Interview : Auréane De Saysgam

« Entre les mondes » T1, a été sélectionné dans la catégorie Premier Roman

 

  • Pourquoi avoir proposé le premier tome de « Entre les Mondes » au Prix des Auteurs Inconnus ? Qu’attendez-vous de cette sélection ?

C’était un défi personnel. Je n’avais jamais participé à aucun concours de ma vie et je me suis dit, « pourquoi pas » ? J’avais envie d’oser.

  • Votre héroïne est esclave et vous mettez en scène son rachat par un maitre mystérieux. L’exploitation humaine est-elle un thème qui vous touche particulièrement ? Pourquoi ?

Pas particulièrement, car je pense que nous sommes tous concernés par ce qui se passe. Il serait naïf de penser que l’esclavage a été aboli. Certains pays poursuivent ces pratiques écœurantes, sans compter l’esclavagisme moderne. Mais ce n’est pas ce qui m’a motivé le plus. Dans Entre les mondes, nous faisons face à deux populations : les Nerothiens et les Azerahens. Si les premiers sont considérés comme des démons, les seconds sont perçus comme des êtres divins. Pour autant, l’histoire démontrera que ces appellations ne sont pas nécessairement représentatives de la nature réelle de ces individus, ce qui fait relativement écho au monde actuel.

  • Vous êtes plutôt anonyme et peu présente sur les réseaux sociaux. Est-ce un choix ou une obligation ?

C’est totalement voulu. J’aime l’idée d’être anonyme, car cela me confère une liberté totale. Je ne suis personne. Je n’existe qu’en tant qu’auteure lorsque je suis Auréane, ce qui fait que je peux me permettre décrire sans entrave. Si je m’étais exposée, je sais d’avance que je me serais bridée dans mon écriture, car je crois que vous l’aurez sentie, je ne déborde pas nécessairement de confiance en moi ^^’ et j’aurai eu peur du regard de mes proches. (Ils ont mis du temps à me lire, à savoir que j’écrivais pour certains. J’attendais certainement d’être un peu plus confiante pour m’exposer. Oui en gros je me planque un peu) et entre temps, je me suis lassée (y compris dans ma vie privée) des réseaux sociaux. En fait, je n’aime pas l’idée d’être scotchée à mon smartphone ou au pc, et les médias sociaux sont hyper chronophages.

  • Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

 

J’ai 25 ans, mariée et maman d’une petite fille de 4 mois. Autrefois infirmière, j’ai décidé de tourner le dos à cette belle profession qui ne me correspondait pas pour être à 100% auprès de ma puce et me consacrer à une réorientation professionnelle plus en accord avec ma personnalité. Je pense que par bien des aspects je ressemble à Camara. J’ai souvent besoin d’un bon coup de pied au popotin pour oser et d’être un peu confrontée aux choses pour avancer. J’ai une grande famille de poilue (deux chiennes totalement timbrées, dont une qui sait ouvrir toutes les portes. Elle a même développé une nouvelle compétence dans le crochetage, elle sait soulever et tirer les loquets. Ça me fait un peu flipper, je me demande si ce n’est pas le début d’un immense complot animalier ;)), et cinq adorables chats. Autrefois six, mais l’une de mes minettes a disparu il y a quelques mois (un gros crève-cœur L ). Je suis une fana de jeux vidéo, de mangas et d’animés. Tout ça influence énormément mes écrits. Il paraît que je suis rabat joie, dixit le chéri. (M’enfin il est du genre à faire un 360° avec sa tête lorsque je lui demande d’être discret. Ce genre de truc à le don de me faire provoquer un infarctus). J’habite à la campagne (vive la Picardie, enfin les Hauts de France) et franchement c’est le pied :p

  • Pourquoi avoir décidé de publier votre roman en autoédition ?

J’avais signé un contrat chez une petite m.e, mais je me suis rendue compte que le système éditorial ne me convenait pas. C’était mon premier bébé, et j’y avais mis énormément- peut-être trop- d’attentes. J’étais frustrée et je me suis rendu compte que le plus simple serait que je me lance seule. Ça me convient parfaitement pour le moment.

  • Le premier tome de votre saga est sorti il y a un moment. Quand comptez-vous publier la suite ?

Effectivement ça fait une éternité qu’il est sorti xD je dois dire que je ne m’attendais pas à mettre autant de temps pour faire paraître le second tome, surtout que je l’avais commencé avant même que le premier ne paraisse. Mais le second tome est terminé et en cours de correction, du coup, sans pour autant annoncer de date pour ne pas décevoir, je dirais qu’il paraîtra d’ici quelques semaines. Ça ne sera plus long. =)

  • Avez-vous d’autres projets littéraires pour la suite ?

Oui beaucoup. J’ai une imagination débordante et ça pullule dans ma caboche. D’autres projets sont en cours, même si le troisième tome d’Entre les mondes est ma priorité (je crois que j’ai assez torturé mes lecteurs comme ça 😉 )


Interview : Philippe Saimbert

« 11 Serpents » a été sélectionnés dans la catégorie Premier Roman

  • Vous dites que tout a déjà été raconté et que l’originalité contemporaine réside dans le traitement d’une idée déjà utilisée pour la rendre personnelle et unique. Quelle a été votre inspiration pour « 11 serpents » qui concourt dans la catégorie « Imaginaire » du Prix des Auteurs Inconnus ? Comment avez-vous cherché à vous en démarquer ?

Tout d’abord bonjour à toutes celles et ceux qui nous lisent et merci pour votre interview. Comme tout auteur, je suis une éponge qui se nourrit de tout ce qu’il voit et entend. La musique est également pour moi une formidable source d’inspiration car elle me suggère certaine scènes. C’est d’ailleurs étonnant. Je crois que nombre d’œuvres, à commencer par celles d’Agatha Christie ont inspiré mon projet. Tous ces projets avec des intrigues et des personnages tordus. Sans compter les innombrables chefs d’œuvres du cinéma au twist final étonnant. J’espère avoir réussi mon pari. Le twist final le plus fou, le plus fort, restant pour moi celui du film Old boy. Un film à réserver toutefois à un public averti de par sa violence psychologique. Mais quelle claque !

  • Vous êtes auteur indépendant, mais également scénariste de BD. J’ai également aperçu une activité de scénariste audiovisuel. Est-ce que l’adaptation de « 11 serpents » au cinéma ou à la télévision est un objectif ?

Oui, tout à fait. Je me suis inscrit sur le site Papertofilm pour essayer de placer mon projet auprès d’un producteur. Et je vais participer à divers concours de scénarios cette année. Je présente 11 serpents car il s’agit d’un huis clos avec peu de personnages. Le budget de production reste donc contenu. Rêver est mon métier…

  • À propos de Bande-Dessinée, avec lesquelles avez-vous grandi ? Quelles sont celles que vous pouvez nous conseiller ?

Ancien enfant de cœur (eh oui, cela mène à tout), j’adorais, gamin, les aventures de Moky, Poupy et Nestor. Je trouvais le graphisme de Bussemey aussi vivant que celui d’Uderzo. Ensuite, je suis passé aux Pieds Nickelés et à Rahan. Et puis il y a eu la période des super héros Lug avant de passer à la BD adulte et contemporaine. Quelques BD à découvrir (pas les plus connues mais celles qui m’ont marqué : Gangrène (Jimenez & Trillo). Brune (Guibert) sur la montée du nazisme. Le premier tome de Sin city (Franck Miller). Brezza, une série originale et pleine de poésie (Etienne Martin). Et pour fêter les Quais du Polar à Lyon, la série Torpedo (Abuli & Bernet).

  • Vous êtes indépendant, mais l’êtes-vous par choix ? Que vous apporte l’auto-édition ?

J’ai passé plus de 15 ans au sein de l’édition traditionnelle (Albin Michel BD, Delcourt, Joker, City, etc.) et je suis passé par choix du « côté obscur de la Force ». Pour de simples et bonnes raisons : l’indépendance des choix artistiques (contenu, maquette, titre, etc.) et des conditions contractuelles que je ne pouvais plus accepter. Plusieurs de mes titres étaient abandonnés et je trouvais de plus en plus absurde de devoir céder mes droits pendant 70 ans. De plus (attention, je vais être grossier), je suis également passé indépendant pour des raisons financières. Je sais bien que les auteurs ne sont pas censés vivre de leur plume mais il est temps que cela change. La loi permet plus facilement aux auteurs de recouvrer leurs droits patrimoniaux pour exploiter leurs œuvres (sous certaines conditions). Se renseigner auprès de mon syndicat, le Snac.

  • Votre roman « L’héritage de Tata Lucie » est traduit en anglais. Avez-vous l’ambition de toucher le marché international avec « 11 serpents » ?

