Interview : Bastien Pantalé

Bastien Pantalé est l’auteur du roman Sublimation, concourant dans la catégorie Imaginaire.

  • Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs votre univers ?

Le salut à toutes et tous !

Tout d’abord, merci de donner au modeste scribouillard que je suis l’opportunité de s’exprimer autrement que par le truchement de ses livres.
Varié ! C’est le mot clé pour désigner le patchwork constitué par mes bouquins. Si tout est parti d’un premier roman inclassable, de l’avis de tous, et un peu perché par sa dimension sensorielle (L’Éveil), je me suis ensuite attaqué à des genres aussi divers que la science-fiction (avec le cycle Ascendance), le thriller (avec Sublimation), le roman plus sentimental (avec De nos propres mains), ou encore l’horreur (avec Remanere), l’érotisme ou le témoignage. J’écris ce qui me vient, sans penser à une quelconque fidélité à un genre spécifique, et en adaptant le style d’écriture à l’ambiance recherchée. J’explore surtout des thèmes et des sujets qui me tiennent à cœur, où je suis à peu près certain de ne pas tourner en rond, de n’ennuyer ni moi ni le lecteur. Parmi ceux-là, il est souvent question d’éducation, d’évolution, d’écologie, mais aussi du corps et de l’esprit. Mon écriture est souvent décrite comme très visuelle, voire cinématographique.

Bon, commercialement, cette diversité est  loin d’être une recette miracle, car beaucoup de lecteurs s’y perdent. Mais je m’en bats copieusement les gonades, ce n’est pas l’appel des pépètes qui dictera ce que je dois écrire. Heureusement que les fidèles sont là à chaque sortie. Merci !

  • Pourquoi avoir fait concourir Sublimation dans la catégorie Imaginaire ? Ne pensez-vous pas prendre un risque avec Sublimation qui est un polar ?

Un risque ? Quel risque ? Il ne me semble pas avoir quoi que ce soit à perdre, si ?

Plusieurs lecteurs m’ont incité à proposer Sublimation pour le Prix. Moi, obéissant, je m’exécute hein. Seulement voilà, les organisatrices faisaient leurs armes et n’avaient pas pensé à prendre en compte l’un des genres littéraires les plus vendus en France, le polar et le thriller. Aucune autre catégorie qu’Imaginaire ne convenait à ce livre, mais bon, dans un sens, c’est de la fiction, donc de l’imaginaire ! Hein ? Vous l’aurez compris, je me fiche un peu des étiquettes. Après, c’est certain qu’au milieu d’ouvrages de Fantasy, elle fait un peu tache, mon œuvre d’art sanguinolente.

  • Comment est venue cette passion de l’écriture ?

Un besoin plus qu’une passion. Je m’allonge sur votre divan et je m’explique.

A l’école, j’ai toujours aimé manier les mots. Jusqu’à mes 28 ans, mes seuls écrits se bornaient à des devoirs d’expression écrite et des rédactions appliquées, ainsi qu’à des courriers suivis avec grand-maman. Pas même un bourgeon de journal intime.

Un jour, le déclic. Soucis de santé, années de galères professionnelles consécutives, le temps était venu de me poser les bonnes questions. A savoir : ce que je savais faire de mes propres mains ! Bah, ça paraît con, mais l’écriture est tout ce qui sorti de cette profonde mais courte introspection. Oh, j’aurais bien retenu les Services à la personne, dans la branche du plaisir, mais la Chambre des Métiers reconnaît assez mal la profession.

Du coup, je me retrouvais là, avec mon clavier et cette foule de sensations qui se pressaient pour être retranscrites à l’écrit. L’Éveil était lancé, avec une idée directrice, mais sans réel objectif. En roue libre, le type ! Ça m’a fait un bien fou, jusqu’au point final et à la conviction que je venais de trouver ma voie. La nécessité d’écrire, c’est indescriptible. Un truc viscéral comme ça, on ne cherche pas à le comprendre, on s’exécute, c’est tout.

  • Pensez-vous que le fait d’écrire permet un certain regard sur la société ?

Bien sûr. Sur la société, sur l’âme humaine, l’esprit, l’amour, le futur, l’espoir… Pourquoi écrire, sinon ? Les thèmes sont très variés. C’est en cela que réside la richesse de la littérature. Je n’écrirais pas si je n’avais rien à dire. Aussi, vous trouverez toujours des messages plus ou moins dissimulés dans mes bouquins, des pistes de progrès peut-être, ou des pensées un peu utopiques parfois. Il n’empêche que ce sont elles qui nous font rêver et nous évader, au moins le temps d’une lecture.

  • Qu’avez-vous envie de transmettre à vos lecteurs ?

Je ne vais pas me faire que des potes, mais un peu de réflexion ! Sous couvert d’un imaginaire assez riche (paraît-il), d’un moment d’évasion, de sentiments, d’émotions ou encore de visions dépaysantes, j’ai bon espoir d’inciter l’esprit du lecteur à aller plus loin, à voir ce qui n’est pas écrit, et peut-être, qui sait, à suivre ces pistes que je crois dignes d’intérêt.

Ensuite, si je peux transmettre un peu de culture (le fruit de mes recherches), d’empathie (ce serait bien si elle était contagieuse) et de bonheur, tout simplement, ce sera un pari gagné.

  • Comment se sont imposés vos personnages ? Certains sont-ils des références personnelles ?

