Interview : Yann Déjaury

Yann Déjaury concourt avec « Quand les Hirondelles Me reviennent » dans la catégorie Premier Roman

La mémoire est le centre névralgique de l’être humain, on retrouve ici votre esprit cartésien et votre formation scientifique, pourtant vous arrivez à faire la part belle à l’imaginaire, comment cette intrigue s’est imposée à vous ?

L’intrigue de ce roman m’est venue lors d’une courte randonnée en solitaire pendant laquelle, l’espace de quelques secondes, j’ai éprouvé une étrange sensation. Je ne savais plus où j’étais et il a fallu que je me concentre pour revenir à la réalité. Scientifiquement parlant, cela fait partie des mystères de notre cerveau qui nous joue ce genre de tour régulièrement. Cependant, j’ai continué ma route avec une question qui me revenait sans cesse « Et si sur ce chemin, le héros d’un roman s’apercevait dans la seconde qu’il avait tout oublié de sa vie ? »

Au retour de la balade, j’ai éprouvé le besoin de poser un premier chapitre alors que je n’avais jamais écrit auparavant.

Les scientifiques ont souvent une imagination débordante qui les mène parfois à de grandes découvertes. C’est ce côté que j’ai laissé s’exprimer sans aucun filtre dans « Quand les hirondelles me reviennent ».

On sent un réel attachement aux valeurs de l’être humain, sans pour autant renier ses travers. Pensez-vous qu’un auteur puisse retranscrire les émotions sans prendre parti ?

Très bonne et difficile question ! Mon éducation fait que j’ai un profond respect pour autrui. A ce titre, je ne peux pas me permettre de juger mon personnage principal. Il a les qualités et les défauts que vous lui connaissez et si je devais prendre parti, jamais je n’aurais pu écrire son histoire. Avec lui, tout au long du livre, j’ai éprouvé ses craintes, sa tristesse, ses pulsions, sa joie et bien plus encore, sans aucun jugement ou prise de position.

Quel a été votre fil directeur, en partant du postulat que la vie est parsemée d’embuches, pour arriver à votre final, qui (sans spoiler) est une vraie révélation ?

Pour tout vous dire, je n’avais pas de fil conducteur… Je savais que mon personnage principal était un amnésique perdu sur un chemin de randonnée mais je ne connaissais pas ce qu’il lui arriverait. Les idées se sont greffées les unes aux autres pendant l’écriture. Après une dizaine de chapitres, la fin a commencé à se dessiner.

Ce qui arrive à Julien dans ce roman n’est autre que la vie, parsemée d’embuches, comme vous dites mais aussi de beaucoup de joie et de profondes réflexions.

Vous arrivez à rendre vos personnages attachants et très vivants, comment se sont-ils imposés à vous ? Certains sont-ils des références personnelles ? Des connaissances ?

Deux personnages m’ont été inspirés par mon entourage : Margueritte et Pomme-Pomme.

Margueritte tire ses yeux bleus intenses de ma grand-mère paternelle. Elle a aussi conservé ce don qu’elle avait de nous emporter dans un mystère, même quand elle nous racontait une histoire pour laquelle nous connaissions déjà la fin.

PommePomme, quant à elle, est inspirée d’une petite fille que je croisais à l’âge de cinq ans sur le chemin de l’école. En fauteuil roulant, elle attendait notre passage sur la place du cinéma pour nous accueillir avec un immense sourire rempli de joie. Je ne peux pas dire que je la connaissais vraiment mais je garde en mémoire son visage illuminé, sa voix fluette ainsi que le bonheur qu’elle semblait éprouver à chacun de nos passages. Bizarrement, je ne pensais plus à elle depuis de longues années et c’est l’écriture de « Quand les hirondelles me reviennent » qui a fait ressurgir le sentiment de bien-être que je vivais à son contact. Elle est devenue le personnage préféré de mes lecteurs.

Les autres protagonistes se sont construits autour de Margueritte et de PommePomme.

Avec votre twist final, vous donnez une explication assez fine tout en invitant à la réflexion, comment l’idée vous est venue ? N’y a-t-il pas une part autobiographique ?

Le terme explication me semble fort, je dirais plutôt une possibilité qui effectivement amène à réfléchir. Je voulais que ce roman fasse partie des livres qui nous poursuivent quelques temps après avoir tourné la dernière page. Sans être totalement autobiographique, l’acte final est quelque chose qui m’a toujours fasciné. Je pourrais vous en dire plus sur mon vécu à propos de ce sujet mais je serais obligé de révéler la fin.

Quel message avez-vous envie de transmettre à vos lecteurs ?

J’aimerais avant tout qu’ils passent un excellent moment de lecture et d’évasion. En tant que lecteur, c’est ce que je recherche avant tout quand je me plonge dans un récit. A vrai dire, je ne suis pas certain que je délivre un message particulier. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt ce qu’en retiennent mes lecteurs. Ce sont eux qui créent le message et le font vivre et j’avoue que je suis parfois moi-même surpris de ce qui ressort de ce livre.

Pensez-vous qu’un bon auteur s’inspire nécessairement de son vécu ?

Encore une excellente question :). Il y a incontestablement une part de nous dans nos livres mais sans nécessairement être du vécu. Ce sont plutôt les émotions que nous vivons qui se retranscrivent au travers des destins de nos personnages. Un peu comme quand nous rêvons.

Quels sont vos références en matière de littérature ?

Mes goûts en terme de littérature sont très éclectiques et pour vous répondre objectivement il faudrait que je recherche dans les nombreux cartons de livres entassés dans le grenier. Encore une fois, j’aime un livre à partir du moment où il me permet de m’évader. J’adore qu’un auteur me surprenne et qu’il me laisse dans la réflexion quelques minutes, quelques heures voire quelques jours après avoir lu la dernière ligne. Je risque d’en oublier beaucoup mais pour vous faire plaisir, voici le nom de quelques auteurs contemporains qui m’ont emporté avec au moins l’un de leur livre : Grégoire Delacourt, Laurent Gounelle, Pierre Magnan, Franck Thilliez, Dan Brown, Guillaume Musso, Valentin Musso, Glenn Cooper, Pierre Lemaitre, Joël Dicker, Marc Levy, Margot Stedman, Liane Moriarty, Tatiana de Rosnay, Didier Van Cauwelaert, Agnès Ledig, Anna Gavalda… J’en oublie c’est sûr !

Pourquoi avoir choisi l’Auto-édition ?

Une maison d’édition ne fait pas confiance à un auteur totalement inconnu, qui, sans aucune formation littéraire s’est mis à écrire à l’âge de trente-sept en rentrant d’une promenade [sourire]. L’autoédition était le moyen simple de se faire lire. Cela m’a apporté cette satisfaction de savoir que plusieurs centaines de personnes ont lu ma fiction. Je prends aussi beaucoup de plaisir à recevoir les critiques des blogueurs et certains n’hésitent pas à parler d’une qualité digne d’un roman édité. Il y en a même un (il se reconnaîtra 😉 ) qui a revu sa position tranchée sur l’autoédition après avoir lu « Quand les hirondelles me reviennent ».

Que représente pour vous le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre vote livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Cela représente une opportunité énorme ! Une nouvelle fois je vous félicite et vous remercie vivement de cette initiative ! Nous parlions de l’autoédition, ce terme veut dire que l’écrivain va s’occuper intégralement lui-même de sa promotion. En d’autres termes, il endosse plusieurs nouvelles casquettes d’un coup, celle de graphiste, de gestionnaire de stock, de comptable, de chef de projet marketing, de commercial et j’en passe… Quand vous entrez dans une librairie, les milliers de références vous donnent le tournis et vous vous rendez compte que même avec la meilleure volonté du monde, vous ne serez pas à la hauteur de ces nouveaux jobs ! Sans compter que ce sont des métiers auxquels vous ne connaissez rien et que vous avez votre propre travail à côté. Le prix des auteurs inconnus est donc une réelle opportunité pour faire connaître et reconnaître notre travail. Ce qui m’a également séduit, c’est le retour potentiel des blogueurs et chaque auteur vous le dira, lire des critiques sur son livre est une réelle satisfaction. A chaque nouvelle chronique, j’hésite avant de la lire de peur d’avoir déçu. J’ai cette chance de n’avoir pour l’instant que d’excellents retours. Ce sont eux qui m’encouragent à continuer d’écrire.

Je n’ai pas vraiment la sensation d’avoir mis le livre en compétition. Bien sûr, c’est toujours intéressant de voir ce que vaut notre roman face aux autres mais ce n’était pas ma motivation première. Que le meilleur gagne ! Enfin… Si je pouvais gagner… Je serais hyper fier !!