Malheureusement non.  À refaire, je n’aurais pas tenté cette expérience pour L’héritage de tata Lucie. Ce livre restant mon best-seller (+ de 75.000 exemplaires vendus à ce jour, toutes éditions confondues), j’ai cru renouer avec le même succès sur le marché anglo-saxon. C’était oublier que la concurrence est féroce. Et qu’il est très difficile d’obtenir des reviews. Indispensables pour lancer des promotions. Inutile de vous dire que je n’ai pas (encore) remboursé le prix de la traduction. Par contre, je vais tenter l’aventure du livre audio pour mes deux titres phares. Je suis persuadé que le marché du livre audio va exploser dans les prochaines années.

  • Dans « Le fossile d’acier », vous proposiez déjà un pitch retournement de situation… Vous savez dès le départ que vous proposerez ce genre de final ou cela vous vient-il au fil de l’intrigue ?

Je commence toujours par écrire la fin. Même si je suis amené à la retoucher, bien évidemment. Donc, je sais où je vais même si je ne connais pas les chemins que je vais emprunter.

  • Vous avez écrit plusieurs romans dans des genres différents. Thrillers, Science-Fiction, Humour, Jeunesse. Qui est vraiment Philippe Saimbert ?

Bonne question. Je ne le sais pas moi-même. En fait, j’aime nombre de genres à partir du moment où l’histoire me captive et me fait vibrer. Du drame intimiste au blockbuster. Il en va de même pour le cinéma. J’ai des goûts très éclectiques. Du très beau et confidentiel Un temps pour l’ivresse des chevaux au métaphysique Interstellar.

  • Pour quelle raison avez-vous soumis « 11 serpents » au Prix des Auteurs Inconnus ? Qu’en attendez-vous ?

C’est avant tout une histoire d’opportunité et de rencontre. Si je peux rencontrer de nouveaux lecteurs, ma démarche aura été un franc succès. Je n’en demande pas plus.

  • Dernière question : votre famille est-elle du même genre que celle que vous dépeignez dans votre livre ?

Joker ! Je ne veux pas d’ennuis. Mais sachez qu’il y a beaucoup de moi dans le narrateur souvent présent dans mes romans. Mais que cela reste entre nous…


Une (toute petite) partie de l’univers de Philippe Saimbert

Interview : Adrien Lioure

« L’imagerie » fait partie des sélectionnés de la catégorie Premier Roman

 

 

  • C’est au cours de stages en production cinématographique que vous avez développé le goût de l’écriture. Pourquoi être passé du scénario au roman ?

Tout d’abord, je souhaite préciser que je n’ai pas fait d’études de cinéma. Je travaille certes dans le milieu cinématographique mais je suis passé par une toute autre voie. C’est justement grâce à mes différents stages que j’ai pu m’insérer dans l’industrie.

Je ne suis également pas « passé » du scénario au roman, puisque je ne me suis jamais lancé dans l’écriture d’un long-métrage même si l’envie ne m’a pas manqué. Je me suis contenté d’écrire quelques petits courts-métrages, mais rien de bien sérieux. Cependant l’écriture scénaristique étant beaucoup plus codifiée et complexe, j’ai préféré me concentrer sur le format littéraire pour mes longs projets. Surtout que L’Imagerie ne se prête pas du tout à une adaptation, au vu du budget qu’il demanderait. Il faut être pragmatique, cette histoire n’aurait eu aucune chance d’accéder à un public via un écran de cinéma. Au moins, avec mon humble autoédition, complémentaire de la publication gratuite en ligne de L’Imagerie sur des plateformes type Wattpad ou Fyctia, j’ai la chance d’être lu et d’échanger avec une audience. Faible, certes mais présente, et extrêmement importante pour que je puisse progresser, et continuer à me motiver à écrire sur mon temps libre.

Cela dit, je compte bien un jour tenter de m’inscrire à un cours d’adaptation de roman au cinéma. Mais cela concernera un projet différent de L’Imagerie. Affaire à suivre donc…

  • Dans « L’imagerie », vous mettez en scène la douleur, le sommeil, la mort, et bien d’autres en tant que personnages. Tant et si bien que l’on se demande si votre inspiration ne vient pas d’un mélange de « Vice Versa », de Disney, et du mythe des Moires, déjà utilisé, par exemple, dans « Insomnie », de Stephen King. Ces œuvres ont-elles fait partie de votre inspiration ?

Commençons par retracer la chronologie de l’écriture de L’Imagerie. Je n’écris que sur mon temps libre, et ma passion pour le cinéma est particulièrement chronophage. Résultat ? J’écris très lentement. Vraiment très lentement. J’ai donc commencé à écrire L’Imagerie en Juillet 2014, et ne l’ai fini « qu’en » début d’année 2016. Après une publication progressive en ligne et g

ratuite, j’ai décidé d’autoédité ce roman en 2017, et ce surtout car j’ai eu la chance d’être coup de cœur de concours et d’avoir de très bons retours de mes lecteurs digitaux.

Tout cela pour dire que Vice Versa n’est sorti que durant l’été 2015, que j’ai adoré ce film, mais n’ai sur le coup absolument pas vu le rapport avec mon texte et suis surpris que tout le monde compare mon travail à cet animé. C’est flatteur, certes. Peut-être que je tenterai d’envoyer mon prochain texte à Disney. Quant à « Insomnie », je ne l’ai malheureusement pas lu. J’y jetterai donc un œil par curiosité !

J’ai bien été inspiré par un mythe, mais il ne s’agit pas des « Moires », même s’il est vrai que la comparaison est juste et intéressante. L’Imagerie est en quelque sorte une revisite du mythe d’Orphée, soit sa descente aux Enfers et son échec à ramener sa femme Eurydice dans le monde des vivants.

  • Doloris, protagoniste personnifiant la douleur, est dépeint avec plus de tendresse et d’empathie que les autres personnages. Avez-vous le même rapport à la douleur qu’Alix, le personnage principal de votre livre ?

La souffrance a toujours été au cœur de mes histoires. Dit comme ça cela parait glauque et déprimant, mais il est fascinant d’observer à quel point un nombre hallucinant de nos actions sont régies par une douleur, une souffrance. A quel point cette dernière sert de marque, nous permet de nous souvenir de ces moments passés difficiles pour pouvoir ainsi grandir, apprendre et nous adapter. En bref, la souffrance est essentielle et pourtant elle effraie. Nous faisons le maximum pour l’éviter, y échapper, alors que sans elle nous n’évoluons pas, nous devenons peureux, replier sur nous même et notre confort. Avec mes écrits j’essaye ainsi de mettre en lumière l’importance de ce sentiment dénigré.

  • Vous avez choisi l’autoédition pour publier votre premier roman. Pourquoi ?

J’ai d’abord proposé L’Imagerie à d

es maisons d’édition dédiées à la littérature de l’imaginaire, bien sûr sans succès. J’ai donc décidé de ne pas laisser cette histoire sans vie, et l’ai diffusé progressivement gratuitement sur des plateformes de type Wattpad, Fyctia, ou Scribay. Et cela s’est avéré être une riche idée, au vu du nombre de retours positifs et d’échanges sympathiques que j’ai pu avoir avec mes nombreux lecteurs. J’ai même été coup de cœur d’un concours Wattpad, et suis arrivé en finale d’un concours Fyctia. Je n’ai malheureusement pas gagné ce dernier, qui pouvait me permettre d’être publié par la maison d’édition affiliée à la plateforme, car mon texte a été jugé trop atypique.

J’ai tout de même trouvé dommage de m’arrêter là après ce parcours plutôt honorable, et me suis lancé dans l’autoédition pour tenter d’atteindre un nouveau public. Car il est vrai que l’audience sur internet reste très jeune, très féminine, et très branchée « young adult », « new romance ». Et avec moi, c’est peu dire qu’elles ne sont pas servies…

  • « L’imagerie » est votre premier roman publié, mais vous faites mention de « Ennoïa, la grande ellipse », comme premier roman écrit. Il est d’ailleurs sur la plateforme Wattpad. Comptez-vous le publier en autoédition ?

Non, « Ennoïa, la grande ellipse » compte beaucoup pour moi, mais à nouveau je suis réaliste. Le niveau d’écriture est trop faible, la construction narrative pose problème et même sur le fond, je n’ai pas toujours été cohérent. J’en suis très fier mais cela reste un travail « d’adolescent ». J’aime l’idée de le partager gratuitement si certains ont la curiosité d’aller s’y plonger, mais il n’a pas le niveau requis pour justifier une rémunération. J’aurais peur que mes lecteurs se sentent floués.

  • Vous écrivez de la Science-Fiction. Quel est votre auteur de SF préféré ?

René Barjavel, pour La nuit des temps particulièrement.

  • Pensez vous un jour écrire dans un autre registre ?

