Interview : Eric Costa

Eric Costa est l’auteur du roman Harem : Aztèques, concourant dans la catégorie Réalisme.

  • Vous êtes l’auteur du premier tome de Aztèques, un roman historique, parlez-nous un peu de cette histoire.

Il s’agit d’un roman historique centré sur l’action, où l’on suit le parcours d’une jeune amérindienne, Ameyal, qui est arrachée à son village et plongée dans un harem aztèque, un monde totalement inconnu que nous allons découvrir avec elle. Elle va être entraînée malgré elle dans des intrigues qui la dépassent, et va devoir repousser sans cesse ses limites et évoluer pour faire face aux manipulations, chantages et tenter de survivre dans ce monde de femmes ambitieuses et sans pitié.

Je pense que la manière la plus efficace d’en parler est d’en faire le pitch !
« Huaxca, Mexique, 1516
Un village est attaqué par les Aztèques.
Ameyal, la fille du chef, est vendue comme esclave dans un harem.
Sur son chemin, intrigues, manipulations et meurtres.
Une course effrénée vers le pouvoir.
Des femmes qui se servent d’elle,
Qui jouent avec sa vie,
Pour séduire un Maître mystérieux et sans pitié.
La mort peut frapper derrière chaque porte.
Existe-t-il une cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ? »

  • Comme dit plus haut, Aztèques est un roman historique, pourquoi ce choix de genre mais également de l’époque ? Comment avez-vous mené vos recherches ?

J’ai suivi une formation de trois ans en dramaturgie, durant laquelle il m’a fallu mener de front plusieurs projets d’écriture. Aztèques était l’un de ces projets. Il fallait que je construise une saga, et je voulais un univers médiéval pas encore trop rebattu. Un jour, une amie m’a aidé à trouver une idée. Elle m’a raconté que les différents peuples qui habitaient le Mexique précolombien devaient payer un tribu aux Aztèques, qui régnaient alors en maîtres. Parfois, le tribu était rassemblé grâce à des prises de guerres et des pillages. L’histoire d’un jeune fils de chef arraché à son village m’est alors apparue. On allait découvrir le monde aztèque à travers ses yeux, le temps qu’il mette en place une vengeance implacable. Les filles de mon groupe m’ont alors demandé que ce soit une héroïne. Je n’y étais pas opposé, car j’ai toujours aimé les héroïnes. Elles doivent faire preuve de plus de subtilité pour s’en sortir qu’un mec aux gros biscotos. En outre, la thématique d’Aztèques ; sagesse et pouvoir, se reflète encore mieux incarnée par une femme. Ameyal est ainsi née. J’ai choisi ce prénom nahuatl car il signifie printemps, le moment de l’émergence des possibles. Le moment où le potentiel commence à se développer. De cette manière, mon héroïne a de belles années devant elle !

Concernant l’époque, l’histoire commence en 1516, car je veux avoir le temps de la mettre en place avant que les conquistadors ne débarquent au Mexique en 1519. J’ai choisi cette période de l’histoire car elle correspond à la rencontre entre l’ancien et le nouveau monde, une période d’une grande richesse, méconnue de par le massacre qu’ont subis les amérindiens. Construire une histoire qui ne les présente pas comme des brutes sanguinaires tel qu’on en a l’habitude, mais qui au contraire permet de découvrir leur culture, leur niveau de connaissances et tout ce qu’ils ont accompli, permet en quelque sorte de les faire renaître et de leur rendre justice.

En ce qui concerne les recherches, je lis tous les ouvrages que je peux trouver à leur sujet, que je regroupe dans mes bibliographies. J’étudie le travail de chercheurs tels que Soustelles, Duverger, mais aussi de romanciers comme Gary Jennings, de soldats tels que Bernal Diaz del Castillo, et bien entendu, Sahagun… savez-vous que c’est ce moine qui a sauvé la civilisation aztèque ? Il avait proposé d’établir un rapport de toutes leurs coutumes et façons de vivre en disant qu’il serait plus facile de les évangéliser si on les connaissait mieux. Des années plus tard, le livre étant terminé, il l’a envoyé à la cour de Charles Quint, l’Empereur qui régnait sur l’Espagne à cette époque. Bien entendu, le manuscrit a disparu. Et bien qu’importait ! À son retour en Espagne, Sahagun a tout réécrit de mémoire. Son nouveau manuscrit est resté caché pendant 100 ans avant de nous parvenir. Je trouve cet acte d’un courage remarquable.

  • Vous êtes auto-édité et êtes lauréat du jury amazon kindle, lors du salon du livre de Paris 2017, vous y attendiez-vous ? Qu’avez-vous ressenti en l’apprenant ? Vous attendiez-vous à un tel engouement ?