Actuellement êtes-vous en train d’écrire un nouveau livre ? Dites-nous en plus sur la suite que vous envisagez en tant qu’auteur ?

Mon deuxième roman « La mémoire du granit rose » est terminé et relate l’histoire déroutante des retrouvailles de six amis, vingt ans après leurs dernières vacances ensemble.

Je viens de le soumettre à plusieurs maisons d’éditions. S’il est retenu, alors il verra le jour. Dans le cas contraire, je ne suis pas certain d’avoir l’énergie nécessaire pour l’auto éditer. Il finira dans un tiroir en attendant la retraite…, mais je vous préviens ce n’est pas pour tout de suite, il va falloir être patiente. Pour être plus sérieux, je ferai certainement un tirage d’une centaine de livres pour faire plaisir à ceux qui me le réclament.

Cela ne m’empêche pas d’écrire, j’attaque le troisième mais le temps me manque cruellement. Ah si je tenais celui qui a inventé le temps qui passe !

Interview : Pauline Perrier

Pauline Perrier concourt avec « La Brèche » dans la catégorie Premier Roman

 

Comment as-tu eu l’idée de ton intrigue qui est un savant dosage entre dystopie et réalité ?

En fait, c’est bêtement après avoir regardé un énième film où les héros s’en sortent toujours trop facilement que j’ai eu envie d’écrire « La Brèche ». Je voulais parler des héros de tous les jours. J’ai écrit La Brèche peu après le vote de la loi sur le renseignement et mon inspiration vient des dictatures passées et des bouleversements que nous connaissons depuis des années, des luttes actuelles. L’intrigue s’est donc mise en place assez facilement. Fan de dystopies depuis toujours, j’ai voulu revisiter le genre, les « classiques », sans verser dans les ouvrages trop ados où les personnages tirent vers la Mary-Sue. J’ai donc mixé ce qui me plaisait dans tous ces versants du genre pour proposer quelque chose d’un peu différent. Je voulais que les lecteurs plongent dans ce monde fictif, mais qu’une petite voix murmure constamment à leur oreille « waouw, ça pourrait nous arriver ».

Tu es un jeune auteur, pourtant ta plume est déjà très mâture, l’écriture te vient-elle naturellement ou te faut-il retravailler plusieurs fois ?

Ça dépend des passages, des jours et de mon inspiration… L’écriture n’a rien d’une science exacte ! Avant toute chose, je mets mes idées au clair au brouillon, je fais des schémas, des trames narratives, je m’assure que je ne fonce pas droit dans une impasse. Ça évite tout blocage ou toute incohérence et ça me permet d’avancer de chapitre en chapitre de manière assez fluide. Cependant, je relis toujours ce que j’ai écrit la fois d’avant, avant d’entamer une séance d’écriture : je modifie, je corrige. Une fois le roman achevé, je le relis plusieurs fois, je réécris des passages, j’en coupe d’autres… Le travail de correction et de relecture me semble indispensable et c’est un travail très chronophage. 

La construction de ton univers s’est-elle faite naturellement ou cela a-t-il demandé beaucoup de réflexions ?

J’avais l’univers bien en tête en me lançant dans ce roman, ça s’est donc fait assez naturellement. Cependant, là encore, j’ai utilisé des schémas pour visualiser les emplacements des divisions, la structure de la Capitale, le marché des Quatre Vents…

Le fait de ne pas ancrer ton intrigue dans une réalité géographique ou temporelle, t-a-t-il apporté une certaine souplesse dans le déroulé ? Penses-tu que cela permette à chaque lecteur de trouver ses propres références ?

En effet, j’ai choisi d’entretenir un flou sur la dimension spatio-temporelle car je voulais que le lecteur puisse s’imaginer à la place des personnages, qu’il se dise tout le long « ça pourrait être mon pays » et que cela soit valable dans un an comme dans cent. Mais c’est aussi une liberté créative que je m’offre. Dans tout ce que j’écris, j’ai toujours besoin d’imaginer les lieux, de semer un certain flou sur l’année, le pays… J’aime construire entièrement l’univers de mes personnages.

Je trouve la réalité encombrante. Si elle sert l’histoire, alors je veux bien m’en accommoder, jouer avec et cela peut même être amusant d’imaginer mes personnages, dans des lieux que j’ai pu parcourir. Mais m’en tenir au réel à 100%, j’en suis incapable. J’écris pour m’évader. C’est inconscient mais dès que je me lance dans une nouvelle histoire, elle est toujours détachée de lieux réels ou de notre époque ou alors je ne mentionne pas l’année pour entretenir une certaine distance.

Ta plume est très visuelle, cela peut-il parfois être un atout ou dois-tu te freiner dans tes descriptions ?

J’essaie de doser, de ne pas ennuyer le lecteur. Je fais au mieux pour m’en tenir au strict nécessaire lorsque je décris une scène, un personnage. Je n’ai pas tant besoin de me freiner, j’écris en suivant mon instinct et j’ajuste au moment de la relecture.

A travers ton personnage principal, tu t’adresses à cette jeunesse parfois en perte de repères. Comment cela s’est-il imposé à toi ? Comment tes autres personnages se sont-ils articulés autour de l’intrigue ?

Je ne me suis pas vraiment posée la question. Souvent, mon histoire part d’un personnage que j’imagine, c’est un peu comme si je rencontrais quelqu’un dans la rue, qui a déjà un nom, une histoire et je le prends tout entier, avec ses bagages. À partir de ce que ce personnage me raconte, j’imagine ce qu’il pourrait lui arriver. C’est un peu une sorte de schizophrénie… Mes personnages sont vraiment comme de vieux amis, qui existent de manière tout à fait indépendante, qui ont leurs propres rêves, quêtes et peurs… 

D’emblée, Blake, Riley, Ruben et Sophia étaient les personnages qui se sont le plus imposés à moi. Dès le début, je savais exactement quel rôle ils allaient jouer, ce qu’ils incarnaient. Puis il y a eu Lincoln, Caeden et Vicente qui m’apparaissaient déjà très concrets, dont je savais qu’ils auraient un rôle important. J’ai ensuite articulé l’intrigue en fonction de ce que ces personnages avaient à offrir et j’ai créé les autres en fonction de tout cela, pour donner du relief, générer des rebondissements…

Qu’as-tu eu envie de transmettre à tes lecteurs

J’ai envie de leur donner la rage de changer les choses. Je veux qu’ils se sentent des héros, aussi marginaux qu’ils puissent paraître à leur entourage. 

Que représente pour toi le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre ton livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Quand j’ai entendu parler du prix, j’ai été très enthousiaste car les petites maisons d’éditions, les jeunes auteurs et les indépendants n’ont qu’une place minuscule à se partager sur la scène littéraire. Aujourd’hui, tout le monde peut se prétendre auteur, alors les lecteurs se fient aux grandes maisons, aux noms connus, car ils ne savent pas où donner de la tête avec l’abondance de textes disponibles sur le net.

Mais il y a une véritable communauté de passionnés qui se bat corps et âme pour faire connaître leur plume, partager leurs histoires et entendre leur voix. Il est extrêmement rare qu’on les mette en avant alors la démarche des organisatrices est formidable. J’ai eu envie de faire concourir « La Brèche » pour faire partie d’une aventure dont j’estime et admire la démarche, pour échanger avec d’autres passionnés et, pourquoi pas, faire connaître mon ouvrage à un public plus large.

Ton livre a une fin ouverte, cela annonce-t-il une probable suite ou laisse-tu la possibilité au lecteur de se construire son propre chemin? Comment envisages-tu la suite en tant qu’auteur ?

Il n’y aura pas de suite. Du moins, ce n’est pas au programme – j’ai appris qu’il ne fallait jamais dire jamais, car ça finit toujours par se réaliser ah ! ah !

L’esprit de ce roman, c’est vraiment de transporter le lecteur, de lui faire vivre des aventures trépidantes, tout en l’invitant à réfléchir sur notre société, sur les notions de liberté et d’engagement. Je tenais à écrire une fin ouverte pour que chacun puisse imaginer l’avenir de son choix, qu’il soit optimiste ou pessimiste. L’idée dominante du livre, c’est de dire que l’on est acteur de sa vie, que si l’on ne fait rien, il ne faut pas attendre que les autres agissent pour changer les choses, alors il me semblait important que le lecteur soit acteur de cette fin… 

Interview : Vincent Portugal

Vincent Portugal concourt avec « Fabuleux Nectar» dans la catégorie Imaginaire

Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs votre univers pour leur donner envie de vous découvrir ?

