Interview : Amélie de Lima

Amélie de Lima concourt avec « Le Silence des Aveux » dans la catégorie Premier Roman

 Vous êtes originaire de Lille, vous vivez à Barcelone, et vous portez le nom de la capitale du Pérou. Avez-vous l’âme d’une voyageuse ?

J’ai beaucoup voyagé et j’ai vécu dans pas mal d’endroits différents. C’est une véritable passion pour moi. Peut-être que ça vient de mes origines étrangères, mère espagnole et père portugais (d’où mon nom de famille qui est bien mon vrai nom 🙂 )

Vous écrivez depuis toute petite. Quel a été le déclic qui vous a décidé à publier votre premier roman ?

Le déclic a été lors de mon année à Casablanca, au Maroc. J’ai commencé à écrire Le Silence des Aveux et je le faisais lire chapitre par chapitre à travers un blog que j’avais à l’époque. Un mélange de voyages, mode et écriture. Puis, j’ai décidé de m’y mettre sérieusement, d’écrire un « vrai » roman et de me lancer en auto-édition (en pensant sincèrement que personne ne le lirait…)

« Le silence des aveux » se déroule à Lille. Votre second roman se passe entre Lille et la Belgique. Pensez-vous toujours ancrer vos intrigues dans votre région d’origine ?

Oui, Lille est ma ville d’origine et la Belgique, ma seconde maison finalement. En vivant à Lille, on passe beaucoup de temps en Belgique. Quel lillois n’a jamais été faire un tour à Tournai un dimanche après-midi ? Alors oui, cette ville m’inspire, c’est la mienne et je compte bien la garder dans mes romans 🙂

Vous avez publié vos deux romans en autoédition. Est-ce un choix ou une obligation ? Aviez-vous proposé votre roman en édition traditionnelle ?

J’ai publié en auto-édition par choix. Le silence des aveux, je l’ai écrit en pensant qu’il ne serait lu que par mes amis et ma famille. Je n’ai jamais eu la prétention d’être éditée car j’ai un vilain défaut, je doute toujours de moi et de ce que j’écris. J’ai commencé à envoyer Le silence des aveux à 3 ou 4 maisons d’éditions mais très récemment et pour ce qui est de Voix Nocturnes, à personne.

Qu’est-ce qui vous a poussé à proposer votre roman au Prix des Auteurs Inconnus ?

Je me suis inscrite au Prix des Auteurs Inconnus car il s’agissait d’un nouveau projet qui m’a particulièrement plu. J’ai beaucoup aimé le principe des chroniques et l’organisation du prix.

Vos deux romans sont des thrillers psychologiques. Avez-vous fait des recherches en criminologie et en procédures policières ?

Oui, le travail de recherches est le plus long mais surtout le plus intéressant lors de l’écriture d’un roman. J’ai eu la chance d’être aidée par une criminologue à Barcelone, je n’ai pas hésité à frapper aux portes des hôpitaux psychiatriques et il faut le dire, je suis passionnée par la psychologie des personnages, par les troubles de l’enfance et l’impact qu’ils ont sur notre vie d’adulte. Alors oui, je passe beaucoup, beaucoup de temps à faire des recherches et j’adore ça !

Il y a quelques semaines, vous avez, avec d’autres auteurs indépendants, loué un stand à Livre Paris. Stand devant lequel il y avait souvent foule. Que pensez-vous de l’essor de l’autoédition en France ?

Je pense que l’auto-édition est un très bon moyen de se faire connaître par nos lecteurs. Elle nous permet d’avoir un contact plus direct, plus réel. On tisse de vrais liens, sans fioritures. C’est un excellent moyen de comprendre les attentes des lecteurs, car ils nous en parlent directement par message ou par mail, nous donnent des conseils, des points de vue différents…bref, l’auto-édition c’est pour moi avant tout, l’opportunité de s’ouvrir aux autres, de se dévoiler à travers nos écrits, sans passer par un intermédiaire. L’essor de l’auto-édition en France marque l’envie et la passion des français(es) pour la lecture et l’écriture et surtout, le fait maison, le self-service, sans attente, sans longues journées à se ronger les ongles, redoutant les lettres de refus…

Comptez vous traduire vos romans et viser le marché espagnol ?

