Interview : Erika Boyer

Erika Boyer est l’auteur du roman Hyacinthe : Tout en nuances t. 1, concourant dans la catégorie Romance.

Bonjour Erika, tout d’abord pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je suis un auteur indépendant de bientôt vingt-neuf ans qui vit dans la région bordelaise. J’écris de la littérature contemporaine et sentimentale depuis maintenant deux ans et je suis passionnée par l’être humain et ses émotions. Mes écrits sont donc presque toujours axés sur cela et en particulier sur l’amour, sous toutes ses formes.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Quel a été l’élément déclencheur ?

L’envie d’écrire ? C’était sans aucun doute le besoin. J’ai toujours eu des difficultés à verbaliser mes émotions et il m’a toujours semblé plus simple (et libérateur) de les coucher sur papier. Cependant, si on parle de publication, je dirais que c’est un pur hasard. J’ai écrit mon premier roman, ‘Pardon’, suite à une discussion avec une amie d’enfance sur la littérature et mon envie de lire sur le sujet tabou qu’est l’amour entre un frère et une sœur. Lorsque j’ai été incapable de trouver mon bonheur en ligne, l’idée de l’écrire moi-même est apparue et je me suis donc lancée dans l’écriture de mon premier livre, sans savoir que je ferai ensuite de l’écriture mon métier !

Que représente l’écriture pour vous ? Pourquoi de la Romance ?

L’écriture est une nécessité. Je ne pourrais pas fonctionner correctement, vivre normalement, sans écrire. En tant qu’hypersensible, je ressens une foule d’émotions, constamment, et comme je suis incapable de m’en libérer autrement qu’en écrivant, cela compliquerait ma vie si je ne pouvais plus écrire. C’est aussi ma voix, finalement, la façon dont je partage avec les autres ce que je pense, ce que je ressens, ce que je vis. C’est ainsi que je passe des messages et que je mène mes combats. Mon arme contre les inégalités, l’homophobie, le racisme, etc., c’est ma plume.

Au-delà du fait que je suis une grande amatrice de romance, j’en écris parce que j’aime l’amour. C’est le sentiment le plus fort, selon moi (l’amitié étant une forme d’amour, au même titre que la passion, par exemple), et je trouve fascinant de voir comme nous aimons tous de manière différente et comme l’amour, ou son absence, peut nous faire faire des choses incroyables. Et puisque la romance a pour thème principal l’amour, il était évident que je devais me tourner vers ce genre littéraire.

Pourquoi avoir choisi l’autoédition ?

Au début, je n’y ai pas trop réfléchi. Je voulais imprimer ‘Pardon’ pour mes proches et moi-même, je ne comptais pas me publier pour me vendre et l’option « impression à la demande » me semblait donc être une bonne idée. Finalement, quand j’ai décidé de continuer à écrire et de réaliser mon rêve d’enfant, c’est à dire devenir auteur, j’ai décidé de rester en auto-édition car j’aimais énormément l’indépendance dont je jouissais grâce à cette méthode de publication.

Vous avez écrit 6 romans. Comment est venue l’idée des thèmes abordés ?

Il y a certaines thématiques que j’ai choisi d’aborder parce qu’elle m’intéressait et parce que je pensais qu’il était important d’exprimer mon point de vue sur la question et d’offrir une autre vision aux gens qui me liraient. Je suis convaincue que la meilleure façon d’ouvrir les yeux et l’esprit des gens, c’est en les laissant modeler leur opinion eux-mêmes, grâce à une lecture par exemple, et certainement pas en y allant avec force. (En tout cas, c’est ainsi que je fonctionne. Je ne compte plus le nombre de fois où ma propre opinion a changé grâce à un livre, où j’ai réalisé mes erreurs quand je m’étais braquée face à l’agression de certains extrémistes.) L’inceste consenti, l’homosexualité, la beauté physique, le sexisme, la dépression… tous ces sujets ne me concernent pas forcément directement mais ils me touchent car ils sont douloureux pour certains, parfois incompris, parfois juste montrés du doigt, alors j’ai écrit dessus pour peut-être changer la vision d’autres personnes. Cela ne marchera peut-être qu’avec un ou deux lecteurs, mais ce sera toujours un ou deux ; mon combat n’aura pas été vain !

Comment est né le personnage de Hyacinthe ?

Hyacinthe est ma version humaine d’un dieu gréco-romain très connu, dont je tairai le nom pour que chacun puisse essayer de le découvrir en lisant le livre ! Il est ce que, selon moi, cette divinité aurait pu être si elle avait existé sur notre planète, sans pouvoir, aucun. Il est aussi né de ce que me font ressentir les paysages dans lesquels il évolue et des bijoux que je l’ai vu créer (dans ma tête) qui existent réellement ! Pour les curieux, l’histoire se passe dans la Réserve du Néouvielle et les bijoux qui m’ont inspirée sont les créations de la marque française Faërie.

Le handicap, la différence, le regard des autres sont des thèmes qui vous tiennent à cœur et cela se ressent dans votre livre. Un désir particulier de les mettre en avant ?