Fabuleux Nectar est une histoire indépendante dans un univers où la magie, la poésie et le parfum des légendes sont indissociables. Cet univers est celui de ma saga Le Souffle des Dieux où la magie est omniprésente. Il suffit d’un peu d’imagination pour invoquer un sortilège, que l’on souhaite chauffer un verre d’eau ou voyager à travers le monde grâce aux rivières de vif-argent. Toute une civilisation s’est développée autour des cristaux et des talismans qui utilisent la magie de six Astres flamboyants, des boules de magie qui planent dans le ciel et grandissent à chaque invocation.

Fabuleux Nectar illustre un conflit politique, économique et magique. C’est l’histoire d’un célèbre alchimiste, Misha, et d’une princesse captive, Séléna, qui n’a que sa ruse et son intelligence pour améliorer sa situation… Ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

Dans la vie vous êtes ingénieur, comment arrivez-vous à concilier une vie « terre à terre » avec votre plume à l’imagination fertile ?

Je ne quitte jamais vraiment cet univers 🙂 C’est la magie de l’écriture et de la lecture des romans fantasy… Mes pensées voyagent sans cesse entre le monde réel et celui de mes livres. La frontière est très mince.
De façon concrète, depuis un an, j’ai la chance de pouvoir consacrer une journée par semaine à ma passion pour l’écriture. Je réserve également des week-ends et des semaines de vacances pour me plonger à 100% dans l’écriture et la gestion éditoriale.

Votre amour des belles lettres transparaît dans votre livre, comment vous est venue cette passion ?

J’ai toujours aimé la lecture, en particulier la mythologie, les contes et les légendes. La fantasy est venue naturellement par la suite… J’aime beaucoup la littérature, la poésie et la beauté de la langue française.

J’ai commencé à écrire à 16 ans, après un voyage en Andalousie qui m’a complètement ensorcelé. J’ai vu des merveilles qui ont bouleversé mon imagination. Le palais de l’Alhambra et ses jardins ont eu un effet « déclencheur ». J’ai griffonné sur un cahier le début d’une histoire… et je n’ai pas pu lâcher mon crayon depuis.

Sous ses airs « enfantin », Fabuleux Nectar est un certain reflet de notre société. Comment s’est faite la construction de votre univers ?

J’ai rêvé de l’histoire de Fabuleux Nectar en 2015, mais l’univers du Souffle des Dieux était déjà construit depuis une dizaine d’années. C’est pour cette raison qu’on retrouve autant de détails dans ce roman. J’ai construit cet univers de façon cohérente, avec une économie de la magie qui remplace l’usage de l’énergie dans le monde réel (un biais de ma formation d’ingénieur ?). On retrouve donc ses repères quand on plonge dans cet univers, qui appartient volontairement au genre du « merveilleux », même s’il s’adresse à un public adulte : pas de violence, mais beaucoup d’intrigues et de détails !

Qu’avez-vous envie de transmettre à vos lecteurs ?

Je veux montrer que la fantasy ne se résume pas aux combats d’épées et aux récits de guerre. L’imagination est une porte ouverte vers de nombreux possibles. J’espère montrer que l’intérêt de la littérature se situe dans la qualité des intrigues, la psychologie des personnages et la découverte de mondes imaginaires. J’espère faire rêver et voyager mes lecteurs !

Comment se sont imposés vos personnages ? Certains sont-ils des références personnelles ?

En toute sincérité, je n’ai aucune idée de la façon dont m’apparaissent les personnages de mes romans… Ils sont tous fictifs : aucun n’a de lien avec des personnes réelles. Par exemple, l’alchimiste Misha m’est apparu tout de suite quand j’ai imaginé Fabuleux Nectar après une soirée de mariage bien arrosée (le penchant de Misha pour les bons vins était évidemment fort à propos…). Bien sûr, je ne peux cacher mon goût pour certains traits de caractère, comme l’intelligence, l’acidité et la répartie des femmes de pouvoir, comme pour la reine Sofia ou la princesse Séléna.

Quelles sont vos références en matière de littérature ?

Je lis énormément, principalement de la fantasy. Je pourrais citer comme « maîtres » Robin Hobb, Orson Scott Card, Terry Goodkind, Guy Gavriel Kay, Alexandre Malagoli, Fiona McIntosh… pour n’en citer que quelques-uns. En dehors des livres, la musique et l’opéra sont aussi de grandes sources d’inspiration, car il faut avoir le sens du spectacle pour écrire de la fantasy !

Que représente pour vous le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre votre livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Cette participation au Prix des Auteurs Inconnus est l’opportunité de  donner  une  meilleure  visibilité  à un univers qui me tient à cœur, mais aussi d’assumer et de défendre l’autoédition, trop souvent décriée, alors qu’il s’agit simplement d’un modèle économique différent de l’édition classique.

J’étais auparavant dans une petite maison d’éditions, jusqu’à sa fermeture, ce qui m’a poussé à me lancer dans l’autoédition. Je suis scandalisé de constater et de subir la discrimination dont font l’objet les auteurs-éditeurs. Par exemple, parmi la centaine de prix littéraires qui existent en France, je n’en ai vu que deux qui acceptaient l’inscription des auto-éditeurs, en particulier le Prix des Auteurs Inconnus. J’espère que ces initiatives vont faire changer les choses !

Comment envisagez-vous la suite en tant qu’auteur ?

J’ai un grand nombre d’idées et de projets littéraires. Je ne manque pas d’imagination… J’ai donc de belles années d’écriture devant moi ! Le chemin éditorial se fera en fonction des rencontres et des opportunités…

Je continuerai mon métier d’ingénieur en parallèle, car il m’apporte d’autres formes de plaisir et d’accomplissement. J’ai un métier qui a du sens, dont je suis fier, et qui me permet de rencontrer de très belles personnes.

Que diriez-vous à des lecteurs, pour leur donner envie de vous lire ?

A eux de voir s’ils sont intrigués par la rencontre improbable d’un alchimiste et d’une princesse captive mais extrêmement rusée ! Il faut aimer la magie et le mystère. Je peux leur garantir qu’ils se feront piéger jusqu’à la toute fin de l’histoire.

Vous finalisez actuellement le 3ème tome du « Souffle des Dieux », pourriez-vous donner quelques informations à nos lecteurs ?

Le 3ème tome de la série Le Souffle des Dieux sortira début juin 2018. Le titre et la couverture seront bientôt dévoilés 🙂 La série comptera 5 tomes.

Interview : Auréane De Saysgam

« Entre les mondes » T1, a été sélectionné dans la catégorie Premier Roman

 

  • Pourquoi avoir proposé le premier tome de « Entre les Mondes » au Prix des Auteurs Inconnus ? Qu’attendez-vous de cette sélection ?

C’était un défi personnel. Je n’avais jamais participé à aucun concours de ma vie et je me suis dit, « pourquoi pas » ? J’avais envie d’oser.

  • Votre héroïne est esclave et vous mettez en scène son rachat par un maitre mystérieux. L’exploitation humaine est-elle un thème qui vous touche particulièrement ? Pourquoi ?

Pas particulièrement, car je pense que nous sommes tous concernés par ce qui se passe. Il serait naïf de penser que l’esclavage a été aboli. Certains pays poursuivent ces pratiques écœurantes, sans compter l’esclavagisme moderne. Mais ce n’est pas ce qui m’a motivé le plus. Dans Entre les mondes, nous faisons face à deux populations : les Nerothiens et les Azerahens. Si les premiers sont considérés comme des démons, les seconds sont perçus comme des êtres divins. Pour autant, l’histoire démontrera que ces appellations ne sont pas nécessairement représentatives de la nature réelle de ces individus, ce qui fait relativement écho au monde actuel.

  • Vous êtes plutôt anonyme et peu présente sur les réseaux sociaux. Est-ce un choix ou une obligation ?

C’est totalement voulu. J’aime l’idée d’être anonyme, car cela me confère une liberté totale. Je ne suis personne. Je n’existe qu’en tant qu’auteure lorsque je suis Auréane, ce qui fait que je peux me permettre décrire sans entrave. Si je m’étais exposée, je sais d’avance que je me serais bridée dans mon écriture, car je crois que vous l’aurez sentie, je ne déborde pas nécessairement de confiance en moi ^^’ et j’aurai eu peur du regard de mes proches. (Ils ont mis du temps à me lire, à savoir que j’écrivais pour certains. J’attendais certainement d’être un peu plus confiante pour m’exposer. Oui en gros je me planque un peu) et entre temps, je me suis lassée (y compris dans ma vie privée) des réseaux sociaux. En fait, je n’aime pas l’idée d’être scotchée à mon smartphone ou au pc, et les médias sociaux sont hyper chronophages.

  • Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

 

J’ai 25 ans, mariée et maman d’une petite fille de 4 mois. Autrefois infirmière, j’ai décidé de tourner le dos à cette belle profession qui ne me correspondait pas pour être à 100% auprès de ma puce et me consacrer à une réorientation professionnelle plus en accord avec ma personnalité. Je pense que par bien des aspects je ressemble à Camara. J’ai souvent besoin d’un bon coup de pied au popotin pour oser et d’être un peu confrontée aux choses pour avancer. J’ai une grande famille de poilue (deux chiennes totalement timbrées, dont une qui sait ouvrir toutes les portes. Elle a même développé une nouvelle compétence dans le crochetage, elle sait soulever et tirer les loquets. Ça me fait un peu flipper, je me demande si ce n’est pas le début d’un immense complot animalier ;)), et cinq adorables chats. Autrefois six, mais l’une de mes minettes a disparu il y a quelques mois (un gros crève-cœur L ). Je suis une fana de jeux vidéo, de mangas et d’animés. Tout ça influence énormément mes écrits. Il paraît que je suis rabat joie, dixit le chéri. (M’enfin il est du genre à faire un 360° avec sa tête lorsque je lui demande d’être discret. Ce genre de truc à le don de me faire provoquer un infarctus). J’habite à la campagne (vive la Picardie, enfin les Hauts de France) et franchement c’est le pied :p

  • Pourquoi avoir décidé de publier votre roman en autoédition ?

J’avais signé un contrat chez une petite m.e, mais je me suis rendue compte que le système éditorial ne me convenait pas. C’était mon premier bébé, et j’y avais mis énormément- peut-être trop- d’attentes. J’étais frustrée et je me suis rendu compte que le plus simple serait que je me lance seule. Ça me convient parfaitement pour le moment.

  • Le premier tome de votre saga est sorti il y a un moment. Quand comptez-vous publier la suite ?

Effectivement ça fait une éternité qu’il est sorti xD je dois dire que je ne m’attendais pas à mettre autant de temps pour faire paraître le second tome, surtout que je l’avais commencé avant même que le premier ne paraisse. Mais le second tome est terminé et en cours de correction, du coup, sans pour autant annoncer de date pour ne pas décevoir, je dirais qu’il paraîtra d’ici quelques semaines. Ça ne sera plus long. =)

  • Avez-vous d’autres projets littéraires pour la suite ?

Oui beaucoup. J’ai une imagination débordante et ça pullule dans ma caboche. D’autres projets sont en cours, même si le troisième tome d’Entre les mondes est ma priorité (je crois que j’ai assez torturé mes lecteurs comme ça 😉 )


Interview : Philippe Saimbert

« 11 Serpents » a été sélectionnés dans la catégorie Premier Roman

  • Vous dites que tout a déjà été raconté et que l’originalité contemporaine réside dans le traitement d’une idée déjà utilisée pour la rendre personnelle et unique. Quelle a été votre inspiration pour « 11 serpents » qui concourt dans la catégorie « Imaginaire » du Prix des Auteurs Inconnus ? Comment avez-vous cherché à vous en démarquer ?

Tout d’abord bonjour à toutes celles et ceux qui nous lisent et merci pour votre interview. Comme tout auteur, je suis une éponge qui se nourrit de tout ce qu’il voit et entend. La musique est également pour moi une formidable source d’inspiration car elle me suggère certaine scènes. C’est d’ailleurs étonnant. Je crois que nombre d’œuvres, à commencer par celles d’Agatha Christie ont inspiré mon projet. Tous ces projets avec des intrigues et des personnages tordus. Sans compter les innombrables chefs d’œuvres du cinéma au twist final étonnant. J’espère avoir réussi mon pari. Le twist final le plus fou, le plus fort, restant pour moi celui du film Old boy. Un film à réserver toutefois à un public averti de par sa violence psychologique. Mais quelle claque !

  • Vous êtes auteur indépendant, mais également scénariste de BD. J’ai également aperçu une activité de scénariste audiovisuel. Est-ce que l’adaptation de « 11 serpents » au cinéma ou à la télévision est un objectif ?

Oui, tout à fait. Je me suis inscrit sur le site Papertofilm pour essayer de placer mon projet auprès d’un producteur. Et je vais participer à divers concours de scénarios cette année. Je présente 11 serpents car il s’agit d’un huis clos avec peu de personnages. Le budget de production reste donc contenu. Rêver est mon métier…

  • À propos de Bande-Dessinée, avec lesquelles avez-vous grandi ? Quelles sont celles que vous pouvez nous conseiller ?

Ancien enfant de cœur (eh oui, cela mène à tout), j’adorais, gamin, les aventures de Moky, Poupy et Nestor. Je trouvais le graphisme de Bussemey aussi vivant que celui d’Uderzo. Ensuite, je suis passé aux Pieds Nickelés et à Rahan. Et puis il y a eu la période des super héros Lug avant de passer à la BD adulte et contemporaine. Quelques BD à découvrir (pas les plus connues mais celles qui m’ont marqué : Gangrène (Jimenez & Trillo). Brune (Guibert) sur la montée du nazisme. Le premier tome de Sin city (Franck Miller). Brezza, une série originale et pleine de poésie (Etienne Martin). Et pour fêter les Quais du Polar à Lyon, la série Torpedo (Abuli & Bernet).

  • Vous êtes indépendant, mais l’êtes-vous par choix ? Que vous apporte l’auto-édition ?

J’ai passé plus de 15 ans au sein de l’édition traditionnelle (Albin Michel BD, Delcourt, Joker, City, etc.) et je suis passé par choix du « côté obscur de la Force ». Pour de simples et bonnes raisons : l’indépendance des choix artistiques (contenu, maquette, titre, etc.) et des conditions contractuelles que je ne pouvais plus accepter. Plusieurs de mes titres étaient abandonnés et je trouvais de plus en plus absurde de devoir céder mes droits pendant 70 ans. De plus (attention, je vais être grossier), je suis également passé indépendant pour des raisons financières. Je sais bien que les auteurs ne sont pas censés vivre de leur plume mais il est temps que cela change. La loi permet plus facilement aux auteurs de recouvrer leurs droits patrimoniaux pour exploiter leurs œuvres (sous certaines conditions). Se renseigner auprès de mon syndicat, le Snac.

  • Votre roman « L’héritage de Tata Lucie » est traduit en anglais. Avez-vous l’ambition de toucher le marché international avec « 11 serpents » ?

Malheureusement non.  À refaire, je n’aurais pas tenté cette expérience pour L’héritage de tata Lucie. Ce livre restant mon best-seller (+ de 75.000 exemplaires vendus à ce jour, toutes éditions confondues), j’ai cru renouer avec le même succès sur le marché anglo-saxon. C’était oublier que la concurrence est féroce. Et qu’il est très difficile d’obtenir des reviews. Indispensables pour lancer des promotions. Inutile de vous dire que je n’ai pas (encore) remboursé le prix de la traduction. Par contre, je vais tenter l’aventure du livre audio pour mes deux titres phares. Je suis persuadé que le marché du livre audio va exploser dans les prochaines années.

  • Dans « Le fossile d’acier », vous proposiez déjà un pitch retournement de situation… Vous savez dès le départ que vous proposerez ce genre de final ou cela vous vient-il au fil de l’intrigue ?

Je commence toujours par écrire la fin. Même si je suis amené à la retoucher, bien évidemment. Donc, je sais où je vais même si je ne connais pas les chemins que je vais emprunter.

  • Vous avez écrit plusieurs romans dans des genres différents. Thrillers, Science-Fiction, Humour, Jeunesse. Qui est vraiment Philippe Saimbert ?

Bonne question. Je ne le sais pas moi-même. En fait, j’aime nombre de genres à partir du moment où l’histoire me captive et me fait vibrer. Du drame intimiste au blockbuster. Il en va de même pour le cinéma. J’ai des goûts très éclectiques. Du très beau et confidentiel Un temps pour l’ivresse des chevaux au métaphysique Interstellar.

  • Pour quelle raison avez-vous soumis « 11 serpents » au Prix des Auteurs Inconnus ? Qu’en attendez-vous ?

C’est avant tout une histoire d’opportunité et de rencontre. Si je peux rencontrer de nouveaux lecteurs, ma démarche aura été un franc succès. Je n’en demande pas plus.

  • Dernière question : votre famille est-elle du même genre que celle que vous dépeignez dans votre livre ?