On m’a déjà proposé de traduire Le silence des aveux en roumain mais je pense que la traduction espagnole est pour moi plus à l’ordre du jour.

Vous avez écrit une pièce de théâtre pendant votre adolescence. Est-ce que vos lecteurs peuvent s’attendre à vous retrouver dans ce registre prochainement ?

Une pièce de théâtre dans mon genre de prédilection, pourquoi pas ?

Avez-vous d’autres projets littéraires ?

Oui, le second volet de Le silence des aveux sortira durant l’été 2018. Une nouvelle affaire dirigée par Véronique De Smet, entre Lille et la Belgique, une fois de plus.

 


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Interview : Carine Foulon

Carine Foulon concourt, avec « Chicago Requiem » dans la catégorie « Premier Roman »

  • « Chicago Requiem » est votre premier roman. Avant ça, vous avez publié plusieurs nouvelles, poèmes, et livres pour enfant. D’où vous est venue l’idée de la Saga des Henderson ?

    Au début, je n’ai pas eu l’idée d’écrire une Saga. Mon roman s’intitulait Corde raide, d’où les citations avec le mot « corde » au début de chaque chapitre. Le personnage sur la corde raide est bien sûr William. Mais c’est un projet qui a mûri. J’ai commencé sa rédaction fin 2015, sans même savoir que ça deviendrait un roman. En avril ou en mai 2016, j’ai fait deux envois papier aux maisons d’édition, quelques envois par mail, mais il était encore intitulé Corde raide, puis c’est devenu Chicago Post Portem. En tout cas, je partais sur l’idée d’un seul volume consacré à l’étude de ce personnage dont on ne sait jamais s’il est bon ou mauvais. Je voulais qu’à la fin, le lecteur ne se pose plus la question, mais le soutienne, le comprenne. C’est un personnage qui enfreint la quasi-totalité des dix commandements. Pourtant, à la fin, quand le lecteur referme le livre, il ne peut que l’aimer, ou du moins l’apprécier. Normalement, il a même souffert avec lui, alors qu’à la base, c’est un avorton insignifiant, voire pénible, écrasé par deux figures masculines plus proches de celles qu’on rencontre dans les romances, pour l’un, et dans les dark romances, pour l’autre. Mais le centre de mon roman, c’est le personnage de anti-héros qui n’aurait pas sa place dans le casting d’une romance-type, William. Il est d’ailleurs absent des premiers chapitres, sauf lors des flashbacks : le prologue, Meredith, la présentation d’Edward Miller… Quand William arrive enfin sur la scène du livre, en tant qu’époux de Susan, c’est presque dans un rôle secondaire, puis ridicule, mais de chapitre en chapitre, il gagne du terrain.

 

  • Votre histoire est ancrée dans les années 1920. Pourquoi avoir choisi cette époque ?