J’ai beaucoup souffert d’être différente des autres, pas physiquement, plutôt à l’intérieur. En tant qu’hypersensible, j’ai toujours ressenti les choses très différemment des autres, en tant que pansexuelle, je me suis également sentie à part. Ma vision du monde a toujours été assez unique et les jugements ont été nombreux, me faisant perdre confiance en moi, me faisant me sentir anormale. Je n’ai ni le handicap de Hyacinthe, ni sa cicatrice, mais j’ai été regardée négativement, comme lui, et j’ai aussi senti les regards peser sur mon physique qui était loin des standards qu’imposait la société à l’époque. Je pense qu’à travers ce personnage, je voulais rappeler (aux autres comme à moi-même) qu’on était tous différents et que même si on ne plaisait pas à tout le monde, on finirait forcément par croiser quelqu’un qui nous aimerait pour ce que l’on est.

Comment s’est imposé à vous le choix du récit à la troisième personne ?

J’écris parfois à la première, parfois à la troisième, je ne sais pas vraiment ce qui me décide ou non. Généralement, cela vient tout seul. Ici, je voulais alterner les points de vue en entrant dans la tête d’Elea puis de Hyacinthe, mais je voulais éviter le langage un peu trop courant qu’impose parfois l’écriture à la première personne. Je cherchais quelque chose de plus poétique et aérien, ce que m’inspirait les paysages où cela se déroule. Du coup, j’ai écrit à la troisième personne et cela m’a satisfaite !

Votre passion pour la mythologie est très bien représentée et vous donnez envie à vos lecteurs de la découvrir un peu plus. Cette envie s’est-elle imposée à vous pour votre récit ou bien c’est une passion que vous aviez et que vous souhaitiez exploiter pour votre intrigue ? Comment vous est venue cette envie ?

Sans être une grande connaisseuse de la mythologie gréco-romaine, je l’ai un peu étudiée au collège et mon amour pour le ciel m’a aussi poussée à en apprendre plus, notamment grâce aux constellations. J’ai vu et lu beaucoup de choses où l’on fait référence à ces grandes divinités et à leurs histoires parfois incroyablement absurdes, et cela m’a beaucoup inspirée. Plus je me renseignais, plus je voyais que c’était finalement un reflet exagéré de l’humanité. Mais surtout, j’ai commencé à me dire « Mais comment ces Dieux auraient-ils été s’ils avaient vécu en tant qu’humain avec leur personnalité et peut-être même leur histoire ? » et j’ai réfléchi à la manière dont je pourrais aborder ça. De nouvelles questions ont alors pris forme dans ma tête « Comment expliquer que Zeus a tant d’enfants ? Quelle aurait été la relation d’Athéna et Arès ? Est-ce qu’Aphrodite aurait vraiment épousé Héphaïstos, dans notre monde ? » J’ai eu plein de questions du genre et les choses se sont de suite mises en place dans mon esprit, mon imagination s’est mise à travailler ! Finalement, je trouve que c’est amusant pour le lecteur d’essayer de deviner quel dieu ou quelle déesse m’a inspirée et j’espère qu’ils le pensent aussi.

Hyacinthe (Tout en nuances) est le premier d’une série. En combien de tomes pensez-vous pouvoir mettre en œuvre ? Quelles autres thématiques allez-vous aborder ?

Il y aura dix tomes pour douze divinités (certaines se partageront le même livre). Il n’est pas dit que je ne décide pas d’en faire plus sur d’autres que les dieux et déesses de l’Olympe, comme les Titans, les Nymphes, Narcisse, ou qui sais-je, mais pour la série principale, dix tomes sont prévus. Plusieurs sujets seront abordés plus ou moins en profondeur, notamment la religion, la guerre et ses conséquences sur celui qui y prend part, les secrets de famille… et bien sûr, l’amour sous différentes formes. Les personnages de cette série ont des orientations sexuelles variées et si cela n’aura aucun impact pour certains, cela changera la vie d’autres et deviendra alors le thème central de l’histoire. Cette série est finalement assez simple, elle me permet, à travers l’écriture des morceaux de vie de différents personnages, de montrer une partie de la diversité de notre monde et la beauté de l’amour (pas uniquement amoureux, la passion et l’amitié devraient être de la partie).

Qu’est-ce qui vous a motivé à concourir pour le Prix des auteurs inconnus ?

J’avais envie de savoir si en quelques lignes, ma plume pouvait plaire assez pour qu’on ait envie de me lire plus et, ensuite, j’avais très envie d’avoir de nouveaux avis sur mon livre, venant potentiellement de gens ne m’ayant jamais lue. Et bien sûr, ne nous mentons pas, parce que je me disais que si j’étais sélectionnée, cela m’offrirait une certaine visibilité, dont je suis reconnaissante !

Enfin, finissons ensemble façon portrait chinois 😉

Si vous étiez un sens, vous seriez ? La vue, simplement parce que je ne peux pas m’en passer !

Si vous étiez un personnage mythique, vous seriez ? Peut-être Lilith qui est, selon certains, la première féministe à avoir touché le sol de notre jolie planète ; )

Si vous étiez une œuvre d’art, vous seriez ? N’importe quelle chanson écrite et interprétée par l’artiste Kim Jonghyun, c’est lui qui m’a façonnée, je ne peux qu’être une de ses œuvres.

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