Joker ! Je ne veux pas d’ennuis. Mais sachez qu’il y a beaucoup de moi dans le narrateur souvent présent dans mes romans. Mais que cela reste entre nous…


Une (toute petite) partie de l’univers de Philippe Saimbert

Interview : Bruno Sanna

Bruno Sana concourt avec « Le matin des Larmes » dans la catégorie Imaginaire

Votre intrigue est un mélange des genres, entre polar historique, uchronie et une pointe de fantastique, comment avez-vous eu l’idée d’une telle intrigue ?

L’astrophysique et l’histoire de France sont deux de mes passions.  Je me souviens quand mon grand père me racontait sa vie pendant la seconde guerre mondiale. À la fin de chacun de ses récits, il me posait toujours cette question : «  Et si les alliés ne nous avaient pas libéré, que serions nous devenus ? » Gamin, je trouvais ça marrant. Des années plus tard, à la suite d’un reportage où Stephen Hawking  expliquait sa théorie sur les trous de ver, j’ai repensé à la question de mon grand père. À mon tour je me suis posé cette question : « Et si les nazis  avaient triomphés dans  un monde parallèle, comment serait-il ? » L’histoire de mon roman est née ce jour là.

Votre livre se classe dans ce que l’on appelle la « contre-utopie », et l’Histoire a une part belle dans votre intrigue. Pensez-vous, qu’en tant qu’auteur, à travers votre intrigue, vous ayez un devoir un mémoire ?

À travers ce roman, j’ai souhaité rappeler combien notre liberté est fragile et, pour éclairer notre avenir, il nous faut entretenir le souvenir de notre passé.

C’est un peu une mise en parallèle de notre société…

Les instants tragiques que nous vivons aujourd’hui ressemblent malheureusement à un passé pas si lointain. C’est pour cette raison que notre histoire commune doit nous accompagner tous les jours.

J’ai ressenti une vraie référence à Philip K. Dick, notamment « le Maitre de Haut château » Quels sont vos références en matière de littérature ?

Stephen King et Harlan Coben sont deux auteurs que j’apprécie pour leurs facultés à faire durer le suspense. J’ai eu un coup de cœur pour une brève histoire du temps de Stephen Hawking. Les romans d’Émile Zola et de Victor Hugo ont à bien des égards, toute leur place dans le monde d’aujourd’hui.  Et enfin, je ne peux faire l’impasse sur Jules Verne qui continue de me faire rêver. 

Votre personnage principal, reflète tout à fait l’étonnement, face à ce genre de situation… Elle devient une autre, d’ailleurs… Comment s’est-elle imposée à vous ? Comment vos autres personnages se sont-ils articulés autour de votre intrigue ?

Au départ c’est le mari de Sophie Duverne qui était au centre de l’histoire.  Curieusement, au fil de l’écriture le rôle de Sophie prenait  de l’ampleur. Je suis naturellement tombé sous le charme de cette femme.

Dans sa réalité, Sophie est en parfaite harmonie avec ses proches et sa famille. Le matin où tout va basculer, elle va être confrontée à ses enfants élevés dans le mal absolu. Seule contre tous, Sophie devra se battre pour ne pas se faire interner.

Lorsque l’on découvre votre livre, la couverture devient déconcertante, pourquoi ce choix ? Qu’avez-vous eu envie de transmettre ou pas à vos lecteurs ?

Les lectrices et les lecteurs imaginent l’apparence des personnages de roman selon leur sensibilité. J’ai pourtant fait le choix de mettre le visage de mon héroïne en première de couverture. L’absence d’émotion dans le regard de Sophie Duverne laisse deviner une femme complètement perdue.

Pourquoi avoir choisi l’Auto-édition ?

Lors de l’écriture de mon roman, je pensais à l’édition classique. Puis au gré de mes rencontres sur des forums d’auteurs, je me suis laissé convaincre par l’auto-édition.  Au départ j’avoue que ça m’a fait un peu peur car tout est à faire dans l’auto-édition. Ça va de la mise en page jusqu’à la couverture en passant par le prix du livre. Mais c’est jubilatoire quand l’objectif est atteint.

Que représente pour vous le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre vote livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Le prix des auteurs inconnus est d’abord une formidable aventure humaine. Pour une première, il faut reconnaitre que l’organisation est très professionnelle. Le prix des auteurs inconnus permet de faire découvrir des talents, et pas seulement des talents qui font parti de la sélection. J’ai choisit de proposer mon livre pour progresser dans l’écriture. Les critiques de vos chroniqueurs me permettent d’avoir un avis objectif et c’est le plus important.

J’ai souhaité participé au prix des auteurs inconnus pour partager  l’histoire de mes personnages.  Je ne pense pas concurrence, la véritable  gagnante de ce prix  sera la littérature.

Votre livre a une fin ouverte, ce qui laisse présager une suite ?

Je dirais même qu’il y aura des suites. Les aventures de Sophie Duverne, l’héroïne du roman, n’en sont qu’à leur début. 

• Dites-nous en plus sur la suite que vous envisagez en tant qu’auteur ?

Je suis en pleine écriture de mon deuxième roman. Cette fois, l’univers est différent du matin des larmes. L’histoire se passe dans le milieu de la musique classique. Une femme est assassinée en plein récital.  C’est le début d’une série de meurtres que l’on baptisera « Les crimes du 4è mouvement. »

Je continue d’écrire des chansons, car au départ  je suis auteur-compositeur.

Interview : Errol Sabatini

Errol Sabatini concourt avec « Des petits biscuits pour la timidité » dans la catégorie Premier Roman

• Pour avoir lu votre livre, j’imagine qu’une intrigue telle que la vôtre se mûrit. Comment vous est venue l’idée d’une histoire aussi touchante ?

Mûrir, c’est le mot… Ce livre est resté plusieurs années au fond d’un tiroir. Et puis un jour je me suis dit que c’était trop bête! Tous ceux qui le lisaient me poussaient à le publier… Je voyais qu’ils étaient sincères, ça m’a fait réfléchir ; c’est comme ça que Naëlle et Julien ont vu le jour. 

Quant à l’histoire, tout est parti d’une voyante que j’avais réellement rencontrée. Sans que je lui explique quoi que ce soit, elle s’est mise à me décrire le lieu dans lequel j’étais quelques heures avant. C’était la rivière du roman… Puis elle m’a expliqué ce que je pensais, et pourquoi! Elle lisait dans ma tête comme dans un livre. Assez troublant…

• On sent un réellement attachement à l’enfance en vous lisant. Comment arriver à concilier une histoire somme toute assez triste avec la joie de vivre d’un enfant ?

On dit que le premier livre est toujours un peu autobiographique. Je ne sais pas si c’est vrai, mais un gamin qui passe des heures dans la nature, ça me rappelle quelqu’un… Le fait que Julien raconte parfois sa vie avec ses mots d’enfant nous aide à nous mettre à sa place, je pense. Tous les gosses ont cette capacité à rester insouciants, tout en étant parfois plus lucides que les adultes. Même quand la vie est douloureuse.

• Quel a été votre fil directeur pour ne pas perdre la trame qui est bien un réel hymne à la vie… ?

Si vous saviez combien de fois je l’ai perdue, cette trame… Mais c’est ça qui est bien ! 

• Les personnages sont attachants et très vivants, même les pires ont de l’humanité en eux, Comment se sont-ils imposés à vous ? Certains sont-ils des références personnelles ? Des connaissances ?

Je n’aime pas les méchants trop méchants et les gentils trop gentils… En tout cas pas pour en faire des personnages de livre. Même un héros doit avoir des faiblesses, et essayer de les dépasser. Effectivement, on me dit souvent que les personnages sont attachants. C’est étrange, car finalement, je les décris assez peu. C’est peut-être pour ça. On peut les imaginer librement. Plusieurs personnages et anecdotes sont inspirés de la réalité. J’aime bien observer et utiliser des détails de ce qui m’entoure, en enjolivant un peu, bien sûr. 

• Avec votre twist final, vous donnez une explication assez fine tout en invitant le surnaturel, comment l’idée vous est venue ? N’y a -t-il pas une part autobiographique ?

Heureusement pour moi, ma vie est quand même plus simple, et la fin est peut-être la seule partie qui ne soit pas autobiographique! Par contre, je suis toujours étonné qu’on ne la voie pas arriver… Elle m’a semblé tellement logique que je ne pouvais pas en imaginer une autre!

• Pensez-vous qu’un bon auteur s’inspire nécessairement de son vécu ?

Oulah ! Je le fais, mais je ne suis pas sûr que ça fasse de moi un bon auteur… Les mauvais doivent en faire autant!

• Quels sont vos références en matière de littérature ?