J’aurais pu choisir le XIXe s. Le monde contemporain m’inspire peu. J’adore la littérature du XIXe s. et William vit dans un manoir. Quand Meredith paraît, la première fois, elle porte un corset. Ils sont un peu perdus dans les années vingt, même si Meredith prend très vite ses marques. Mais le Chicago des années vingt m’offrait un cadre idéal : un monde sans policiers, où on est encore avant Eliott Ness et les Incorruptibles. Dans la réalité, Al Capone a pu abattre un homme devant témoins et être relâché, par exemple. Donc on est dans un monde sans foi ni loi, où une personne menacée ne peut pas porter plainte, où l’insécurité est constante. Je lis beaucoup de thrillers, mais mes préférés sont ceux où il n’y a que les assassins, les victimes : la série des Ripley de Patricia Highsmith, le Purgatoire des innocents de Karine Giebel (où on est plongé dans l’horreur : des braqueurs confrontés à des criminels pires qu’eux), Mygale de Thierry Jonquet. Les dix petits nègres d’Agatha Christie est un chef-d’œuvre, de même que la nuit ne finit pas du même auteur, parce qu’on vit l’intrigue en même temps que les personnages, alors que les enquêtes d’Hercule Poirot et de Miss Marple ont un caractère plus rassurant. Le lecteur ne risque rien : il suit l’enquête du dehors, avec les enquêteurs. Il attend le dénouement. Il est dans un parcours policé. Or j’aime bien cette sensation qu’il n’y a pas de policiers, pas d’enquêteurs, parce qu’ainsi, le lecteur est désorienté, parce qu’il est confronté à l’humain, à la vie de tous les jours, celle qu’il vit lui-même avec des enfants, des amis, une famille, mais avec une plus grande menace. Une sorte de memento mori quelque part, de métaphore de la vie.

 

  • Votre roman était initialement publié aux Éditions Dreamcatcher. Vous êtes désormais autoéditée. Qu’est-ce que cela change pour vous ?

Le point négatif, c’est que c’est plus chronophage. J’aurais pu laisser tomber… si je n’avais pas tant tenu à mon roman, donc je me suis démenée pour assurer la mise en page, lui confectionner une couverture, assurer sa promotion.
Le point positif, c’est que je ne dépends plus que de moi-même, et j’avoue que c’est quelque chose que j’aime bien. Choisir mes services presse, discuter avec les chroniqueurs, chercher les dédicaces… Les éditions Dreamcatcher sont à Toulouse, je suis amiénoise, et avant même la parution de mon roman, j’appelais les librairies près de chez moi, je cherchais des salons, je communiquais, m’impliquant et voulant que tout avance. J’avais déjà écrit des livres, mais je ne me suis jamais impliquée autant pour l’un d’entre eux que pour Chicago Requiem. Du coup, je pense que le lien aurait rompu à un moment ou à un autre, parce que dans une petite maison d’édition, on ne peut pas faire cavalier seul, que j’avais réussi à me trouver 4 dédicaces rien que dans les 15 premiers jours de juillet. Or je n’étais pas la seule romancière éditée et forcément, il fallait réussir à me suivre, envoyer les exemplaires, prendre contact avec les librairies que j’avais contactées… En fait, je pense que mon arrivée dans l’auto-édition concorde avec mon caractère. Malgré ma souffrance en juillet/août, au moment où j’ai eu l’impression que tout s’écroulait, je suis restée en bons termes avec les éditions Dreamcatcher.
Mais je suis professeur de français, agrégée de lettres. Du coup, quand j’ai commencé à écrire, en 2013, j’avais plus l’envie d’inscrire une œuvre dans la durée, d’écrire comme les auteurs de l’histoire littéraire, que d’assurer un millier de ventes ou plus lors d’une rentrée littéraire. Quand mes albums jeunesse sont parus, qu’ils ont été en librairie deux ans, se sont vendus, puis plus rien, puis envoi aux solderies, ça m’a fait un choc, parce que moi, qu’ils se vendent ou pas, ça m’était assez indifférent. Je voulais qu’ils soient lus, et puis qu’ils durent, et que dans 30 ans, mes petits-enfants soient fiers de moi. Eh bien, là, non : douche froide et retour au monde réel. Alors du coup, l’auto-édition, ce n’est pas si bête, surtout dans mon cas, parce qu’en conservant mes droits, je sais que mes livres dureront au moins autant que moi.

 

  • « Chicago Requiem » est en lice dans la catégorie Premier Roman du Prix des Auteurs Inconnus. Que vous a apporté cette sélection ? Qu’en attendez-vous ?