J’ai déjà écrit dans un autre registre avec Ennoïa, et suis en train d’écrire dans un autre registre. Ma prochaine histoire, si un jour je parviens à son point final, ne sera pas de la littérature de l’imaginaire. En fait, je pense qu’à terme L’Imagerie constituera l’anomalie au sein de mes histoires.

  • « L’imagerie » a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que cela vous apporte-t-il ?

Tout d’abord, une très grande motivation. Cela me donne envie de continuer à écrire, malgré mon temps libre qui ne cesse de s’amoindrir. En tant qu’amateur, pouvoir avoir un minimum de reconnaissance est une chance rare. Et la création de ce prix est une aubaine pour grands nombres d’apprentis auteurs.

Ensuite, il est vrai que cela apporte une visibilité supplémentaire, autre denrée rare de l’autopublié. Pouvoir être lu et chroniqué par des blogueurs (ou devrais-je dire blogueuse, comme j’ai le sentiment que cette communauté de blogueurs est en fait constituée d’une grande majorité de blogueuses) est génial pour se faire connaître, mais aussi avoir des retours constructifs de la part de lecteurs aguerris.

 


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Interview : Morgane Rugraff

Ray Shepard c’est avant tout une partie de moi, mon bébé. Il est ce personnage que j’ai créé quand j’avais une quinzaine d’années, qui m’a aidée à avancer pendant cette période difficile. Toutes mes émotions de l’époque sont passées dans ses gestes, dans son caractère, dans sa personnalité.

Ray Shepard est un anti-héros. Il est celui qu’on admire et qu’on craint en même temps. On peut l’aimer autant que le détester. Ray Shepard est un personnage à fleur de peau, chez qui tout est exacerbé. Jamais de demi-mesure, pas de place pour les autres dans sa vie.

Ray Shepard est aussi une Histoire. Celle d’une vengeance inassouvie, de souvenirs oubliés et d’immenses sacrifices.

Et enfin, Ray Shepard, c’est ce personnage qui se rend compte que seul, on est puissant, mais qu’à deux, on est plus fort. Que l’amitié a une place importante dans la vie et que parfois, il faut laisser tomber ses barrières.

 

  • Et qui est Morgane Rugraff ?

Morgane, c’est moi, une auteure aux multiples facettes, qui aime écrire la nuit, qui s’emplit la tête de rêves et qui les retranscrit.

 

  • Vous avez participé à plusieurs salons littéraires ces derniers mois. Que retirez-vous de ces expériences ?

Les salons littéraires sont toujours un pur moment de plaisir. Outre le fait de vendre ses livres, pouvoir rencontrer des gens animés par une même passion est toujours un grand moment. Bien sûr, j’en retire de la joie, mais je sais également que j’ai énormément de chance. Les personnes que je rencontre sont d’une infinie gentillesse. Je reçois souvent des petits mots, de belles attentions, des cadeaux et à chaque fois, j’ai encore ce réflexe de me dire «  ces personnes sont réellement venues pour moi ? ».

Les salons sont un lieu d’échange incroyable et à chaque nouveau salon que je fais, je passe obligatoirement sur chaque stand, retrouver des ami(e(s, discuter. Avant de connaître toute cette ambiance, j’étais de nature timide et renfermée, pas très à l’aise quand il s’agissait de parler de moi. Je le suis d’ailleurs toujours dans la vie de tous les jours, mais les salons sont pour moi des petites bulles d’oxygène où je me sens moi-même et à ma place.

 

  • Vous êtes passionnée par le Moyen-Age, le dernier tome de Ray Shepard sortira bientôt… Une trilogie médiévale prendra t’elle la suite de vos aventures littéraires ?

En effet le Moyen-Âge est ma grande passion, mon époque de prédilection. J’aurais adoré vivre à cette période de l’histoire ! J’ai déjà un projet médiéval en cours, Les Sang-Bleu, qui est un one-shot achevé et en cours de correction auprès de mes bêtas-lectrices. Je ne pense pas me lancer dans une nouvelle trilogie, quel que soit le domaine, mais j’ai encore beaucoup de beaux projets pour la suite de mon aventure dans le monde de l’édition.

  • Vous avez commencé à écrire très jeune. Qu’est ce qui vous a emmené sur le sentier des mots et de la littérature ?

Mes parents sont la clé de tout et je ne les remercierai jamais assez pour ça. Quand les autres enfants de mon âge regardaient la télévision, moi je lisais. J’ai été élevée avec Tolkien. Un jour, c’était avant le cp, ma mère m’a trouvée en train de lire un livre toute seule. Entendre les autres me raconter des histoires ne me suffisait plus. Je voulais les lire moi-même et ensuite, les écrire ! Une de mes professeurs au lycée, m’a accordée une chance incroyable. Elle a très rapidement compris que je m’ennuyais pendant ses cours, que je ne trouvais pas d’intérêt à écrire des rédactions avec des sujets tout faits. Alors, elle m’a laissé écrire ce que je voulais, toute l’année et pendant chacun de ses cours. À la fin de l’année, je lui ai présenté mon tout premier « roman », une histoire d’environ 200 pages qu’elle a lue et corrigée. Ce jour-là, j’ai compris que je ne voulais faire rien d’autre qu’écrire.

 

  • Vous êtes auteure de Fantasy, en êtes-vous lectrice également ? Quel est votre livre de chevet ?

Je lis quasiment exclusivement de la fantasy ! Mon premier grand livre de ce genre a été Le Seigneur des Anneaux quand j’avais onze ans. Je l’avais emprunté dans la bibliothèque de ma mère et j’ai dévoré la trilogie en très peu de temps. J’ai fait mon univers littéraire avec des auteurs tels que William Nicholson (Les cités d’Aramanth), Phillip Pullman (À la croisée des mondes), Victor Dixen (Le cas Jack Spark), David Gemmell (Renégats) et bien d’autres.

Mais sans conteste, mon livre de chevet est Le maitre du temps, de Louise Cooper !

 

  • Votre éditrice vous a inscrite au Prix des Auteurs Inconnus. Vous avez passé les présélections et votre roman fait maintenant partie des dix livres encore en lice dans votre catégorie. C’est lors de l’annonce des sélectionnés que vous avez appris votre participation. Pourquoi n’avoir pas proposé vous-même votre candidature ?

En effet, cela a été une réelle surprise pour moi de découvrir que mon roman était en lice pour un prix et j’étais extrêmement heureuse de savoir qu’il avait passé les pré-sélections.

Je n’ai pas proposé ma candidature spontanément car, premièrement, j’ignorais l’existence de ce prix. Je suis souvent sur Facebook, mais essentiellement pour partager mes écris sur mon mur, mettre de petits extraits, etc., et très rarement pour participer à des concours.

Ensuite, comme je le disais plus haut, j’ai toujours été de nature réservée et me mettre en avant naturellement, ne fait pas du tout partie de moi. Je n’ai pas assez de confiance en moi pour me dire que mon roman vaut le détour et qu’autant de gens peuvent l’apprécier ! Pourtant, avec tous les commentaires que je reçois, la fan page créée par un lecteur spécialement pour Ray Shepard, toutes les fois où Ray Shepard est notifié, je commence à comprendre que mon univers plait véritablement et c’est une magnifique récompense pour moi.

Alors maintenant, je commence à rêver un peu et à me dire que oui, Ray Shepard a toutes ses chances dans votre concours !

 

  • Si vous deviez écrire dans un autre genre que la Fantasy, lequel choisiriez-vous ?

J’écris déjà dans d’autres genres, je ne reste pas figée dans un univers. Maintenant que je viens de mettre le point final à ma trilogie, je me tourne vers tous mes autres projets !

Il y a la saga en deux tomes Nova Luna, qui est de la fantasy pure, mais aussi Les Sang-Bleu qui est une romance historique médiévale sans la moindre trace de fantasy, ainsi que Les frères Jayce, dans un univers steampunk.

Je suis très heureuse d’avoir répondu à ce petit questionnaire et je remercie toute l’équipe pour la sélection de Ray Shepard ! C’est grâce à vous des personnes comme vous que nos romans peuvent aussi se faire connaître !

Morgane


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Interview : Amélie de Lima

Amélie de Lima concourt avec « Le Silence des Aveux » dans la catégorie Premier Roman

 Vous êtes originaire de Lille, vous vivez à Barcelone, et vous portez le nom de la capitale du Pérou. Avez-vous l’âme d’une voyageuse ?

J’ai beaucoup voyagé et j’ai vécu dans pas mal d’endroits différents. C’est une véritable passion pour moi. Peut-être que ça vient de mes origines étrangères, mère espagnole et père portugais (d’où mon nom de famille qui est bien mon vrai nom 🙂 )

Vous écrivez depuis toute petite. Quel a été le déclic qui vous a décidé à publier votre premier roman ?