C’est très éclectique. Stephen King parce qu’il peut faire cinquante pages sur un personnage et le faire disparaître en une ligne… Pagnol pour son langage inimitable. Les superbes carnets de Pascal Sevran. Patrick Poivre d’Arvor. Ou pour des auteurs plus récents, Musso, Jean Paul Didierlaurent…

• Pourquoi avoir choisi l’Auto-édition ?

Au départ, c’était surtout pour ne pas attendre la réponse des éditeurs! Mais je n’imaginais pas que ça demandait autant de boulot.

• Que représente pour vous le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre vote livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Je trouve l’idée très bonne. C’est intéressant de voir d’autres premiers romans et de connaître l’avis des lecteurs. On n’est jamais vraiment objectif sur son travail.

• Actuellement êtes-vous en train d’écrire un nouveau livre ? Dites-nous en plus sur la suite que vous envisagez en tant qu’auteur ?

Oui, il y a un nouveau projet. Mais je ne me suis pas simplifié les choses, il y a plus de personnages… C’est encore un peu abstrait, ça se modifie souvent. En tout cas, je confierai le prochain livre à un éditeur, c’est sûr. L’autoédition est une belle expérience, qui m’a appris beaucoup. Notamment qu’écrire est la partie la plus simple. Tout ce qui se passe après est un vrai métier. Je suis content parce que je ne m’en suis pas trop mal sorti avec les petits biscuits, mais pour la suite, je procèderai différemment.

Interview : Carl Pineau

Carl Pineau concourt avec « L’Arménien » dans la catégorie Premier Roman

J’imagine qu’un livre tel que celui-ci est un livre que l’on mûri. Comment vous est venu l’idée ?

J’ai entamé la rédaction de l’Arménien en 2010, à l’université de Québec, dans la cadre d’une formation en  création littéraire. Nous devions produire deux mille mots par semaine. J’ai rédigé le premier jet de l’Arménien en trois mois comme si je le portais depuis toujours. Je suis parti du fait divers d’un meurtre sordide qui m’avait marqué. L’Arménien repose ensuite sur ma connaissance des Nuits Nantaises.

C’est le vent de liberté qui a soufflé dans les années 80s’ que je voulais faire revivre.

Après avoir imaginé les narrateurs, je les ai laissés évoluer presque en dehors de ma volonté, au point que la fin n’est pas celle que j’avais envisagée. Et je crois que c’est pour cette raison qu’elle surprend autant le lecteur. 

Ensuite, j’ai laissé reposer le roman plusieurs fois, m’y remettant par périodes de trois à quatre mois. C’est finalement plusieurs années de travail et de maturation pour aboutir à une version qui m’est apparue « livrable aux lecteurs.» 

Pour une personne qui a grandit dans les années 80, vous retranscrivez les différentes informations importantes. Cette nostalgie est très présente dans votre livre. Es-ce voulu ou cela est-il dû à votre intrigue et au choix de la période… ?

J’envisage la trilogie des Nuits Nantaises comme trois photos de notre société sur les décennies 80, 90 et 2000. C’est pourquoi il est important d’en dégager les faits marquants.

 Les années 80 représentent celles d’un souffle de liberté, pas de crise économique, pas de Sida… En 89, le mur de Berlin tombe et redéfinit le visage de l’Europe.

La délinquance est tenue par les Barons du banditisme, souvent d’anciens braqueurs de banques reconvertis au trafic de drogue. C’est aussi l’apparition des groupes venus de banlieues « ghettoïsées ». 

Le Sicilien se déroule en 1995.

La décennie 90 est marquée par la crise, l’arrivée des mafias de l’Est suite à l’ouverture des pays du Pacte de Varsovie. Dans une France où le Sida n’est plus une menace virtuelle…

Y-t-il une part de réalité ou la fiction a pris le pas sur votre Polar ?

L’univers des Nuits Nantaises des années 80s’, je l’ai suffisamment connu pour pouvoir le décrire sans difficulté. Le roman part d’un meurtre dont j’avais eu connaissance à l’époque. Ensuite, j’ai imaginé les ressorts d’une intrigue à rebondissements qui tienne le lecteur en haleine. Je voulais aussi que l’histoire soit crédible.

Pour autant, l’Arménien est une fiction, un récit inventé, issu de mon imagination.

L’Arménien est parsemé de références musicales. Avez-vous un rituel musical ou autre lorsque vous écriviez ?

Les années 80 sont marquées par l’apparition des radios libres qui ont propulsé des groupes au-devant de la scène. Il fallait donc que les connaisseurs s’y retrouvent et que les autres découvrent cet univers.

Le roman est jalonné de références à des groupes mythiques. J’ai beaucoup réécouté ces musiques pendant la période d’écriture. J’écris le plus souvent dans le silence, le matin, après une méditation d’une demi-heure.

C’est une façon d’écarter les pensées parasites, de pénétrer l’instant de l’écriture, de me reconnecter à mes personnages.

Je me suis toujours organisé un espace avec une vue dégagée, le fleuve Saint-Laurent au Québec, la ville de Bangkok en Thaïlande.

En général, je me fixe l’objectif de 2000 mots. C’est parfois facile, parfois une torture…

J’ai vraiment beaucoup aimé cette plongée dans les nuits nantaises, pour autant votre polar est développé d’une manière assez atypique, puisque les points de vues s’alternent. Pourquoi avoir fait le choix de cette alternance et comment l’idée a-elle germée ?

J’avais envie de décaler le point de vue du lecteur, de le sortir du « il omniscient » ou du « Je » de l’enquêteur qui raconte l’histoire. J’ai donc inventé deux narrateurs aussi dissemblables que possible. Chacun d’eux apporte un regard sur la vie de la victime, depuis son arrivée à Nantes à l’âge de sept ans après un drame en Arménie jusqu’à son intégration dans le « milieu nantais » et finalement la découverte de son cadavre.

À partir de ce choix littéraire, le travail constituait à éloigner les voix pour rendre le coiffeur plus voyou et la psy un peu plus analytique, tout en bâtissant une intrigue qui tienne le lecteur en haleine.

Lorsque vous avez commencé à écrire votre livre, l’idée de faire de Nantes un personnage à part entière s’est-elle imposée à vous ou cela s’est construit petit à petit ? On sent un réel attachement à cette ville ?

Nantes et Pornic sont mes deux villes de cœur. J’ai passé ma jeunesse à Nantes, j’aime sa richesse culturelle, son énergie créatrice et la façon dont elle a su évoluer. J’ai connu les Nuits Nantaises des années 80, c’est pourquoi j’ai choisi cette ambiance pour accrocher un thriller, ancré dans la vie nocturne de cette époque.

Alors oui, d’une certaine manière j’avais l’idée de partager mon amour de cette ville.

Mais l’Arménien n’est pas un roman régionaliste, il est plus sombre, plus dur, et même si l’histoire se situe à Nantes, elle aurait pu se dérouler dans une autre ville, dans les caves de Saint-Germain, à Bordeaux, à Marseille, Lille, Lyon ou ailleurs…

Comment se sont imposés vos personnages ? Certains sont-ils des références personnelles ? Des connaissances ?

Les personnages sont tous imaginés, mais aussi emblématiques de cette période.

Bertrand représente l’archétype du voyou déjanté dont la principale préoccupation est de séduire. Sa gouaille parfois vulgaire m’a demandé beaucoup de travail d’écriture et de réécriture. C’est le genre de personnage qu’on « adore détester ». En même temps, il possède des qualités, il est généreux et finalement moins aveugle qu’il n’y parait sur ses propres limites.

Françoise, la psychiatre bourgeoise humaniste, qui a connu 1968, symbolise aussi son époque, elle apporte un regard analytique qui contrebalance celui de Bertrand. Dans le travail d’écriture, c’était très intéressant de me mettre dans sa peau, de voir le monde par ses yeux.

L’Arménien est le personnage central, énigmatique, déraciné et marqué par le drame de son enfance. On le découvre peu à peu jusqu’aux circonstances terribles de sa mort.

J’ai travaillé le profil de tous les personnages secondaires avec le même souci de réalisme psychologique et de voix. Je voulais aussi des personnages avec des failles humaines, chacun ayant sa part d’ombre. Cette caractéristique accentue l’intérêt de l’intrigue, elle démontre aussi que chacun porte un assassin potentiel. La différence réside dans le passage à l’acte. Ce sont ses actions plus que ses paroles ou ses pensées qui déterminent un individu. Car si tous les personnages possédaient un mobile pour assassiner Luc, tout le monde ne l’a pas tué…

Quels sont vos références en matière de littérature ?

Je suis un lecteur avide et curieux. Je dévore une soixantaine de livres par an. Je les note dans des carnets pour m’en souvenir.