Quand mon roman n’a plus été édité, savoir que Chicago Requiem avait été retenu pour le prix m’a énormément apporté d’autant que j’ai souvent lu dans les chroniques qu’il met du temps à démarrer, qu’on entre dans le vif du sujet vers la 150e page. Or, les sélections ont été faites en se fondant uniquement sur les dix premières pages. C’est une forme de reconnaissance pour moi (parce que je doute énormément) et savoir que mon roman était sélectionné m’a apporté un réel soutien, l’envie de le rééditer au plus vite. Je pense aussi à un chroniqueur en particulier, et à un auteur sélectionné dans la même catégorie que moi, qui m’ont tous deux apporté leur soutien, et ça, à un moment où je sombrais, c’était inestimable.

  • Vous êtes professeure de français dans un collège de la Somme. Vos élèves sont-ils au courant de votre activité d’auteure ? Vous ont-ils lu ?

Mes élèves sont en 6e / 5e. Ils sont au courant, mais ils savent qu’ils sont trop jeunes pour me lire. Le seul de mes livres qui serait adapté à une étude en classe serait l’Abécédaire fruitier, mais je n’ai pas le droit de faire étudier mes propres textes (en tout cas à mes élèves, car dans le cadre d’un atelier  d’écriture, ce serait différent).

En revanche, certains de mes anciens élèves me lisent et me soutiennent, ceux qui ont eu leur bac l’année dernière par exemple. J’ai reçu plusieurs mp. D’une façon générale, plusieurs de mes contacts sur Facebook sont d’anciens élèves, mais ils sont toujours d’une discrétion énorme, m’envoyant un « Bon anniversaire, Madame ! » ou « J’ai bien aimé votre livre » en mp, à l’occasion, et je les garde dans mes contacts, parce que j’ai bonne mémoire et que s’ils sont là, c’est que je les apprécie. L’un d’eux, plus jeune, m’a écrit que sa mère était en train de lire mon roman, donc que je commençais à devenir célèbre. En fait, ils sont au courant, mais respectueux.

  • « Chicago Requiem » est le premier tome d’une saga, quand pensez-vous publier la suite ?

Justement, je ne l’avais pas considéré comme un premier tome, même si je pense qu’il y aura une suite. Mais dans ma tête, c’est plus devenu une saga de l’ordre des Rougon-Macquart ou de la Comédie humaine, avec des personnages récurrents, que série avec tome 1, tome 2… J’aimerais que les romans, nouvelles, novelas concernant les Henderson puissent se lire indépendamment les uns des autres, qu’ils s’éclairent aussi les uns les autres. Il y a beaucoup d’espaces vacants, d’ellipses, d’interstices dans Chicago Requiem, et ça peut faire l’objet de nouvelles, de romans, qui reprendront forcément les personnages déjà rencontrés, mais dans un autre cadre, parce que… je crains de trop en dire et de spoiler, mais je pense que le prochain volume de la Saga des Henderson ne sera pas forcément un tome 2 (même si celui-ci aussi, je le prévois). Ceux qui ont lu mon roman savent à quel point j’ai joué avec les points de vue, les situations, toujours retenu le lecteur là où je voulais qu’il soit. Mais je sais ce qui se passait dans le même temps, dans une autre pièce, avec les autres personnages… Par exemple, entre le séjour de William à Atlanta et le chapitre « Confidences sur l’oreiller », il y a un blanc quant aux activités de William, et le lecteur ne s’en aperçoit pas forcément, parce que les scènes de romance sont à leur paroxysme (ou alors le lecteur bout d’impatience en se demandant quand les meurtres vont commencer, quand on va enfin entrer dans le polar, sans se rendre compte qu’il y est déjà). Parce qu’à ce moment-là, dans l’ombre, qu’est-ce qu’il fait au juste, William ? Est-ce qu’il revoit souvent Meredith ? On ne le sait pas. On reste dans l’intimité d’un couple, le soir ou tôt le matin, mais j’ai scrupuleusement évité d’évoquer leurs journées.