Quand j’ai glissé les exemplaires d’Aztèques dans ma valise et que j’ai pris le train pour le salon du livre de Paris en mars 2017, je me demandais ce qui pourrait bien en ressortir. Et pour cause : en tant qu’auteur indépendant, je ne m’étais jamais rendu à un tel évènement et ne connaissais personne. Que pouvais-je espérer ?
Malgré mes doutes, j’ai tenté ma chance au Speed-Dating Amazon, concours qui propose de mettre en avant deux romans pour l’année 2017.
À ma grande surprise, les membres et les auteurs Amazon m’ont accueilli comme l’un des leurs. Encore mieux : mon travail et ma foi en l’écriture se sont vus récompensés par le prix du Jury Amazon KDP.
Aztèques a ainsi gagné ses ailes.

Lorsque le résultat est tombé, j’étais au comble de la joie. Je me suis retrouvé sur l’estrade du stand Amazon, un micro dans les mains, et on m’a demandé de faire un discours. Pour la première fois de ma vie, je me suis senti à l’aise en public. J’étais aligné, je sentais que j’étais là où je devais être. Le travail avait enfin payé. Lors de mon discours, les mots venaient tous seuls, et plus tard, Alice Quinn m’a dit que j’ai connu un moment de grâce.

  • Vous avez modifié votre couverture, pouvez-vous nous raconter l’histoire de ces deux couvertures (l’ancienne et la nouvelle) ? Pourquoi avoir changé ?

Tout a commencé lorsqu’on m’a présenté Julien Lesne, qui souhaitait devenir illustrateur. Un ami lui avait offert Aztèques : Harem et, comme il avait aimé, il était très motivé pour faire la couverture des tomes suivants.
Se posait alors la question de refaire celle du tome 1 pour qu’il y ait une continuité. Comme je n’étais pas pleinement satisfait de l’ancienne couverture, et que je cherchais quelqu’un avec qui je puisse travailler sur la série entière (attiré par l’idée de partager ce projet avec quelqu’un avec qui je pouvais « grandir » ; lui dans le dessin et moi dans l’écriture), nous nous sommes mis d’accord pour tenter le coup.

Julien m’a donc proposé plusieurs drafts qui nous ont permis d’affiner nos idées. Dans l’ancienne couverture, Ameyal était (des)habillée en guerrière sexy, elle se tenait debout devant la jungle avec une lance stylisée à la main. Elle était belle et attirante, son regard énigmatique invitait à la rencontre, mais l’image était bien trop statique par rapport à l’histoire.
Aztèques : Harem est une course contre la montre. La mort peut frapper à chaque instant. Il fallait que le personnage d’Ameyal illustre cette idée. Nous avons donc décidé de la montrer de face, comme si elle courait vers le lecteur, un couteau d’obsidienne dans les mains.

Pour augmenter l’impression de vitesse et de précipitation, Julien a proposé d’incliner l’horizon.
Ensuite s’est posée la question de l’arrière plan, et nous avons très vite opté pour les pyramides et les pictogrammes pour symboliser le monde Aztèque. Mais ce n’était pas tout : il nous fallait un ou une antagoniste. Nous avons opté pour un personnage masculin, le prêtre de Tlaloc (dieu des tempêtes), pour plusieurs raisons. D’abord, la présence du masculin, opposé au féminin, permet d’établir une polarité. Ensuite, Ameyal rencontre le prêtre de Tlaloc à deux moments clés de l’histoire. Et ce prêtre, représenté selon une structure pyramidale, symbolise la grande pyramide de Teotitlan, c’est à dire la ville elle-même, et ses deux mains levées au ciel représentent la puissance, l’emprise, le fanatisme à l’égard de cette religion omniprésente qui régit le monde Aztèque.

Pour les couleurs, nous avons opté pour un gris crépusculaire, qui évoque la tempête qui se lève à la fin du roman, ainsi que le rouge qui symbolise le soleil couchant, les flammes qui dévorent le village d’Ameyal et le sang qui coule, témoin des sacrifices comme des violences qui régissent la civilisation Aztèques.
Enfin, vous pouvez y voir un aigle voler dans le ciel. Il symbolise l’espoir, et évoque la lignée royale d’Ameyal en tant que fille de l’Aigle, destinée à s’envoler elle-aussi. En effet, comme le lui a prédit le devin Collier d’étoiles, sa destinée n’est-elle pas de commander aux hommes ?

  • Au sujet du prix des auteurs inconnus, qu’est-ce qui vous a poussé à proposer votre roman ? Avez-vous été surpris d’être sélectionné, après avoir été lauréat du jury Amazon Kindle, au SDL Paris 2017 ? Ou vous y attendiez-vous ?

