Interview : Evy Reeves
Pour introduire l’interview, pouvez-vous dire deux mots sur la manière dont vous avez connu le prix, décidé de candidater, et réagi lorsque vous avez su que vous étiez sélectionnée ?
Bonjour le PAI ! J’ai entendu parler de vous par des amis lecteurs et écrivains qui m’ont conseillé de participer après avoir lu mon livre. Ils me disaient que j’avais des chances d’être retenue et que le Prix était sérieux et bien tenu, et j’ai pu le constater par moi-même sur vos réseaux alors bravo pour votre travail et je suis très contente de faire partie des finalistes.
L’Omphalos, tome 1 de la série Le Secret de L’Ancien Vœu, est votre premier roman. Comment s’est fait le chemin qui vous a amenée à écrire pour être lue ?
J’ai toujours aimé écrire, mais les priorités, les études et la vie en général ont fait que je n’ai jamais eu le temps de me consacrer pleinement à l’écriture d’un livre de manière organisée et structurée. Jusqu’au moment où, il y a trois ans, j’ai décidé de quitter mon travail alimentaire pour me consacrer à mes passions. J’ai dès lors commencé à me former au métier d’écrivain pour me lancer dans cette aventure avec les meilleures armes en main. J’ai toujours aimé la fantasy médiévale : Le Seigneur des Anneaux, The Witcher, les livres de Brandon Sanderson en général… Et je savais que si j’écrivais un roman un jour, ça serait dans cette veine.
L’histoire du Secret de l’Ancien Vœu a germé dans mon esprit environ un an et demi avant que je me mette réellement à l’écrire. Je pense que je voulais écrire quelque chose qui ait un lien avec les sectes car je trouve ça à la fois fascinant et effrayant. Mais je voulais également rester légère, donner un côté « feel good » qui cache toutefois quelque chose de plus sombre.
Vous avez créé un univers de fantasy très fouillé : est-ce que cela a été complexe ?
Oh que oui ! J’ai dû penser à beaucoup de choses en amont, pas question d’être « Jardinière » dans ce cas précis ! J’ai mis en place quelques éléments clés auxquels je ne voulais pas déroger, et si je n’ai pas tout gardé, j’ai tout de même pu garder certains piliers qui m’ont servi de pierres angulaires tout au long de mon histoire. L’idée était de créer un univers dans lequel j’aimerais faire vivre plusieurs histoires différentes, au-delà du Secret de l’Ancien Vœu.
Votre histoire est celle d’une quête d’identité, d’un roman d’apprentissage auquel nous pouvons tous nous identifier : pourquoi le transposer dans un monde imaginaire ?
J’aime beaucoup créer des systèmes de magie et j’ai trouvé amusant de fonder les bases de mon histoire sur le fait que tout un peuple vouait un fanatisme démesuré à une secte. L’aspect imaginaire me permettait de repousser les limites de l’apprentissage traditionnel du voyage du héros (des héroïnes, dans ce cas précis).
Vous avez aussi écrit une histoire de résilience. Sur quels sentiments aimeriez-vous que vos lecteurs et lectrices referment l’histoire (une fois que la série sera terminée) ?
La série est déjà terminée et j’ai voulu laisser les gens sur une conclusion très simple : ce n’est pas notre passé qui compte et la meilleure manière d’avancer est de nous concentrer sur l’avenir, sur les choses positives qui nous attendent et sur la meilleure manière de les accueillir.
Comment êtes-vous venue à l’auto-édition ? Quels sont les avantages de l’auto-édition par rapport à l’édition traditionnelle, quels sont ses inconvénients ?
J’ai travaillé dans le marketing plusieurs années, jusqu’à devenir responsable marketing en entreprise avant de quitter ce milieu. Lorsqu’on écrit, le gros souci récurrent est qu’on ne s’attend pas à toute l’importance de la promotion du livre.
On peut écrire le meilleur livre du monde, personne ne le lira si on ne met pas tout en œuvre pour le faire remarquer. J’ai eu la chance d’être consciente de tout ça, du fait de mon métier précédent. Je me suis donc sentie capable de faire moi-même la promotion de mon livre, de le mettre en page, de travailler avec des graphistes et toute l’équipe nécessaire à la conception professionnelle d’un roman comme si j’étais dans une maison d’édition, tout en gardant l’intégralité de mes droits au lieu de 5 à 10%. Bon, évidemment, ça implique que j’ai tout à faire seule et tout à financer moi-même. Mais je garde le contrôle, de cette manière, et ça me convient pour le moment.
Quelle serait votre plus belle récompense d’autrice ?
Je suis déjà très contente de voir des personnes revenir d’année en année prendre mes nouvelles œuvres et c’est déjà la plus belle des récompenses. À chaque nouvelle œuvre, les précommandes sont de plus en plus nombreuses et ça me permet de voir que je suis dans la bonne direction. Je ne vis pas de ma plume puisque je suis musicienne à côté donc ça me suffit.
Vous avez déjà publié la suite de L’omphalos, et un premier tome d’une nouvelle série. Pouvez-vous nous en parler brièvement, ainsi que de vos projets ?
Mon nouveau roman, Le Fléau d’Ilderad, est aussi une duologie dont le second tome sortira début 2025. Le thème des sectes y est également abordé, de manière plus sombre, moins feel good, et sur un fond presque policier dans le format « enquête ». J’ai voulu créer un Sherlock Holmes de la fantasy médiévale sous la forme d’un halfelin pilleur de tombes qui se retrouve malgré lui impliqué dans les secrets d’une secte. J’ai aussi comme projet de publier un cosy mystery, une nouvelle duologie ayant lieu dans le même univers que mes duologies actuelles et pourquoi pas une romance de Noël. J’aime toucher à tout !