Je n’ai pas une écriture linéaire, où on avance du début à la fin, et où le lecteur sait où il va, vers la résolution de l’enquête ou vers le mariage de deux personnages qui ne semblaient pas pouvoir s’aimer. J’imagine plusieurs salles, plusieurs dialogues, et je sélectionne. Je donne à voir ce que je veux que le lecteur voie, j’utilise les flashbacks, les répétitions, les motifs, les clichés qui parlent à tous (le personnage de la soubrette par exemple… Je suis toujours étonnée de ne pas voir Nelly plus souvent citée dans les chroniques : comme elle est un personnage-type du jeu de Cluedo, des enquêtes, des vaudevilles, de Downtown Abbey… le lecteur, de lui-même, la cantonne au rôle de personnage secondaire ou d’utilité, alors que dans mon imaginaire, elle a un rôle énorme, qu’elle est présente dès les premières lignes du roman, évoquée dans presque tous les chapitres, et qu’elle ne se limite pas à son rôle presque théâtral de soubrette, qui est un leurre).

Du coup, oui, il y aura une suite. Mais le prochain tome de la saga des Henderson ne sera pas forcément la suite.

  • Vous faites régulièrement des dédicaces dans des librairies. Que vous apporte le contact avec votre lectorat ?

Je n’en fais pas régulièrement. J’ai fait quelques dédicaces dans les librairies pour mes albums jeunesse de 2014 à mars 2015. J’étais enceinte de ma fille cadette, née fin juin. J’ai donc interrompu toute forme de promotion de mars 2015 au 1er juillet 2017, quand mon roman est sorti, mais auparavant, je n’avais jamais fait aucune dédicace dans les librairies. Là, il y en a eu quatre, du 1er juillet au 15, puis la fin de mon contrat d’édition fait que je vais reprendre les dédicaces le 8 avril (6 à 7 séances en avril-mai).

J’adore discuter avec mon lectorat, plutôt via Internet, mais la librairie enchantée de Chaulnes avait organisé des séances de dédicaces qui m’avait bien plu, où les gens ne venaient pas seulement me demander une signature, mais où l’on discutait, assis autour d’une table, en buvant un café. Ce type de moment convivial est assez rare.

Il n’y a pas d’auteur sans lecteur. Je me souviens d’une conférence où une dame énonçait que le personnage de fiction n’existe pas. J’avais pris le micro, parce qu’a priori, sa non-existence est une évidence, mais comment pourrait-on affirmer que Dracula, Harry Potter ou Roméo et Juliette n’existent pas ? Ils existent plus que nous. Ils existent dans l’imaginaire de millions de lecteurs. C’est la magie de l’écriture de rendre réelle la fiction le temps d’une lecture, voire un peu plus, et cette magie ne tient pas seulement à l’écriture, mais aussi à la lecture. Sans lecteurs, il n’y a pas d’œuvre.

Pour ça que je me moque un peu des ventes, de l’aspect « rentrée littéraire », « promotion »… J’essaie surtout de ne pas être déficitaire, de rentrer dans mes frais, mais ce qui m’importe, c’est d’être lue, pour que mon univers, mes personnages fassent vibrer d’autres personnes que moi, parce qu’à quoi cela sert-il de créer tout un univers si personne n’est là pour en profiter ?

  • Avez-vous d’autres projets littérature ?

