Interview : Philippe Saimbert

« 11 Serpents » a été sélectionnés dans la catégorie Premier Roman

  • Vous dites que tout a déjà été raconté et que l’originalité contemporaine réside dans le traitement d’une idée déjà utilisée pour la rendre personnelle et unique. Quelle a été votre inspiration pour « 11 serpents » qui concourt dans la catégorie « Imaginaire » du Prix des Auteurs Inconnus ? Comment avez-vous cherché à vous en démarquer ?

Tout d’abord bonjour à toutes celles et ceux qui nous lisent et merci pour votre interview. Comme tout auteur, je suis une éponge qui se nourrit de tout ce qu’il voit et entend. La musique est également pour moi une formidable source d’inspiration car elle me suggère certaine scènes. C’est d’ailleurs étonnant. Je crois que nombre d’œuvres, à commencer par celles d’Agatha Christie ont inspiré mon projet. Tous ces projets avec des intrigues et des personnages tordus. Sans compter les innombrables chefs d’œuvres du cinéma au twist final étonnant. J’espère avoir réussi mon pari. Le twist final le plus fou, le plus fort, restant pour moi celui du film Old boy. Un film à réserver toutefois à un public averti de par sa violence psychologique. Mais quelle claque !

  • Vous êtes auteur indépendant, mais également scénariste de BD. J’ai également aperçu une activité de scénariste audiovisuel. Est-ce que l’adaptation de « 11 serpents » au cinéma ou à la télévision est un objectif ?

Oui, tout à fait. Je me suis inscrit sur le site Papertofilm pour essayer de placer mon projet auprès d’un producteur. Et je vais participer à divers concours de scénarios cette année. Je présente 11 serpents car il s’agit d’un huis clos avec peu de personnages. Le budget de production reste donc contenu. Rêver est mon métier…

  • À propos de Bande-Dessinée, avec lesquelles avez-vous grandi ? Quelles sont celles que vous pouvez nous conseiller ?

Ancien enfant de cœur (eh oui, cela mène à tout), j’adorais, gamin, les aventures de Moky, Poupy et Nestor. Je trouvais le graphisme de Bussemey aussi vivant que celui d’Uderzo. Ensuite, je suis passé aux Pieds Nickelés et à Rahan. Et puis il y a eu la période des super héros Lug avant de passer à la BD adulte et contemporaine. Quelques BD à découvrir (pas les plus connues mais celles qui m’ont marqué : Gangrène (Jimenez & Trillo). Brune (Guibert) sur la montée du nazisme. Le premier tome de Sin city (Franck Miller). Brezza, une série originale et pleine de poésie (Etienne Martin). Et pour fêter les Quais du Polar à Lyon, la série Torpedo (Abuli & Bernet).

  • Vous êtes indépendant, mais l’êtes-vous par choix ? Que vous apporte l’auto-édition ?

J’ai passé plus de 15 ans au sein de l’édition traditionnelle (Albin Michel BD, Delcourt, Joker, City, etc.) et je suis passé par choix du « côté obscur de la Force ». Pour de simples et bonnes raisons : l’indépendance des choix artistiques (contenu, maquette, titre, etc.) et des conditions contractuelles que je ne pouvais plus accepter. Plusieurs de mes titres étaient abandonnés et je trouvais de plus en plus absurde de devoir céder mes droits pendant 70 ans. De plus (attention, je vais être grossier), je suis également passé indépendant pour des raisons financières. Je sais bien que les auteurs ne sont pas censés vivre de leur plume mais il est temps que cela change. La loi permet plus facilement aux auteurs de recouvrer leurs droits patrimoniaux pour exploiter leurs œuvres (sous certaines conditions). Se renseigner auprès de mon syndicat, le Snac.

  • Votre roman « L’héritage de Tata Lucie » est traduit en anglais. Avez-vous l’ambition de toucher le marché international avec « 11 serpents » ?

Malheureusement non.  À refaire, je n’aurais pas tenté cette expérience pour L’héritage de tata Lucie. Ce livre restant mon best-seller (+ de 75.000 exemplaires vendus à ce jour, toutes éditions confondues), j’ai cru renouer avec le même succès sur le marché anglo-saxon. C’était oublier que la concurrence est féroce. Et qu’il est très difficile d’obtenir des reviews. Indispensables pour lancer des promotions. Inutile de vous dire que je n’ai pas (encore) remboursé le prix de la traduction. Par contre, je vais tenter l’aventure du livre audio pour mes deux titres phares. Je suis persuadé que le marché du livre audio va exploser dans les prochaines années.

  • Dans « Le fossile d’acier », vous proposiez déjà un pitch retournement de situation… Vous savez dès le départ que vous proposerez ce genre de final ou cela vous vient-il au fil de l’intrigue ?

Je commence toujours par écrire la fin. Même si je suis amené à la retoucher, bien évidemment. Donc, je sais où je vais même si je ne connais pas les chemins que je vais emprunter.

  • Vous avez écrit plusieurs romans dans des genres différents. Thrillers, Science-Fiction, Humour, Jeunesse. Qui est vraiment Philippe Saimbert ?

Bonne question. Je ne le sais pas moi-même. En fait, j’aime nombre de genres à partir du moment où l’histoire me captive et me fait vibrer. Du drame intimiste au blockbuster. Il en va de même pour le cinéma. J’ai des goûts très éclectiques. Du très beau et confidentiel Un temps pour l’ivresse des chevaux au métaphysique Interstellar.

  • Pour quelle raison avez-vous soumis « 11 serpents » au Prix des Auteurs Inconnus ? Qu’en attendez-vous ?

C’est avant tout une histoire d’opportunité et de rencontre. Si je peux rencontrer de nouveaux lecteurs, ma démarche aura été un franc succès. Je n’en demande pas plus.

  • Dernière question : votre famille est-elle du même genre que celle que vous dépeignez dans votre livre ?

Joker ! Je ne veux pas d’ennuis. Mais sachez qu’il y a beaucoup de moi dans le narrateur souvent présent dans mes romans. Mais que cela reste entre nous…


Une (toute petite) partie de l’univers de Philippe Saimbert

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