Blogueuse littéraire

En 2017, j’ai commencé à poster de petites critiques littéraires sur Babelio. J’y étais toute seule, je débarquais, mais je me suis bien amusée : je me rappelle notamment avoir listé une dizaine d’histoires drôles tirées de Le mot d’esprit et l’inconscient de Freud et les avoir postées au rythme d’une par jour, dans l’indifférence générale. Ou encore, j’ai pris le contre-pied total d’un livre de développement personnel en en postant une critique qui relevait de l’analyse statistique. C’est un peu comme si j’avais flâné sur les pelouses des critiques littéraires avant d’en emprunter les chemins. Aujourd’hui, je n’aurais plus le temps de faire tout cela, et c’est une bonne chose, parce que ça signifie que je ne suis plus seule dans mon coin – mais aïe, je me rends compte qu’on dirait presque que je parle d’un bon vieux temps…

Et puis j’ai commencé à donner mon avis sur des livres auto-édités et à partir de là, j’ai été sollicitée et tout s’est enchaîné : je suis devenue une boulimique de l’exploration de tout ce qui se fait (ou presque) dans le monde de la chronique littéraire.

Rien de ce qui m’est arrivé n’a été prémédité, tout s’est fait de fil en aiguille et a été possible parce qu’en 2020, les réseaux sociaux existent. Parfois, ils ont du bon…

Le PAI

J’ai compris que l’auto-édition était un vaste service des manuscrits à ciel ouvert : on y trouve absolument de tout, depuis des manuscrits mal finis auto-édités à la va-vite et sans aucune notion de ce que cela représente, jusqu’aux livres d’auteurs indépendants qui n’ont tellement rien à envier à des livres édités qu’ils ne cherchent surtout pas à être récupérés par un éditeur qui pourrait les formater.

Mais tout ça, c’est noyé dans plus de 200 sorties chaque jour… Alors dans cette jungle, il faut s’organiser et recréer des collectifs qui essayent d’y mettre du sens à la fois pour que les auteurs qui valent la peine trouvent des perches à saisir, et pour que les lecteurs se fassent des repères.

Le PAI me paraît être une initiative qui participe à cette construction collective de sens : un prix, c’est un vainqueur que tout le monde attend, bien sûr, mais c’est aussi une formidable machine à créer du lien entre auteurs, chroniqueurs et lecteurs. Maintenant que j’ai vécu les coulisses du PAI, je dirais même que c’est essentiellement ça !

La littérature blanche

La littérature blanche. Pour moi, c’était une évidence, je n’y ai même pas réfléchi. Pourtant, je lis aussi des polars et il m’arrive de faire des incursions dans la littérature de l’imaginaire ou la romance. Mais la littérature blanche m’apparaît à la fois comme la plus diverse, la plus foisonnante, et celle où on ne peut avoir qu’une certitude : on va être surpris. De fait, parmi les sélectionnés pour le prix de 2019, les cinq livres sont aussi différents que possible les uns des autres !

Si j'étais un écrivain...
Stefan Zweig. Parce que c’est infiniment troublant que le livre qui décrit le mieux ma propre difficulté à être une femme (La lettre d’une inconnue) ait été écrit par un homme…
Si j'étais un personnage de roman...
La Gradiva de Jensen. Une femme dont on ne sait si elle est réelle ou fantasmée, dont on n’est même pas sûr qu’elle soit apparue, mais qui sature pourtant les pensées d’un homme. Somme toute, la parfaite illustration de cette célèbre phrase à laquelle je m’identifie : « Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil. »
Si ma vie avait un titre de livre ?

J’entends des regards que vous croyez muets. C’est le titre d’un livre d’Arnaud Cathrine, que je n’ai pas lu, mais que j’ai bien repéré parce que c’est aussi (au temps de conjugaison près) une citation qu’il a tirée de Britannicus, de Racine. Quel que soit le langage, celui des mots, celui des corps, celui des yeux, il y a toujours un sens latent, qui compte au moins autant que celui qu’on croit contrôler. Et lui courir après, ça ressemble à une bonne idée pour remplir une vie !

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4 thoughts on “Marceline de DéjàLu”

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