Enormément. Des albums jeunesse, dont au moins un qui sortira en 2018.
Je réfléchis à un recueil de nouvelles, autour du thème du manoir… Mon imaginaire se complaît dans les manoirs. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aime cette ambiance vaguement gothique, les châteaux entourés de landes et de bruyère…
J’aimerais aussi aborder d’autres styles, évoquer le monde contemporain, sans doute à travers le registre burlesque ou me lancer dans le roman pour ado (ce serait accessible à mes élèves). Bref, être là où on ne m’attend pas.
Mais mon second roman sera une romance steampunk atypique qui n’a rien à voir avec l’univers des Henderson. J’en ai écrit la moitié, l’ai mis en pause le temps de rééditer Chicago Requiem, et j’espère y retourner au plus vite. J’aurais aimé le publier plus tôt, mais l’essentiel est qu’il sorte en 2018. Aborder le registre steampunk  me plaît. Un petit côté anglais, un petit côté victorien, voire de Régence, Jane Austen dans le brouillard de Londres et la reine Victoria perdue dans un monde d’automates…

Puis retour à la saga des Henderson, je pense. En fait… ils me manquent.
Et puis, au niveau littérature… une PAL immense que je délaisse beaucoup, malgré tous les livres qu’il peut y avoir chez moi, ma liseuse Nolim, et mon amour pour la littérature.


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Interview Céline de Rosa

  • Bonjour Céline. Vous êtes blogueuse, auteure, créatrice de Box littéraire (Book Me Box), vous faites partie de plusieurs comités de lecture, et vous êtes, en plus, une maman et une femme. On en déduit aisément que vous êtes une passionnée, et que vous aimez lire. Quelle route vous a menée à l’écriture ?

Bonjour Virginie !

Je pense effectivement qu’on peut me qualifier de passionnée. Je respire, je bois, je mange, je lis. La lecture fait partie intégrante de ma vie. C’est ainsi. C’est une réelle addiction. Lorsque mon quotidien ne me permet pas de m’adonner à ma passion, eh bien, je ne me sens pas bien. La lecture est un besoin primaire. Sans elle, je m’éteins.

Je suis donc avant tout une lectrice. Une lectrice qui, un jour, a voulu imiter celles et ceux qui la plongeaient dans un univers parallèle bien plus attrayant que le monde réel. Tout comme mes auteurs préférés, j’ai voulu analyser les comportements humains, les disséquer, décrypter les relations.  J’ai toujours été assez intuitive, très observatrice et j’ai voulu coucher sur le papier mes ressentis par rapport à ce qui m’entourait. J’ai longtemps, très longtemps hésité avant de me lancer, trop pudique pour me livrer, car même lorsqu’un roman n’est pas autobiographique, tout part toujours, pour moi du moins, du réel. De ce qu’on a vécu ou de ce qu’on a vu. L’idée de base est là. Puis, elle se modifie, ou pas, au fil du temps, au gré des pages. Je me suis donc lancée après quelques difficultés rencontrées dans ma vie. Tel fut le déclic. A ce moment-là, je me suis dit que si on ne pouvait pas faire ce qui nous faisait plaisir dans la vie, alors à quoi bon…

Une citation répondrait parfaitement à votre question. J’ai découvert ces mots de Marina Abramović dans le dernier roman de Claudie Gallay, La beauté des jours. J’ai été bouleversée. A leur lecture, je me suis dit « oui, c’est exactement ça. C’est moi ».

 J’ai longtemps cru qu’on devenait une artiste à partir d’une enfance difficile ou alors si on avait connu un drame ou bien la guerre, ou alors si on avait un don. Mais ce n’est pas ça. On devient artiste parce qu’on est sensible et parce qu’on est mal dans le monde. Ce n’est pas une question de don mais d’incapacité à vivre avec les autres. Et cette incapacité à vivre crée le don.

Dans mon cas, je remplacerais le dernier mot « don » par « besoin ».

  • Parlez nous un peu de votre premier roman, Elle(s). Comment a germé l’idée de cette intrigue, comment la mise en scène vous est venue à l’esprit ? Que représente ce thème pour vous ?