J’adore les polars, bien sûr, James Lee Burke, Henning Mankel, Trevanian… Et les auteurs américains des années 50, Dashiell Hammett, Raymond Chandler…

Mais j’ai lu et je continue à lire les romans classiques, André Gide, Hermann Hess, les écrivains du 19s.

Depuis la parution de l’Arménien, je lis aussi des auteurs auto-édités.

Pourquoi avoir choisi l’Auto-édition ?

Après les refus des versions précédentes, je ne me sentais plus l’envie ni le temps de repasser par l’étape d’envois de manuscrit papier et d’attente de plusieurs mois avant de recevoir de probables nouveaux refus standardisés.

Or j’avais besoin de me libérer de l’Arménien pour poursuivre mon travail sur d’autres romans. Je suis passé par Librinova qui propose un programme d’agent à partir de 1000 ventes.

L’autoédition me permet un contact direct avec les lecteurs, et c’est une chance pour moi qui vis loin. 

Que représente pour vous le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre vote livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Lorsque l’Arménien a été sélectionné, j’étais heureux de cette surprise, heureux de pouvoir bénéficier des retours de blogueurs. J’ai passé plusieurs années à travailler ce roman, et je continue à écrire tous les jours.

C’est une vraie récompense de découvrir des chroniques comme celles de Kathy, Les Partages de la Bouquiniste, Aurélie, Des Livres et Moi, Euloge, Books Addict & Tv shows devourer et de Julie, Ju Lit Les Mots .

J’ai été touché. C’est le plus bel encouragement à poursuivre.

Je ne me suis jamais inscrit dans une démarche de concurrence. Et je crois que les autres auteurs éprouvent le même sentiment, nous souhaitons être lus, avoir des retours de lecteurs, de blogueurs pour nous améliorer et poursuivre notre passion.

Vous finalisez actuellement le second nuit Nantaise, quelques informations à nous donner pour nos lecteurs ?

Le Sicilien se déroule dans les Nuits Nantaises des années 90, c’est l’histoire du meurtre sanglant d’une jeune albanaise raconté cette fois à travers la voix du principal suspect. On y retrouvera l’inspecteur Brandt, il prendra de l’ampleur et se dévoilera, dans la perspective du Nuits Nantaises suivant…

J’achève aussi la reprise de Malecón, un thriller politico-financier situé entre Paris et Cuba, sur fond du scandale Panama Papers.

Un travail d’écriture différent au « il » omniscient. J’avais envie de m’essayer à un style plus neutre et distancié.

Le choix du narrateur omniscient me permet de rentrer dans la tête des personnages pour analyser leurs pensées.

Interview : Adrien Lioure

« L’imagerie » fait partie des sélectionnés de la catégorie Premier Roman

 

 

  • C’est au cours de stages en production cinématographique que vous avez développé le goût de l’écriture. Pourquoi être passé du scénario au roman ?

Tout d’abord, je souhaite préciser que je n’ai pas fait d’études de cinéma. Je travaille certes dans le milieu cinématographique mais je suis passé par une toute autre voie. C’est justement grâce à mes différents stages que j’ai pu m’insérer dans l’industrie.

Je ne suis également pas « passé » du scénario au roman, puisque je ne me suis jamais lancé dans l’écriture d’un long-métrage même si l’envie ne m’a pas manqué. Je me suis contenté d’écrire quelques petits courts-métrages, mais rien de bien sérieux. Cependant l’écriture scénaristique étant beaucoup plus codifiée et complexe, j’ai préféré me concentrer sur le format littéraire pour mes longs projets. Surtout que L’Imagerie ne se prête pas du tout à une adaptation, au vu du budget qu’il demanderait. Il faut être pragmatique, cette histoire n’aurait eu aucune chance d’accéder à un public via un écran de cinéma. Au moins, avec mon humble autoédition, complémentaire de la publication gratuite en ligne de L’Imagerie sur des plateformes type Wattpad ou Fyctia, j’ai la chance d’être lu et d’échanger avec une audience. Faible, certes mais présente, et extrêmement importante pour que je puisse progresser, et continuer à me motiver à écrire sur mon temps libre.

Cela dit, je compte bien un jour tenter de m’inscrire à un cours d’adaptation de roman au cinéma. Mais cela concernera un projet différent de L’Imagerie. Affaire à suivre donc…

  • Dans « L’imagerie », vous mettez en scène la douleur, le sommeil, la mort, et bien d’autres en tant que personnages. Tant et si bien que l’on se demande si votre inspiration ne vient pas d’un mélange de « Vice Versa », de Disney, et du mythe des Moires, déjà utilisé, par exemple, dans « Insomnie », de Stephen King. Ces œuvres ont-elles fait partie de votre inspiration ?

Commençons par retracer la chronologie de l’écriture de L’Imagerie. Je n’écris que sur mon temps libre, et ma passion pour le cinéma est particulièrement chronophage. Résultat ? J’écris très lentement. Vraiment très lentement. J’ai donc commencé à écrire L’Imagerie en Juillet 2014, et ne l’ai fini « qu’en » début d’année 2016. Après une publication progressive en ligne et g

ratuite, j’ai décidé d’autoédité ce roman en 2017, et ce surtout car j’ai eu la chance d’être coup de cœur de concours et d’avoir de très bons retours de mes lecteurs digitaux.

Tout cela pour dire que Vice Versa n’est sorti que durant l’été 2015, que j’ai adoré ce film, mais n’ai sur le coup absolument pas vu le rapport avec mon texte et suis surpris que tout le monde compare mon travail à cet animé. C’est flatteur, certes. Peut-être que je tenterai d’envoyer mon prochain texte à Disney. Quant à « Insomnie », je ne l’ai malheureusement pas lu. J’y jetterai donc un œil par curiosité !

J’ai bien été inspiré par un mythe, mais il ne s’agit pas des « Moires », même s’il est vrai que la comparaison est juste et intéressante. L’Imagerie est en quelque sorte une revisite du mythe d’Orphée, soit sa descente aux Enfers et son échec à ramener sa femme Eurydice dans le monde des vivants.

  • Doloris, protagoniste personnifiant la douleur, est dépeint avec plus de tendresse et d’empathie que les autres personnages. Avez-vous le même rapport à la douleur qu’Alix, le personnage principal de votre livre ?

La souffrance a toujours été au cœur de mes histoires. Dit comme ça cela parait glauque et déprimant, mais il est fascinant d’observer à quel point un nombre hallucinant de nos actions sont régies par une douleur, une souffrance. A quel point cette dernière sert de marque, nous permet de nous souvenir de ces moments passés difficiles pour pouvoir ainsi grandir, apprendre et nous adapter. En bref, la souffrance est essentielle et pourtant elle effraie. Nous faisons le maximum pour l’éviter, y échapper, alors que sans elle nous n’évoluons pas, nous devenons peureux, replier sur nous même et notre confort. Avec mes écrits j’essaye ainsi de mettre en lumière l’importance de ce sentiment dénigré.

  • Vous avez choisi l’autoédition pour publier votre premier roman. Pourquoi ?

J’ai d’abord proposé L’Imagerie à d

es maisons d’édition dédiées à la littérature de l’imaginaire, bien sûr sans succès. J’ai donc décidé de ne pas laisser cette histoire sans vie, et l’ai diffusé progressivement gratuitement sur des plateformes de type Wattpad, Fyctia, ou Scribay. Et cela s’est avéré être une riche idée, au vu du nombre de retours positifs et d’échanges sympathiques que j’ai pu avoir avec mes nombreux lecteurs. J’ai même été coup de cœur d’un concours Wattpad, et suis arrivé en finale d’un concours Fyctia. Je n’ai malheureusement pas gagné ce dernier, qui pouvait me permettre d’être publié par la maison d’édition affiliée à la plateforme, car mon texte a été jugé trop atypique.

J’ai tout de même trouvé dommage de m’arrêter là après ce parcours plutôt honorable, et me suis lancé dans l’autoédition pour tenter d’atteindre un nouveau public. Car il est vrai que l’audience sur internet reste très jeune, très féminine, et très branchée « young adult », « new romance ». Et avec moi, c’est peu dire qu’elles ne sont pas servies…

  • « L’imagerie » est votre premier roman publié, mais vous faites mention de « Ennoïa, la grande ellipse », comme premier roman écrit. Il est d’ailleurs sur la plateforme Wattpad. Comptez-vous le publier en autoédition ?

Non, « Ennoïa, la grande ellipse » compte beaucoup pour moi, mais à nouveau je suis réaliste. Le niveau d’écriture est trop faible, la construction narrative pose problème et même sur le fond, je n’ai pas toujours été cohérent. J’en suis très fier mais cela reste un travail « d’adolescent ». J’aime l’idée de le partager gratuitement si certains ont la curiosité d’aller s’y plonger, mais il n’a pas le niveau requis pour justifier une rémunération. J’aurais peur que mes lecteurs se sentent floués.