Le déclic a été lors de mon année à Casablanca, au Maroc. J’ai commencé à écrire Le Silence des Aveux et je le faisais lire chapitre par chapitre à travers un blog que j’avais à l’époque. Un mélange de voyages, mode et écriture. Puis, j’ai décidé de m’y mettre sérieusement, d’écrire un « vrai » roman et de me lancer en auto-édition (en pensant sincèrement que personne ne le lirait…)

« Le silence des aveux » se déroule à Lille. Votre second roman se passe entre Lille et la Belgique. Pensez-vous toujours ancrer vos intrigues dans votre région d’origine ?

Oui, Lille est ma ville d’origine et la Belgique, ma seconde maison finalement. En vivant à Lille, on passe beaucoup de temps en Belgique. Quel lillois n’a jamais été faire un tour à Tournai un dimanche après-midi ? Alors oui, cette ville m’inspire, c’est la mienne et je compte bien la garder dans mes romans 🙂

Vous avez publié vos deux romans en autoédition. Est-ce un choix ou une obligation ? Aviez-vous proposé votre roman en édition traditionnelle ?

J’ai publié en auto-édition par choix. Le silence des aveux, je l’ai écrit en pensant qu’il ne serait lu que par mes amis et ma famille. Je n’ai jamais eu la prétention d’être éditée car j’ai un vilain défaut, je doute toujours de moi et de ce que j’écris. J’ai commencé à envoyer Le silence des aveux à 3 ou 4 maisons d’éditions mais très récemment et pour ce qui est de Voix Nocturnes, à personne.

Qu’est-ce qui vous a poussé à proposer votre roman au Prix des Auteurs Inconnus ?

Je me suis inscrite au Prix des Auteurs Inconnus car il s’agissait d’un nouveau projet qui m’a particulièrement plu. J’ai beaucoup aimé le principe des chroniques et l’organisation du prix.

Vos deux romans sont des thrillers psychologiques. Avez-vous fait des recherches en criminologie et en procédures policières ?

Oui, le travail de recherches est le plus long mais surtout le plus intéressant lors de l’écriture d’un roman. J’ai eu la chance d’être aidée par une criminologue à Barcelone, je n’ai pas hésité à frapper aux portes des hôpitaux psychiatriques et il faut le dire, je suis passionnée par la psychologie des personnages, par les troubles de l’enfance et l’impact qu’ils ont sur notre vie d’adulte. Alors oui, je passe beaucoup, beaucoup de temps à faire des recherches et j’adore ça !

Il y a quelques semaines, vous avez, avec d’autres auteurs indépendants, loué un stand à Livre Paris. Stand devant lequel il y avait souvent foule. Que pensez-vous de l’essor de l’autoédition en France ?

Je pense que l’auto-édition est un très bon moyen de se faire connaître par nos lecteurs. Elle nous permet d’avoir un contact plus direct, plus réel. On tisse de vrais liens, sans fioritures. C’est un excellent moyen de comprendre les attentes des lecteurs, car ils nous en parlent directement par message ou par mail, nous donnent des conseils, des points de vue différents…bref, l’auto-édition c’est pour moi avant tout, l’opportunité de s’ouvrir aux autres, de se dévoiler à travers nos écrits, sans passer par un intermédiaire. L’essor de l’auto-édition en France marque l’envie et la passion des français(es) pour la lecture et l’écriture et surtout, le fait maison, le self-service, sans attente, sans longues journées à se ronger les ongles, redoutant les lettres de refus…

Comptez vous traduire vos romans et viser le marché espagnol ?

On m’a déjà proposé de traduire Le silence des aveux en roumain mais je pense que la traduction espagnole est pour moi plus à l’ordre du jour.

Vous avez écrit une pièce de théâtre pendant votre adolescence. Est-ce que vos lecteurs peuvent s’attendre à vous retrouver dans ce registre prochainement ?

Une pièce de théâtre dans mon genre de prédilection, pourquoi pas ?

Avez-vous d’autres projets littéraires ?

Oui, le second volet de Le silence des aveux sortira durant l’été 2018. Une nouvelle affaire dirigée par Véronique De Smet, entre Lille et la Belgique, une fois de plus.

 


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Interview : Carine Foulon

Carine Foulon concourt, avec « Chicago Requiem » dans la catégorie « Premier Roman »

  • « Chicago Requiem » est votre premier roman. Avant ça, vous avez publié plusieurs nouvelles, poèmes, et livres pour enfant. D’où vous est venue l’idée de la Saga des Henderson ?

    Au début, je n’ai pas eu l’idée d’écrire une Saga. Mon roman s’intitulait Corde raide, d’où les citations avec le mot « corde » au début de chaque chapitre. Le personnage sur la corde raide est bien sûr William. Mais c’est un projet qui a mûri. J’ai commencé sa rédaction fin 2015, sans même savoir que ça deviendrait un roman. En avril ou en mai 2016, j’ai fait deux envois papier aux maisons d’édition, quelques envois par mail, mais il était encore intitulé Corde raide, puis c’est devenu Chicago Post Portem. En tout cas, je partais sur l’idée d’un seul volume consacré à l’étude de ce personnage dont on ne sait jamais s’il est bon ou mauvais. Je voulais qu’à la fin, le lecteur ne se pose plus la question, mais le soutienne, le comprenne. C’est un personnage qui enfreint la quasi-totalité des dix commandements. Pourtant, à la fin, quand le lecteur referme le livre, il ne peut que l’aimer, ou du moins l’apprécier. Normalement, il a même souffert avec lui, alors qu’à la base, c’est un avorton insignifiant, voire pénible, écrasé par deux figures masculines plus proches de celles qu’on rencontre dans les romances, pour l’un, et dans les dark romances, pour l’autre. Mais le centre de mon roman, c’est le personnage de anti-héros qui n’aurait pas sa place dans le casting d’une romance-type, William. Il est d’ailleurs absent des premiers chapitres, sauf lors des flashbacks : le prologue, Meredith, la présentation d’Edward Miller… Quand William arrive enfin sur la scène du livre, en tant qu’époux de Susan, c’est presque dans un rôle secondaire, puis ridicule, mais de chapitre en chapitre, il gagne du terrain.

 

  • Votre histoire est ancrée dans les années 1920. Pourquoi avoir choisi cette époque ?

J’aurais pu choisir le XIXe s. Le monde contemporain m’inspire peu. J’adore la littérature du XIXe s. et William vit dans un manoir. Quand Meredith paraît, la première fois, elle porte un corset. Ils sont un peu perdus dans les années vingt, même si Meredith prend très vite ses marques. Mais le Chicago des années vingt m’offrait un cadre idéal : un monde sans policiers, où on est encore avant Eliott Ness et les Incorruptibles. Dans la réalité, Al Capone a pu abattre un homme devant témoins et être relâché, par exemple. Donc on est dans un monde sans foi ni loi, où une personne menacée ne peut pas porter plainte, où l’insécurité est constante. Je lis beaucoup de thrillers, mais mes préférés sont ceux où il n’y a que les assassins, les victimes : la série des Ripley de Patricia Highsmith, le Purgatoire des innocents de Karine Giebel (où on est plongé dans l’horreur : des braqueurs confrontés à des criminels pires qu’eux), Mygale de Thierry Jonquet. Les dix petits nègres d’Agatha Christie est un chef-d’œuvre, de même que la nuit ne finit pas du même auteur, parce qu’on vit l’intrigue en même temps que les personnages, alors que les enquêtes d’Hercule Poirot et de Miss Marple ont un caractère plus rassurant. Le lecteur ne risque rien : il suit l’enquête du dehors, avec les enquêteurs. Il attend le dénouement. Il est dans un parcours policé. Or j’aime bien cette sensation qu’il n’y a pas de policiers, pas d’enquêteurs, parce qu’ainsi, le lecteur est désorienté, parce qu’il est confronté à l’humain, à la vie de tous les jours, celle qu’il vit lui-même avec des enfants, des amis, une famille, mais avec une plus grande menace. Une sorte de memento mori quelque part, de métaphore de la vie.

 

  • Votre roman était initialement publié aux Éditions Dreamcatcher. Vous êtes désormais autoéditée. Qu’est-ce que cela change pour vous ?