Une chroniqueuse que j’avais rencontrée sur Simplement Pro et qui avait chroniqué Aztèques m’a parlé du Prix des Auteurs Inconnus et m’a conseillé de le présenter. Je me suis dit pourquoi pas. Je me suis rendu sur le site et j’ai effectivement constaté que le livre rentrait dans les critères requis. Je me suis inscrit sans me poser de questions.

Je remercie de tout cœur cette chroniqueuse pour ce cadeau qu’elle m’a fait, ainsi que toute l’équipe du Prix des Auteurs Inconnus. D’ailleurs, j’ai recherché son message pour pouvoir identifier cet ange gardien, sans y parvenir, alors si vous vous reconnaissez faites-moi signe !

  • Vous êtes également l’auteur d’autres ouvrages, pouvez-vous nous en parler ?

J’ai écris un recueil de nouvelles intitulé Réalités Invisibles. Il s’agissait du premier travail que je devais fournir lors de ma formation à la dramaturgie. Il s’agit de nouvelles fantastiques qui ont pour thématique la lutte contre des forces qui nous dépassent, telles que la mort, le temps, le passage à l’âge adulte, le deuil, l’égoïsme, qui sont souvent incarnées par des forces maléfiques.

Ces histoires sont à l’image d’Aztèques : de l’action, des rebondissements et du suspense. Elles ont reçu un très bon accueil de la part des lecteurs.

  • On peut voir sur votre site que vous avez deux projets en cours, dans quel genre ces ouvrages vont-ils s’inscrire ? De quoi vont-ils parler ?

Je vois que vous êtes super renseignés !
J’ai deux autres projets à terminer en parallèle d’Aztèques.

« Kostas Niemand, un roman inconfortable sur les relations », coécrit avec Laurent Personne, à paraître en 2018. C’est de la littérature blanche qui a pour thématique la fidélité et la liberté. L’histoire d’un homme insatisfait sexuellement dans son couple qui va finir par aller voir ailleurs. Je vous préviens, ça risque d’être très, très cynique 😉

« Prison Experiment » : une jeune mercenaire doit exfiltrer un prisonnier d’une prison dont personne n’est jamais sorti et qui a été abandonnée par la CIA en pleine zone 51. Le genre est plutôt action, thriller technologique, young adult.

Ces deux romans sont écrits, il faut que je les retravaille, j’espère les sortir cette année.

  • Vous avez fait des études de dramaturgie, n’écrivez-vous pas de pièce de théâtre ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la littérature romanesque ?

Il faut que je vous raconte comment j’en suis venu à suivre de telles études. J’ai commencé à écrire lorsque j’étais ado et j’ai toujours eu envie de partager mes histoires, mais je sentais bien que je n’avais pas un niveau suffisant. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai suivi cette formation. J’ai d’abord pris des cours du soir pour apprendre comment raconter une histoire. Comme ça m’a plu, que j’apprenais beaucoup et que ça m’a permis de remettre l’écriture au cœur de ma vie, j’ai suivi une formation de trois ans. Il s’agissait d’apprendre comment se construisent les histoires, puis comment les rendre intéressantes et percutantes, sujets sur lesquels je travaille encore, bien entendu !

Je n’ai jamais encore écrit de pièce de théâtre mais je dirais pourquoi pas, plus tard. J’aime plusieurs genres différents et je m’essaye un peu à tout pour agrandir ma palette. Je ne veux pas me cloisonner. Au contraire, je pense que maîtriser différents genres peut permettre de créer des histoires plus intéressantes.
La littérature romanesque s’est imposée à moi dès le début parce que j’adore la création. Écrire une histoire, c’est créer un univers, des personnages, des vies, jouer à dieu en quelque sorte. Lorsque cela fonctionne, cela procure un sentiment qui dépasse tout ce que je connais par ailleurs, hormis l’amour et l’amitié que je place au même niveau !

  • Un dernier mot à vos lecteurs, passés, présents et futurs ?

D’abord, j’aimerais vous remercier d’avoir accepté qu’Aztèques participe au prix des auteurs inconnus, ainsi que pour cette interview. Je trouve que vous faites un travail formidable pour les jeunes auteurs et la créativité. Un immense merci à vous tous !

Pour mes lecteurs, j’aimerais dire quelque chose de très simple, que j’essaye de véhiculer à travers mes personnages et mes histoires : quelque soient les difficultés que vous connaissez, accrochez-vous à vos rêves. Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Et puis rendez-vous le 18 janvier pour la suite : La Voie du Papillon 😉


Retrouvez Eric Costa sur :

Page facebook : https://www.facebook.com/CostaEric2/

Compte Twitter : https://twitter.com/CostaEric2

Site : https://costaeric.fr/

A propos de l'auteur

Lectrice avide de découvertes, Amélia a à cœur d'aider les "petits" auteurs à se faire connaître, à travers son blog Culture Geek et Cie, mais aussi dorénavant à travers ce prix.

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