloureux et difficile à aborder. Pourtant, vous avez écrit un livre « feel-good ». Pourquoi ce choix ?

Alors, là, je proteste sur cette question…😊. Il y a contresens… 😊

Je n’ai JAMAIS voulu écrire une histoire sur les cancers pédiatriques, comme certaines jurées m’en ont fait la remarque (et le reproche). Rien dans le pitch de la 4ème de couverture ne le laisse supposer… Je ne parle même pas d’enfants dans le résumé.

Mon sujet est la RÉSILIENCE ! Comment on peut s’en sortir — mieux — en parlant, en partageant sa peine. Partant de ce sujet, il était évident que le roman se terminerait bien…

Feel good or not feel good… Chacun le désignera comme il le ressent. Moi je ne l’étiquette pas, si ce n’est de reprendre certains commentaires : un roman lumineux, plein d’espoir et d’optimisme !

Les ateliers théâtre des Tartuffes roses vous ont-ils été inspirés par une association qui existe ?

Oui, les ateliers théâtre m’ont été inspirés, comme les clowns roses, pour la vraisemblance de mon idée, mais je voulais une activité différente, qui fasse participer, s’impliquer les enfants, beaucoup plus que de les rendre uniquement spectateurs.

Votre roman fait voyager jusqu’au Québec. Connaissez-vous le Canada ? Quelle est la fonction du dépaysement en littérature ?

L’idée de les emmener au Canada m’a été dictée pour servir la réflexion de Félix, éloigné de ses bases habituelles. Car c’est loin que le dépaysement aide à la remise en question. Et puis, c’est un pays que je connais bien et que j’avais envie de faire connaître à Félix et Charlotte. J’adore le Canada, c’est mon pays de cœur. C’est le pays où je rêve d’aller vivre… J’avais envie qu’eux réalisent mon rêve 😊.

En littérature, le dépaysement vient autant du pays où se déroule le récit que les domaines qui sont abordés, les personnages différents de nous, des situations inhabituelles. Il n’y a pas que la localisation qui sert le dépaysement. Ne parle-t-on pas d’évasion quand on lit ?

Illustration de l'écriture d'un livre

Comment êtes-vous venue à l’auto-édition ?

Au départ, par obligation, car je savais qu’aucune maison d’édition ne voudrait de mon roman. J’ai juste testé la plateforme Edith&nous. Et la suite m’a donné raison.

Quels sont les avantages de l’auto-édition par rapport à l’édition traditionnelle, quels sont ses inconvénients ?

Les avantages : tout maîtriser de A à Z, être aux manettes, décider de tout, un vrai job de chef d’entreprise (que j’ai adoré être dans ma précédente vie). Choisir ses prestataires en Bêta-lecture et en graphisme et nouer des liens précieux. Enfin, si on vend bien, gagner plus.

Les inconvénients : être seule aux commandes, personne avec qui partager ses questionnements 😊. Ne pas être distribuée chez les libraires. Le coût pour s’entourer de bons prestataires. Par exemple, j’avais sous-estimé la correction et quelques jurés ont souligné un nombre de fautes que personne n’avait vues… Depuis j’ai redonné mon texte à une correctrice professionnelle (merci à elles de leurs remarques).

Quelle serait votre plus belle récompense d’autrice ?

Votre prix !! Parce que le plus accessible, là devant moi. Et que ce serait mon premier Prix précisément 😊.

Ensuite, que mes prochains romans aient la même réussite que Colorier ta vie de mes rires, et qu’une maison d’édition reconnaisse son succès justement (+ de 4500 ex, une note de 4,5 étoiles sur plus de 1300 avis Amazon, deux sélections pour des prix littéraires) et m’ouvre ses portes, pour figurer en librairie (circuit non travaillé par moi-même).

 

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