Le point négatif, c’est que c’est plus chronophage. J’aurais pu laisser tomber… si je n’avais pas tant tenu à mon roman, donc je me suis démenée pour assurer la mise en page, lui confectionner une couverture, assurer sa promotion.
Le point positif, c’est que je ne dépends plus que de moi-même, et j’avoue que c’est quelque chose que j’aime bien. Choisir mes services presse, discuter avec les chroniqueurs, chercher les dédicaces… Les éditions Dreamcatcher sont à Toulouse, je suis amiénoise, et avant même la parution de mon roman, j’appelais les librairies près de chez moi, je cherchais des salons, je communiquais, m’impliquant et voulant que tout avance. J’avais déjà écrit des livres, mais je ne me suis jamais impliquée autant pour l’un d’entre eux que pour Chicago Requiem. Du coup, je pense que le lien aurait rompu à un moment ou à un autre, parce que dans une petite maison d’édition, on ne peut pas faire cavalier seul, que j’avais réussi à me trouver 4 dédicaces rien que dans les 15 premiers jours de juillet. Or je n’étais pas la seule romancière éditée et forcément, il fallait réussir à me suivre, envoyer les exemplaires, prendre contact avec les librairies que j’avais contactées… En fait, je pense que mon arrivée dans l’auto-édition concorde avec mon caractère. Malgré ma souffrance en juillet/août, au moment où j’ai eu l’impression que tout s’écroulait, je suis restée en bons termes avec les éditions Dreamcatcher.
Mais je suis professeur de français, agrégée de lettres. Du coup, quand j’ai commencé à écrire, en 2013, j’avais plus l’envie d’inscrire une œuvre dans la durée, d’écrire comme les auteurs de l’histoire littéraire, que d’assurer un millier de ventes ou plus lors d’une rentrée littéraire. Quand mes albums jeunesse sont parus, qu’ils ont été en librairie deux ans, se sont vendus, puis plus rien, puis envoi aux solderies, ça m’a fait un choc, parce que moi, qu’ils se vendent ou pas, ça m’était assez indifférent. Je voulais qu’ils soient lus, et puis qu’ils durent, et que dans 30 ans, mes petits-enfants soient fiers de moi. Eh bien, là, non : douche froide et retour au monde réel. Alors du coup, l’auto-édition, ce n’est pas si bête, surtout dans mon cas, parce qu’en conservant mes droits, je sais que mes livres dureront au moins autant que moi.

 

  • « Chicago Requiem » est en lice dans la catégorie Premier Roman du Prix des Auteurs Inconnus. Que vous a apporté cette sélection ? Qu’en attendez-vous ?

Quand mon roman n’a plus été édité, savoir que Chicago Requiem avait été retenu pour le prix m’a énormément apporté d’autant que j’ai souvent lu dans les chroniques qu’il met du temps à démarrer, qu’on entre dans le vif du sujet vers la 150e page. Or, les sélections ont été faites en se fondant uniquement sur les dix premières pages. C’est une forme de reconnaissance pour moi (parce que je doute énormément) et savoir que mon roman était sélectionné m’a apporté un réel soutien, l’envie de le rééditer au plus vite. Je pense aussi à un chroniqueur en particulier, et à un auteur sélectionné dans la même catégorie que moi, qui m’ont tous deux apporté leur soutien, et ça, à un moment où je sombrais, c’était inestimable.

  • Vous êtes professeure de français dans un collège de la Somme. Vos élèves sont-ils au courant de votre activité d’auteure ? Vous ont-ils lu ?

Mes élèves sont en 6e / 5e. Ils sont au courant, mais ils savent qu’ils sont trop jeunes pour me lire. Le seul de mes livres qui serait adapté à une étude en classe serait l’Abécédaire fruitier, mais je n’ai pas le droit de faire étudier mes propres textes (en tout cas à mes élèves, car dans le cadre d’un atelier  d’écriture, ce serait différent).

En revanche, certains de mes anciens élèves me lisent et me soutiennent, ceux qui ont eu leur bac l’année dernière par exemple. J’ai reçu plusieurs mp. D’une façon générale, plusieurs de mes contacts sur Facebook sont d’anciens élèves, mais ils sont toujours d’une discrétion énorme, m’envoyant un « Bon anniversaire, Madame ! » ou « J’ai bien aimé votre livre » en mp, à l’occasion, et je les garde dans mes contacts, parce que j’ai bonne mémoire et que s’ils sont là, c’est que je les apprécie. L’un d’eux, plus jeune, m’a écrit que sa mère était en train de lire mon roman, donc que je commençais à devenir célèbre. En fait, ils sont au courant, mais respectueux.

  • « Chicago Requiem » est le premier tome d’une saga, quand pensez-vous publier la suite ?

Justement, je ne l’avais pas considéré comme un premier tome, même si je pense qu’il y aura une suite. Mais dans ma tête, c’est plus devenu une saga de l’ordre des Rougon-Macquart ou de la Comédie humaine, avec des personnages récurrents, que série avec tome 1, tome 2… J’aimerais que les romans, nouvelles, novelas concernant les Henderson puissent se lire indépendamment les uns des autres, qu’ils s’éclairent aussi les uns les autres. Il y a beaucoup d’espaces vacants, d’ellipses, d’interstices dans Chicago Requiem, et ça peut faire l’objet de nouvelles, de romans, qui reprendront forcément les personnages déjà rencontrés, mais dans un autre cadre, parce que… je crains de trop en dire et de spoiler, mais je pense que le prochain volume de la Saga des Henderson ne sera pas forcément un tome 2 (même si celui-ci aussi, je le prévois). Ceux qui ont lu mon roman savent à quel point j’ai joué avec les points de vue, les situations, toujours retenu le lecteur là où je voulais qu’il soit. Mais je sais ce qui se passait dans le même temps, dans une autre pièce, avec les autres personnages… Par exemple, entre le séjour de William à Atlanta et le chapitre « Confidences sur l’oreiller », il y a un blanc quant aux activités de William, et le lecteur ne s’en aperçoit pas forcément, parce que les scènes de romance sont à leur paroxysme (ou alors le lecteur bout d’impatience en se demandant quand les meurtres vont commencer, quand on va enfin entrer dans le polar, sans se rendre compte qu’il y est déjà). Parce qu’à ce moment-là, dans l’ombre, qu’est-ce qu’il fait au juste, William ? Est-ce qu’il revoit souvent Meredith ? On ne le sait pas. On reste dans l’intimité d’un couple, le soir ou tôt le matin, mais j’ai scrupuleusement évité d’évoquer leurs journées.

Je n’ai pas une écriture linéaire, où on avance du début à la fin, et où le lecteur sait où il va, vers la résolution de l’enquête ou vers le mariage de deux personnages qui ne semblaient pas pouvoir s’aimer. J’imagine plusieurs salles, plusieurs dialogues, et je sélectionne. Je donne à voir ce que je veux que le lecteur voie, j’utilise les flashbacks, les répétitions, les motifs, les clichés qui parlent à tous (le personnage de la soubrette par exemple… Je suis toujours étonnée de ne pas voir Nelly plus souvent citée dans les chroniques : comme elle est un personnage-type du jeu de Cluedo, des enquêtes, des vaudevilles, de Downtown Abbey… le lecteur, de lui-même, la cantonne au rôle de personnage secondaire ou d’utilité, alors que dans mon imaginaire, elle a un rôle énorme, qu’elle est présente dès les premières lignes du roman, évoquée dans presque tous les chapitres, et qu’elle ne se limite pas à son rôle presque théâtral de soubrette, qui est un leurre).

Du coup, oui, il y aura une suite. Mais le prochain tome de la saga des Henderson ne sera pas forcément la suite.

  • Vous faites régulièrement des dédicaces dans des librairies. Que vous apporte le contact avec votre lectorat ?

Je n’en fais pas régulièrement. J’ai fait quelques dédicaces dans les librairies pour mes albums jeunesse de 2014 à mars 2015. J’étais enceinte de ma fille cadette, née fin juin. J’ai donc interrompu toute forme de promotion de mars 2015 au 1er juillet 2017, quand mon roman est sorti, mais auparavant, je n’avais jamais fait aucune dédicace dans les librairies. Là, il y en a eu quatre, du 1er juillet au 15, puis la fin de mon contrat d’édition fait que je vais reprendre les dédicaces le 8 avril (6 à 7 séances en avril-mai).

J’adore discuter avec mon lectorat, plutôt via Internet, mais la librairie enchantée de Chaulnes avait organisé des séances de dédicaces qui m’avait bien plu, où les gens ne venaient pas seulement me demander une signature, mais où l’on discutait, assis autour d’une table, en buvant un café. Ce type de moment convivial est assez rare.

Il n’y a pas d’auteur sans lecteur. Je me souviens d’une conférence où une dame énonçait que le personnage de fiction n’existe pas. J’avais pris le micro, parce qu’a priori, sa non-existence est une évidence, mais comment pourrait-on affirmer que Dracula, Harry Potter ou Roméo et Juliette n’existent pas ? Ils existent plus que nous. Ils existent dans l’imaginaire de millions de lecteurs. C’est la magie de l’écriture de rendre réelle la fiction le temps d’une lecture, voire un peu plus, et cette magie ne tient pas seulement à l’écriture, mais aussi à la lecture. Sans lecteurs, il n’y a pas d’œuvre.