L’idée de Elle(s) a germé un soir. Je rentrais du boulot, j’étais en voiture dans les embouteillages et je pensais à ce que j’allais préparer pour le dîner. J’étais fatiguée d’exercer une profession qui ne me convenait plus et me donnait des migraines environ quatre fois par semaine. Je ne voyais plus mon fils qui à l’époque n’avait que quelques mois. Autour de moi, certaines femmes et mères avaient ce type de problèmes. Elles étaient tiraillées entre leur vie professionnelle, leur vie de famille, leur vie de femme et d’épouse. Je me suis dit que, partout où je regardais, ces préoccupations étaient une constante. Après, on perçoit ce que l’on veut bien percevoir bien sûr… Quoi qu’il en soit, ce sujet m’a donné à réfléchir. Beaucoup. J’ai commencé par noter quelques ressentis et pour la première fois, mes notes, qui jusque là étaient peu abouties, prenaient peu à peu forme.

Le reste est venu un peu tout seul. Le sujet de la femme, qu’elle soit au foyer ou qu’elle travaille comme PDG, est un sujet dont on parle trop peu. Il reste tabou alors que nous avons déjà bien abordé le 21ème siècle. J’ai voulu y remédier, à ma modeste échelle.

  • Vous avez récemment sorti un livre orienté jeunesse. Avez-vous d’autres projets d’écriture sous le coude pour les prochains mois ?

J’ai écrit un second roman noir, intitulé La proie qui m’a pris plus d’un an d’écriture. Je viens de l’autopublier. Et je travaille sur un autre, mais je n’en suis qu’à la première phase : celle où je jette des idées sur le papier en espérant qu’elles formeront une histoire.

  • Votre roman a été sélectionné pour la catégorie Premier Roman du Prix des Auteurs Inconnus. Que représente pour vous cette sélection, et qu’attendez-vous des chroniqueurs qui liront votre ouvrage ?

J’ai longuement hésiter à me présenter. Très longuement. Je n’aime pas la compétition. Celle-ci m’angoisse. En plus de ses effets anxiogènes sur moi, je trouve qu’il est extrêmement difficile de déclarer qu’un livre est meilleur qu’un autre. Mais certaines personnes ont su se montrer convaincantes, alors j’ai cédé 😉 Mais j’avoue que je ne suis pas à l’aise dans cette situation. Mais heureuse bien sûr !

Je n’attends rien de particulier des chroniqueurs. Je souhaite juste qu’ils passent un bon moment avec mon livre. Si je peux en plus leur procurer des émotions alors là, c’est la danse de la joie. C’est vraiment ce qui m’importe le plus. Qu’elles soient positives ou négatives mais qu’elles ne laissent pas indifférent. Surtout pas ! Je dois dire que jusqu’à présent, mon livre a davantage séduit les lecteurs que les chroniqueurs. J’ai reçu beaucoup de messages privés dans lesquels, des lectrices surtout, disaient avoir beaucoup aimé mon roman. Certaines affirment s’être reconnues dans le personnage principal, déclarent avoir ressenti beaucoup d’émotions. La plus belle des récompenses, je l’ai déjà remportée. Je remercie ces personnes de tout cœur. Sincèrement.

  • Qu’auriez vous envie de dire aux lecteurs qui n’ont pas encore découvert votre plume pour leur donner envie de vous lire ?

C’est certainement la question la plus difficile de cette interview. Pour moi en tout cas.

J’ai écrit Elle(s) sans penser une seule seconde que j’aurais le courage de le sortir du tiroir. Les feuilles y reposaient. Sagement. C’est dire si j’ai longtemps cru que le roman n’intéresserait pas grand monde. Mais l’envie de livrer une histoire a été la plus forte. J’ai quelque chose à vous dire lecteurs, accepteriez-vous de m’écouter ?

  • Un dernier mot ?

Je n’aurais jamais cru un jour oser parler de moi. Voilà pourquoi j’ai mis un certain temps avant de répondre à ces questions. Merci Virginie pour ces longues semaines de patience. Un « exercice » difficile mais dont je suis parvenue à bout. Je suis heureuse d’avoir été sélectionnée et quel que soit le dénouement de cette aventure, je suis fière d’y avoir participé. Il y a quelques années, jamais je n’en aurais été capable.

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