  • Vous écrivez de la Science-Fiction. Quel est votre auteur de SF préféré ?

René Barjavel, pour La nuit des temps particulièrement.

  • Pensez vous un jour écrire dans un autre registre ?

J’ai déjà écrit dans un autre registre avec Ennoïa, et suis en train d’écrire dans un autre registre. Ma prochaine histoire, si un jour je parviens à son point final, ne sera pas de la littérature de l’imaginaire. En fait, je pense qu’à terme L’Imagerie constituera l’anomalie au sein de mes histoires.

  • « L’imagerie » a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que cela vous apporte-t-il ?

Tout d’abord, une très grande motivation. Cela me donne envie de continuer à écrire, malgré mon temps libre qui ne cesse de s’amoindrir. En tant qu’amateur, pouvoir avoir un minimum de reconnaissance est une chance rare. Et la création de ce prix est une aubaine pour grands nombres d’apprentis auteurs.

Ensuite, il est vrai que cela apporte une visibilité supplémentaire, autre denrée rare de l’autopublié. Pouvoir être lu et chroniqué par des blogueurs (ou devrais-je dire blogueuse, comme j’ai le sentiment que cette communauté de blogueurs est en fait constituée d’une grande majorité de blogueuses) est génial pour se faire connaître, mais aussi avoir des retours constructifs de la part de lecteurs aguerris.

 


Découvrir l’univers d’Adrien Lioure :

Interview : Morgane Rugraff

Ray Shepard c’est avant tout une partie de moi, mon bébé. Il est ce personnage que j’ai créé quand j’avais une quinzaine d’années, qui m’a aidée à avancer pendant cette période difficile. Toutes mes émotions de l’époque sont passées dans ses gestes, dans son caractère, dans sa personnalité.

Ray Shepard est un anti-héros. Il est celui qu’on admire et qu’on craint en même temps. On peut l’aimer autant que le détester. Ray Shepard est un personnage à fleur de peau, chez qui tout est exacerbé. Jamais de demi-mesure, pas de place pour les autres dans sa vie.

Ray Shepard est aussi une Histoire. Celle d’une vengeance inassouvie, de souvenirs oubliés et d’immenses sacrifices.

Et enfin, Ray Shepard, c’est ce personnage qui se rend compte que seul, on est puissant, mais qu’à deux, on est plus fort. Que l’amitié a une place importante dans la vie et que parfois, il faut laisser tomber ses barrières.

 

  • Et qui est Morgane Rugraff ?

Morgane, c’est moi, une auteure aux multiples facettes, qui aime écrire la nuit, qui s’emplit la tête de rêves et qui les retranscrit.

 

  • Vous avez participé à plusieurs salons littéraires ces derniers mois. Que retirez-vous de ces expériences ?

Les salons littéraires sont toujours un pur moment de plaisir. Outre le fait de vendre ses livres, pouvoir rencontrer des gens animés par une même passion est toujours un grand moment. Bien sûr, j’en retire de la joie, mais je sais également que j’ai énormément de chance. Les personnes que je rencontre sont d’une infinie gentillesse. Je reçois souvent des petits mots, de belles attentions, des cadeaux et à chaque fois, j’ai encore ce réflexe de me dire «  ces personnes sont réellement venues pour moi ? ».

Les salons sont un lieu d’échange incroyable et à chaque nouveau salon que je fais, je passe obligatoirement sur chaque stand, retrouver des ami(e(s, discuter. Avant de connaître toute cette ambiance, j’étais de nature timide et renfermée, pas très à l’aise quand il s’agissait de parler de moi. Je le suis d’ailleurs toujours dans la vie de tous les jours, mais les salons sont pour moi des petites bulles d’oxygène où je me sens moi-même et à ma place.

 

  • Vous êtes passionnée par le Moyen-Age, le dernier tome de Ray Shepard sortira bientôt… Une trilogie médiévale prendra t’elle la suite de vos aventures littéraires ?

En effet le Moyen-Âge est ma grande passion, mon époque de prédilection. J’aurais adoré vivre à cette période de l’histoire ! J’ai déjà un projet médiéval en cours, Les Sang-Bleu, qui est un one-shot achevé et en cours de correction auprès de mes bêtas-lectrices. Je ne pense pas me lancer dans une nouvelle trilogie, quel que soit le domaine, mais j’ai encore beaucoup de beaux projets pour la suite de mon aventure dans le monde de l’édition.

  • Vous avez commencé à écrire très jeune. Qu’est ce qui vous a emmené sur le sentier des mots et de la littérature ?

Mes parents sont la clé de tout et je ne les remercierai jamais assez pour ça. Quand les autres enfants de mon âge regardaient la télévision, moi je lisais. J’ai été élevée avec Tolkien. Un jour, c’était avant le cp, ma mère m’a trouvée en train de lire un livre toute seule. Entendre les autres me raconter des histoires ne me suffisait plus. Je voulais les lire moi-même et ensuite, les écrire ! Une de mes professeurs au lycée, m’a accordée une chance incroyable. Elle a très rapidement compris que je m’ennuyais pendant ses cours, que je ne trouvais pas d’intérêt à écrire des rédactions avec des sujets tout faits. Alors, elle m’a laissé écrire ce que je voulais, toute l’année et pendant chacun de ses cours. À la fin de l’année, je lui ai présenté mon tout premier « roman », une histoire d’environ 200 pages qu’elle a lue et corrigée. Ce jour-là, j’ai compris que je ne voulais faire rien d’autre qu’écrire.

 

  • Vous êtes auteure de Fantasy, en êtes-vous lectrice également ? Quel est votre livre de chevet ?

Je lis quasiment exclusivement de la fantasy ! Mon premier grand livre de ce genre a été Le Seigneur des Anneaux quand j’avais onze ans. Je l’avais emprunté dans la bibliothèque de ma mère et j’ai dévoré la trilogie en très peu de temps. J’ai fait mon univers littéraire avec des auteurs tels que William Nicholson (Les cités d’Aramanth), Phillip Pullman (À la croisée des mondes), Victor Dixen (Le cas Jack Spark), David Gemmell (Renégats) et bien d’autres.

Mais sans conteste, mon livre de chevet est Le maitre du temps, de Louise Cooper !

 

  • Votre éditrice vous a inscrite au Prix des Auteurs Inconnus. Vous avez passé les présélections et votre roman fait maintenant partie des dix livres encore en lice dans votre catégorie. C’est lors de l’annonce des sélectionnés que vous avez appris votre participation. Pourquoi n’avoir pas proposé vous-même votre candidature ?

En effet, cela a été une réelle surprise pour moi de découvrir que mon roman était en lice pour un prix et j’étais extrêmement heureuse de savoir qu’il avait passé les pré-sélections.

Je n’ai pas proposé ma candidature spontanément car, premièrement, j’ignorais l’existence de ce prix. Je suis souvent sur Facebook, mais essentiellement pour partager mes écris sur mon mur, mettre de petits extraits, etc., et très rarement pour participer à des concours.

Ensuite, comme je le disais plus haut, j’ai toujours été de nature réservée et me mettre en avant naturellement, ne fait pas du tout partie de moi. Je n’ai pas assez de confiance en moi pour me dire que mon roman vaut le détour et qu’autant de gens peuvent l’apprécier ! Pourtant, avec tous les commentaires que je reçois, la fan page créée par un lecteur spécialement pour Ray Shepard, toutes les fois où Ray Shepard est notifié, je commence à comprendre que mon univers plait véritablement et c’est une magnifique récompense pour moi.

Alors maintenant, je commence à rêver un peu et à me dire que oui, Ray Shepard a toutes ses chances dans votre concours !

 

  • Si vous deviez écrire dans un autre genre que la Fantasy, lequel choisiriez-vous ?

J’écris déjà dans d’autres genres, je ne reste pas figée dans un univers. Maintenant que je viens de mettre le point final à ma trilogie, je me tourne vers tous mes autres projets !

Il y a la saga en deux tomes Nova Luna, qui est de la fantasy pure, mais aussi Les Sang-Bleu qui est une romance historique médiévale sans la moindre trace de fantasy, ainsi que Les frères Jayce, dans un univers steampunk.

Je suis très heureuse d’avoir répondu à ce petit questionnaire et je remercie toute l’équipe pour la sélection de Ray Shepard ! C’est grâce à vous des personnes comme vous que nos romans peuvent aussi se faire connaître !

Morgane


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