Pour ça que je me moque un peu des ventes, de l’aspect « rentrée littéraire », « promotion »… J’essaie surtout de ne pas être déficitaire, de rentrer dans mes frais, mais ce qui m’importe, c’est d’être lue, pour que mon univers, mes personnages fassent vibrer d’autres personnes que moi, parce qu’à quoi cela sert-il de créer tout un univers si personne n’est là pour en profiter ?

  • Avez-vous d’autres projets littérature ?

Enormément. Des albums jeunesse, dont au moins un qui sortira en 2018.
Je réfléchis à un recueil de nouvelles, autour du thème du manoir… Mon imaginaire se complaît dans les manoirs. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aime cette ambiance vaguement gothique, les châteaux entourés de landes et de bruyère…
J’aimerais aussi aborder d’autres styles, évoquer le monde contemporain, sans doute à travers le registre burlesque ou me lancer dans le roman pour ado (ce serait accessible à mes élèves). Bref, être là où on ne m’attend pas.
Mais mon second roman sera une romance steampunk atypique qui n’a rien à voir avec l’univers des Henderson. J’en ai écrit la moitié, l’ai mis en pause le temps de rééditer Chicago Requiem, et j’espère y retourner au plus vite. J’aurais aimé le publier plus tôt, mais l’essentiel est qu’il sorte en 2018. Aborder le registre steampunk  me plaît. Un petit côté anglais, un petit côté victorien, voire de Régence, Jane Austen dans le brouillard de Londres et la reine Victoria perdue dans un monde d’automates…

Puis retour à la saga des Henderson, je pense. En fait… ils me manquent.
Et puis, au niveau littérature… une PAL immense que je délaisse beaucoup, malgré tous les livres qu’il peut y avoir chez moi, ma liseuse Nolim, et mon amour pour la littérature.


Retrouvez l’univers de Carine Foulon

 

Appel à chroniqueurs

• Le Prix des Auteurs Inconnus, c’est quoi ?

C’est un prix littéraire dont le but est de promouvoir les « petits » auteurs publiés en
autoédition, chez des microéditeurs ou dans des maisons à compte d’auteur.

 Il se compose de cinq catégories, comprenant cinq romans chacune :
– Catégorie Romance : romance contemporaine, érotique, polyamoureuse,
homoromance, dark romance.
—Catégorie Imaginaire: science-fiction, fantasy, fantastique.
– Catégorie Littérature Blanche : littérature générale.
– Catégorie Young Adult : romans adressés à un public adolescent, jeune adulte (15
à 30 ans), traitant de thématiques sociétales en filigrane.
—Catégorie Littérature Noire : polars, thrillers, romans horrifiques.

• Votre travail, en tant que chroniqueurs du prix ?

Vous choisissez une ou plusieurs catégories, selon vos préférences.
Dès lors, vous participez aux présélections de la (les) catégorie(s) choisie(s). Cette
phase de présélections se déroule en deux temps. Si vous avez choisi la catégorie
Romance et/ou Imaginaire, vous lirez les 10 premières pages d’une cinquantaine de
romans du 1er mai au 12 août. Si vous avez choisi la catégorie Littérature Blanche et/ou
Young Adult et/ou Littérature Noire, vous lirez les 10 premières pages d’une
cinquantaine de romans du 1er septembre au 16 décembre.
Vous sélectionnerez par la suite, 5 romans dont les premières pages vous ont
particulièrement plu et nous déterminerons la sélection finale en regroupant les votes
de tous les chroniqueurs.
C’est ainsi que vous lirez les romans du prix (selon un planning établi par avance : un
roman particulier par mois) :
Pour les catégories Romance et Imaginaire : du 1er septembre 2018 au 31 janvier 2019.
Pour les catégories Littérature Blanche, Young Adult, et Littérature Noire : du 1er mars
au 31 juillet 2019.

Exigences :

– Si vous rejoignez l’équipe en tant que chroniqueurs, vous ne pouvez pas proposer
de romans à concourir.
– Vous devez lire un roman par mois, selon un planning établi par avance.
– Vous devez pouvoir lire en version numérique.
–Vous devez rédiger une chronique par livre de votre (vos) catégorie(s) par mois, dans
laquelle vous devrez faire part de vos impressions sur deux grands axes : l’histoire, et le
style de l’auteur.
–Vous devrez respecter les consignes données par les organisatrices du groupe.

IMPORTANT : Il est interdit de diffuser les fichiers des romans !

Comment nous rejoindre ? :

Envoyez un email à recrutement@prixdesauteursinconnus.com avec, pour objet :
Candidature chroniqueur + nom de la ou les catégories souhaitées.

Puis nous donner les informations suivantes :

• Nom
• Prénom
• Âge
• Région du domicile
• Format de vos chroniques (écrites ou vidéo)
• Lien du site principal de vos chroniques
• Lien vers vos réseaux sociaux
• Lien de trois chroniques que vous considérez représentatives de votre style dans
le genre de la (les) catégorie(s) dans laquelle (lesquelles) vous souhaitez
participer.
• Vos motivations

Date limite d’envoi des candidatures :

Catégories Romance et Imaginaire : 30 avril 2018
Catégories Littérature Blanche, Young Adult et Littérature Noire : 31 août 2018

Catégorie Imaginaire, Fabuleux Nectar – Les chroniques

Du haut de sa tour du Palais Suspendu, Misha étudie ses grimoires et réchauffe ses alambics.L’alchimiste du roi est un créateur talentueux. Il invente des sortilèges et murmure des poèmes pour transformer la magie en outils insolites.

Son quotidien est bouleversé par la capture de trois rebelles des îles Liberté qui luttent pour leur indépendance. Pourquoi la princesse Séléna s’est-elle livrée à ses ennemis ? L’alchimiste soupçonne la prisonnière de profiter de sa captivité pour leur tendre un piège.

La belle étrangère prétend que son navire contient des trésors dignes des légendes, l’héritage d’un antique peuple des mers. Ses ruses et ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

 

Auteur : Vincent Portugal

Autoédition

Nombre de pages : 158 pages

Genre : Fantasy

Ce qu’en ont pensé nos chroniqueurs

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Mais quelle aventure ! Vincent Portugal nous entraîne dans son univers, et en une centaine de page, je me suis sentie vraiment chez moi. On s’approprie très vite le monde, les règles, les complots. Et ce qui est magique, ce qui nous tient en haleine tout au long du récit, c’est qu’on découvre les explications en même temps que l’alchimiste, aussi bien celles des rebelles que celles du palais où se déroule la plupart du roman. Tous ces éléments assemblés dans un style très agréable, j’avais une explosion de couleurs dans ma tête lorsque je découvrais Fabuleux Nectar : un vrai délice. En revanche, tout fonctionnait tellement bien dans le projet des rebelles que j’ai regretté que la princesse n’ai pas plus de faiblesses. En effet, à chaque imprévu, Séléna avait toujours une solution, et rebondissait tellement vite que j’avoue avoir décroché à certains moments. Mais la découverte de ces nouveaux royaumes me ramenait bien vite dans l’intrigue !

Audrey, La Tasse ébréchée

 

Nous apprécions la fantasy, le décor, les histoires, les coutumes, les mythes et la magie. La plume exceptionnelle de l’auteur participe à cet effet global de douceur, créant une véritable alchimie entre l’intrigue et le style. Vincent Portugal a un phrasé simple, pas ostentatoire pour deux sous, mais empreint de tendresse. Plus terre à terre, son style foisonne d’adjectifs qui rendent le texte visuel, et presque tactile. Parce que j’avais cette sensation d’y assister. De toucher tous ces livres, ces coquillages, de voir ces fresques et broderies… Concernant le monde dans lequel nous évoluons, il a suffit de peu de mots à l’écrivain pour nous y immerger complètement. L’univers de fantasy est posé, et nous, on se régale autant au sens propre qu’au figuré.

Amélia, Les Histoires d’Amélia et la Culture Geek

 

Ce qui transparaît en premier lieu, c’est la richesse de l’univers de l’auteur, foisonnant de mythes, de légendes et de magie. Le récit, bien mené, est émaillé de complots et de stratégies politiques, de ruses et de manigances de cour qui constituent réellement l’intrigue.

Les personnages sont assez bien campés et ont le mérite de paraître crédibles grâce à leur complexité et leur ambivalence.

Quant au style de l’auteur, il est assez agréable et de jolie facture. De plus, pas une coquille ne traîne, ce qui est assez rare pour mériter d’être souligné !

Mais malgré toutes ces indéniables qualités, je dois avouer que l’alchimie n’a pas opéré, que la magie ne m’a pas transportée et que cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable. Ce n’aura été pour moi qu’un gentil petit conte. Peut-être est-ce dû au trop restreint nombre de pages qui ne m’a pas permis de m’immerger totalement dans l’histoire. Histoire qui aurait mérité selon moi d’être traitée un peu plus longuement.

Sophie, Beltane (lit en) Secret

 

Ce roman m’a assez surprise, dans le bon sens du terme, dans la mesure où je n’avais pas anticipé la tournure prise par l’histoire. Je m’attendais à un récit empreint de magie, j’ai trouvé un récit empreint de magie, de poésie, mais surtout de politique, de manigances en tout genre et de faux-semblants. Alors je vous rassure, l’auteur ne nous présente pas un débat politique rébarbatif, mais plutôt une histoire où les enjeux politiques et économiques sont au cœur de tout. Ils se révèlent d’ailleurs, bien que pour des raisons différentes, d’une importance capitale pour Séléna et son peuple, et pour le roi et l’affirmation de son autorité. (…) Au-delà des personnages, l’univers imaginé par l’auteur est un pur délice à découvrir d’autant que d’une plume élégante et poétique, il nous immerge dans son récit où la magie et la poésie sont intrinsèquement liées. Dans ce roman, il ne vous faudra pas, en effet, savoir manier la baguette pour lancer des sortilèges. Il vous faudra plutôt apprendre à manier avec délicatesse les mots et les rimes. Et attention aux plus distraits des alchimistes, la poésie pouvant se révéler mortelle quand elle n’est pas déclamée de manière rigoureuse et réfléchie. Lier magie et poésie est certainement l’idée qui m’a le plus séduite dans cette histoire puisque j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait, par ce biais, le côté presque enchanteur de la poésie. J’ai, dans tous les cas, fortement apprécié la place donnée à la poésie, un art que notre alchimiste maîtrise à merveille. J’aurais d’ailleurs adoré trouver, en fin d’ouvrage, certains de ses poèmes-sortilèges. Si vous êtes dans mon cas, vous apprécierez néanmoins la présence de poèmes, extraits de traités d’alchimie, en début de chapitre…

Audrey, Light & Smell

 

 

Catégorie Imaginaire, Sorceraid : Le fantôme de Waterlow -Les chroniques

Nora est une jeune diplômée, blogueuse mode à ses heures, qui vit à Londres et cherche du travail ! Lorsqu’elle découvre cette alléchante offre d’emploi sur Internet, elle ne se pose pas de question : elle fonce… Droit dans un bus ! Accident dont elle ressort sans une égratignure.
Cet exploit lui vaut d’être embauchée chez Sorceraid, société de conseil en solutions magiques. Nora passe donc ses journées à fournir à des sorciers décadents (ayant utilisé l’intégralité de leurs ressources en magie) les solutions aux problèmes existentiels de leur quotidien, tels que la résurrection d’Elvis Presley pour un anniversaire ou la traque d’un fantôme inopportun.
Bienvenue chez Sorceraid !

 

Auteur : Léna Lucily

Editeur : Autoédition

Nombre de pages : 148

Genre : Fantasy

1er tome

Ce qu’en ont pensé nos chroniqueurs

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Dés le départ, l’auteur me séduit par une plume d’une extrême fluidité. Elle a aussi pris le pari assez risqué de nous offrir très peu de contenu. En effet, l’histoire ne fait qu’une centaine de pages!
Mais ça fonctionne à merveille!
Je n’ai absolument pas ressenti ce sentiment familier de « va-vite » que je retrouve aisément dans de si courts romans. J’ai, au contraire, l’impression que l’auteur prend bien le temps de nous situer et nous familiariser avec son petit monde.

Et quel monde! J’ai trouvé le concept de « business magique » très original.
Nous sommes plongés dans le nouveau quotidien de Nora (ou Nova pour les clients) et j’ai adoré découvrir en quoi consistait son travail. Entre demandes farfelues et véritables aventures qui la mène à risquer sa vie, c’était parfaitement maîtrisé!
La magie est carrément omniprésente mais l’auteur ne nous en dévoile pas de trop non plus. Après tout, Nora est novice dans cet univers et il semble logique qu’elle apprenne au fur et à mesure. Ainsi, nous-mêmes, lecteurs, suivons son évolution et la suivrons encore volontiers au fil des tomes.

Emma, My Dear Ema

L’histoire est un très bon mélange de fantastique que l’on découvre grâce à Sorceraid et ses clients et de monde réel puisque Nora est une héroïne bien ancrée dans son siècle : téléphone portable, blog,.. J’ai particulièrement aimé la finesse dont fait preuve l’auteure pour mélanger ces deux mondes, faire qu’ils cohabitent de façon crédible. Elle est bien construite, sans temps mort, j’ai même trouvé qu’elle était trop courte tant j’ai pris plaisir à la lire. Entre l’arrivée de Nora à son nouveau poste et les aventures qui en découlent, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Car, bien sur, comme l’indique le titre il y a une histoire de fantôme.. (…)  Léna Lucily écrit de façon très légère, actuelle et ça donne un récit fluide et qui se lit très bien. Elle a choisit d’écrire cette série en épisodes, et j’avoue être de plus en plus fan de ce format. C’est plutôt court (et parfois frustrant), rapide à lire mais de cette façon on retrouve plus souvent des héros que l’on apprécie. J’ai tout spécialement aimé la façon dont SMS et mails étaient intégrés au récit. Ca apporte un petit côté moderne très sympa..

Emma, Et tu lis encore Emma

Ce premier épisode, ce premier roman court nous insère doucement dans l’univers. On rencontre les principaux acteurs de la série : les collègues de Nora. Et puis, on comprend l’immensité de cet univers, et tous les événements qui vont pouvoir s’y dérouler. Ce premier épisode a également vocation à donner le ton. Humoristique avec quelques touches horrifiques légères, l’aspect fantastique fait d’ores et déjà partie intégrante de l’histoire. L’humour est amené par petite touche, rendu grâce à cette façon de tout prendre au sérieux, alors même que nous ressentons toute la folie de certains événements, leur absurdité. C’est vraiment ce que j’ai le plus adoré : ce sérieux qui entraîne finalement un côté humoristique non négligeable. Un premier épisode haletant, qui ne laisse aucun répit aux lecteurs. Que ce soit les scènes à l’intérieur des locaux qui transpirent d’humour et celles à l’extérieur, pleines d’actions et rebondissements, on ne s’ennuie pas un seul instant !

Amélia, Les histoires d’Amélia et la culture geek

Le roman est court, mais ne donne pas le sentiment que l’auteure a bâclé son histoire. Bien au contraire, elle a réussi en peu de pages à donner les informations nécessaires pour que l’on se préfigure parfaitement l’environnement dans lequel évolue Nora. N’attendez donc pas de longues descriptions ou des passages contemplatifs, mais plutôt un récit mené tambour battant. Le livre se lit donc très vite d’autant qu’il possède le même côté entraînant et addictif que des séries comme L’accro du shopping de Sophie Kinsella. C’est donc le genre de récit parfait pour passer un petit moment de lecture agréable sans prise de tête, et pour décompresser, par exemple, d’une journée difficile ou chargée. À la manière d’un roman feel good, l’humour distillé tout au long du récit vous apportera, en outre, un certain réconfort, et l’envie irrépressible de suivre les péripéties de Nora, une fille ordinaire aux capacités extraordinaires. Il faut dire que cette héroïne est un peu la bonne copine que l’on aimerait tous avoir dans son entourage pour sa gentillesse et la dose de « dinguerie » qui rend sa vie si palpitante.

Audrey, Light & Smell

Avec une plume fraîche, drôle et légère, l’auteur nous parachute dans son univers magique, d’une manière tellement naturelle, que rien ne surprend. La construction narrative est de très belle qualité, emmenée par une plume fluide et addictive que l’on se surprend à lire avec frénésie.

Je salue le travail d’écriture de l’auteur, car je n’ai décelé aucune coquille, pas de répétitions superflues… Un excellent boulot ! (…)

150 pages de plaisir, sans temps mort, ni longueurs superflues, le tout est savamment dosé avec une construction qui maintient le suspense jusqu’à la toute fin, tout en amorçant la suite…

Julie, Ju Lit les Mots

Je trouve d’ailleurs que Léna Lucily a su intégrer les éléments magiques de manière très pertinente. Tout parait venir naturellement pour Nora et du coup la lecture n’est pas perturbée par ces éléments surnaturels. Leur découverte se fait petit à petit, de manière naturelle au cours du récit sans le ralentir ni que le lecteur croule sous les détails.

J’ai trouvé l’histoire traitée dans ce premier acte captivante, bien ficelée et elle apporte pas mal d’explication sur la présence de Nora chez Sorceraid.

J’ai aussi apprécié l’approche originale de la magie par un côté mercantile. C’est bien mené et je pense que ça peut donner à lieu à d’autres situations tout aussi intéressantes pour la suite.

Ivalena, Nualiv

Je crois que ce qui fait la grande force de cette oeuvre, c’est que son aspect fantasy est très bien ancré dans notre monde réel sans pour autant tomber dans les clichés habituels ou surfer sur la vague des réussites littéraires et/ou cinématographiques de ces dernières années ! Le monde du business magique ressemble d’ailleurs beaucoup à notre univers de travail tel que nous le connaissons et le vivons au quotidien, avec ses objectifs à atteindre, ses chefs tyranniques et sans états d’âme, ses clients-rois, ses collègues plus ou moins sympas et il en résulte une satire assez fine et drôle.

Le côté sérieux est habilement mêlé à un aspect farfelu, l’humour côtoie le suspense de manière très bien dosée et je me suis laissé embarquer dans ce récit avec une facilité déconcertante. De même j’ai été surprise par l’histoire elle-même et par les aventures de Nora, personnage attachant et drôle, bien loin de l’archétype de l’héroïne classique.

La plume est vive, légère, fraîche, enlevée et le propos fort inventif et coloré. De plus, aucune coquille n’est à déplorer et cela est suffisamment rare pour mériter d’être précisé.

Sophie, Beltane (lit en) Secret

Catégorie Imaginaire, Les Chroniques des Fleurs d’Opales – les chroniques

Si seulement j’avais su combien ma vie allait basculer.
Comment l’enfer m’aurait enchaînée.

Si seulement j’avais pu entrevoir les rouages du destin.
Les rencontres comme les pièges, les obstacles comme les révélations.

Si j’avais su mieux distinguer bontés et malveillances.
Amours, amitiés ou loyautés.

Cette histoire serait tout autre. Mon histoire.
Preuve que même les Dieux ne peuvent tout savoir.

Rare rescapée du massacre de son village natal, Diphtil, une jeune fille du peuple de l’Air, est sauvée en territoire ennemi grâce au symbole étrange qu’elle porte sur le front. Elle serait la cinquième fille de la Déesse Aveugle. Séquestrée dans un monastère et manipulée par le prêtre Sarïn qui compte la livrer au roi une fois ses pouvoirs éveillés, elle est libérée par son frère, Naid, qui la persuade de partir avec lui.
Sauf que les terres de l’Edenor sont semées de dangers et que la cruauté de certaines personnes, hantées par la haine et la guerre, s’opposent à la candeur de Diphtil, avide de découvrir ce monde dont elle a si peu joui.
Mais avant tout, elle veut échapper à son destin. Est-ce possible, lorsque l’on est vouée à devenir une Déesse ?

 

Auteur : Ielenna

Editeur : Graphein Editions

Nombre de pages  : 1303

Genre : Fantasy

1er tome

Ce qu’en ont pensé nos chroniqueurs

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Comment pourai-je faire une chronique objectif sur ce chef d’oeuvre ? Ielenna manie les mots à la perfection, cette épopée qui m’avait envoûté il y a plusieurs années m’a une nouvelle fois conquise. Et je retomberai amoureuse de cette histoire chaque fois que je la lirai, c’est certain ! J’avais 14 ans lorsque j’ai déniché l’univers de Diphtil, sept ans plus tard c’est avec une immense joie que je l’ai redécouvert. La plume de l’auteur est envoûtante, poétique sans être trop chargée, aucun mot ne pourrait être remplacé par un autre.

Audrey, La Tasse ébréchée

 

Quelle maîtrise, quelle plume! Par la barbe de Merlin, j’ai rarement lu autant de poésie dans un roman. L’auteure nous démontre une parfaite maîtrise de la langue française (j’ai même appris des nouveaux mots!) et c’est un régal.
Bon. Il est vrai que quand notre héroïne, Diphtil, se met à parler, le langage est vraiment plus que soutenu et ça en devient parfois ridicule. Au début, j’ai vraiment eu la crainte que ça m’agace… Mais il faut comprendre que l’auteure se plie aux exigences de son personnage. (…) Le premier tome est séparé en deux parties. La première, que je chronique donc présentement, sert réellement d’introduction. Ne t’attends pas à un gros remue-ménage, ça, c’est pour la partie 2. Alors, oui, parfois on ressent une certaine longueur, notamment au début. Ca ne dure pourtant jamais bien longtemps. La psychologie des personnages est tellement intéressante, l’univers lui-même si bien construit que c’est un véritable plaisir de tout découvrir, petit à petit. L’auteure a fourni un brillant effort niveau authenticité de son petit monde. Bien que ce soit un roman qui reprend tous les codes de la fantasy je n’ai pas eu cette impression de déjà-vu. J’ai vraiment découvert quelque chose de nouveau, quelque chose qui a muri, quelque chose qui a été minutieusement réfléchi et surtout quelque chose qui a été imaginé et travaillé avec beaucoup de passion.

Emma, My Dear Emma

 

C’est de la fantasy pleine de magie et de rêves, écrite comme un songe lointain. Il suffit de lire les mots d’Ielenna pour ressentir toute la magie qui émane de ce texte, et j’ai trouvé ça éblouissant. Nous avons donc là une superbe plume, avec un point négatif selon moi. J’ai trouvé qu’il y avait un peu trop d’adjectifs, portés par les figures de styles omni-présentes. Ça a rendu ma lecture parfois lourde. Néanmoins, ces descriptions même si elles peuvent paraître parfois un peu lourdes m’ont permis de mieux cerner les lieux et même les émotions. Par le jeu des structures de phrases, et son maniement quasi-parfait de la langue française, Ielenna réussit à nous faire passer toutes les émotions de ses personnages.
Outre cet aspect, chaque scène est posée dans son ensemble, l’auteur prend son temps pour nous décrire le décor, les personnages et l’action qui se joue. Aucune impasse n’est faite, nulle part, si bien que parfois on a tendance à s’éterniser.

Amélia, Les histoire d’Amélia et la culture Geek

 

L’introduction m’avait donné un aperçu du langage alambiqué qui est utilisé par la narratrice, mais je n’imaginais pas que ça deviendrait si pesant à la longue. En effet, le niveau très soutenu et élaboré de la langue enlève, selon moi, toute spontanéité au texte. Plus j’avançais dans ma lecture et plus je me suis focalisée sur cet aspect qui ne cessait de m’agacer. Je sais que c’est un choix délibéré de l’autrice, Ielenna, et qu’il s’explique tout à fait par le vécu de Diphtil, mais ces raisons ne suffisent pas à me faire oublier mon irritation. Je lis beaucoup de fantasy depuis nombre d’années ce qui influe sûrement mon jugement et m’a fait trouver l’intrigue un peu faible. En effet, elle, rentre dans un schéma ultra-classique de fantasy médiévale avec une héroïne qui découvre ses pouvoirs et, pour accomplir sa quête, s’entoure d’une bande d’amis qui la suivront, littéralement, au bout du monde et qui, comme pas hasard, sont tous dotés de compétences ou de pouvoir extraordinaires. Tous les codes et tous les stéréotypes du genre sont présents. Le récit est émaillé de passages que j’ai trouvé très lents et où je me suis un peu ennuyée. Par ailleurs, j’ai aussi eu l’impression d’un monde plutôt binaire. Malgré les personnages de Naid et d’Yasalyn qui apportent : du mystère pour le premier et des touches de gris pour la seconde, j’ai un ressenti d’un monde en noir et blanc.
J’ai été déçue par l’événement qui clôt l’ouvrage : je ne le trouve pas du tout crédible, presque ridicule. J’imagine qu’il sert de marchepied vers le tome suivant mais ça ne fonctionne pas pour moi.

Ivalena, Nualiv

L’auteure a un style d’écriture bien à elle : l’écriture est travaillée, le langage soutenu mais tout ceci apporte une certaine lourdeur au roman et lui enlève de son naturel. J’ai ainsi eu du mal à lire ce roman d’une traite, il est assez long et j’ai donc fait une pause avec un autre roman vers la moitié de ma lecture. C’est dommage car je pense que j’aurai vraiment plus accroché à l’intrigue avec un roman moins lourd à lire. (…) L’idée de départ est plus qu’intéressante, les personnages ne se ressemblent pas tous, il y a de nombreux rebondissements (c’est eux qui m’ont fait tenir tout le long du roman)… Le tout aurait pu faire un excellent roman de fantasy à la construction somme toute classique mais à l’intrigue originale. (…)  Je suis persuadée que la plume de l’auteure plaira à ceux d’entre vous qui appréciez les plumes assez travaillée mais ça ne l’a malheureusement pas fait avec moi !

Célestine, Des mots dans ma bibliothèque