*JOKER*

Plus sérieusement, en tant que spectateur, observateur, voyeur bref, individu très visuel, lorsque je plante un personnage, ses premiers traits et sa personnalité, une image assez nette s’imprime là, juste derrière mon front. Encore une chose qui ne se décrit pas. Je ne cherche pas à comprendre ces choses-là. Pourquoi est-ce un Polynésien qui s’est imposé à moi dans le rôle de ce flic bourru ? Je ne saurais l’expliquer. Peut-être avais-je déjà le prénom de Manoa en tête et que la suite en a découlé naturellement. Peut-être que la sonorité du nom de Bonhoure rappelle ce tempérament bourru.

Par contre, et c’est souvent le cas dans les livres ou les films qui nous marquent, la personnalité et les motivations des « méchants » sont autrement plus significatives que celles des « gentils ». J’ai pris beaucoup plus de plaisir à créer le Sculpteur qu’aucun autre personnage. Ils possèdent tous leurs bagages, des raisons à tel ou tel caractère, mais avec lui, c’est particulier. D’ailleurs, la plupart des lecteurs de Sublimation ont admis avoir ressenti  de l’empathie pour ce sociopathe. C’est tout ce que je demandais.

Des références personnelles ? Comme un personnage fétiche de série, de film, ou de la vie réelle que je voudrais mettre en scène ? Non, jamais. Mes personnages habitent à tour de rôle mes multiples personnalités et caractères, autant que ceux de connaissances plus ou moins proches, mais cela reste du domaine de l’inspiration, sans hommage quelconque. Bon, OK, pour Remanere, c’est un peu différent puisque j’ai donné à tous mes personnages les noms d’auteurs indépendants et de chroniqueurs que vous avez pu croiser sur la toile. Mais j’vous jure, je ne leur ai emprunté que les noms !

  • Quelles sont vos références en matière de littérature ?

Des auteurs d’aujourd’hui et d’hier, dans des genres très variés et aux styles très différents.

En vrac, Frank Herbert, Thomas Harris, Patrick Süskind, René Barjavel, Emile Zola, Théophile Gautier, Iom Kosta, Anna Gavalda, Bernard Werber, Arthur Conan Doyle, Jules Verne, Jon Krakauer, Frédéric Soulier, Gorge Orwell… Pas beaucoup de Dames, dans cette liste, ça me déprime ! Mais j’ai encore beaucoup d’auteurs classiques et contemporains à découvrir, en particulier dans mon genre de prédilection qu’est la science-fiction.

  • Que représente pour vous le Prix des Auteurs Inconnus et pourquoi avoir eu envie de mettre votre livre en concurrence avec d’autres auteurs ?

Ce n’est pas du tout la concurrence qui m’intéresse, car j’ai autant d’esprit de compétition qu’un bulot sous prozac, mais plutôt l’opportunité de faire lire mon premier thriller à quelques personnes (vous, les chroniqueurs), et qui sait, par votre biais, à quelques autres (vous, les lecteurs spectateurs). Le classement final n’a aucune importance, car je ne perds pas de vue qu’un avis, même étayé et argumenté, restera toujours subjectif. Bon évidemment, un livre bourré de coquilles avec une intrigue sans queue ni tête est indéfendable, mais je ne pense pas que ceux-là aient été retenus pour le Prix.

En tant que lecteur, on réceptionne une histoire à un instant T, avec notre état d’esprit du moment, notre disponibilité mentale et surtout, notre sensibilité qui elle, est très variable. Un retour de lecture est donc très personnel, et pourra être radicalement différent d’une personne à l’autre, selon ses aspirations, ses intérêts, ses bagages personnels et sa psychologie au moment de la lecture. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que ce phénomène-là  contribue sacrément à la beauté de notre passion.

  • Comment envisagez-vous la suite en tant qu’auteur ?

Continuer à poser des pierres, une par une, avec patience et acharnement. Quatre années depuis mon premier roman. A chaque publication une bulle de lecteur qui gonfle, gonfle. Quatre années, six romans et trois textes courts. Et toujours cette conviction, car je ne sais rien faire d’autre.

La suite ? Je l’envisage bien. Poursuivre mes efforts, ma lutte quotidienne avec les doutes et les douleurs, et surtout, continuer à profiter des retours touchants de ceux que j’ai su embarquer au fil de mes lignes. Sérieux, s’il n’y avait pas cet écran entre vous et moi, je ne sais pas ce qui me retiendrait de vous galoc… câliner, câliner !

  • Que diriez-vous à des lecteurs, pour leur donner envie de vous lire ?

J’ai faim !
Ah non, merde, la blague est éculée. Heu… Je ne sais pas me vendre. Vous autres lecteurs faites ça  mille fois mieux que nous. Hum… Il paraît que j’écris des phrases pas trop bêtes qui se lisent de façon fluide, rythmée. Il y a du contenu dans mes livres, un peu de recherches, parce que je ne prends pas mes lecteurs pour des buses, du cœur aussi (et là je ne parle pas que de Remanere), et de l’évasion, beaucoup. Mes livres sont concernants, voilà. Ce mot n’existe pas, ne cherchez pas !

(Il prend une voix de poissonnier) Polar, thriller, science-fiction, romance, horreur, érotisme, témoignage… Approchez approchez, chez Pantalé, il y en a pour tous les goûts !

  • Vous venez de publier il y a peu une nouvelle horrifique « Remanere », que signifie ce titre ? J’ai l’impression que cela change de vos écrits habituels qui sont d’un genre plus fantastique. Les zombis vous y croyez ?

Remanere, c’est l’infinitif latin signifiant demeurer, rester, persister, subsister… et par extension ici, survivre. Rémanence était déjà pris, alors j’ai improvisé. Pour de l’horreur, le latin, ça passe crème.

Qu’y a-t-il de plus fantastique que le thème des zombis ? Comme mentionné plus haut, je n’ai pas d’habitude d’écriture, en matière de genre du moins, car des manies j’en ai un paquet. Le seul qui sera « à la frontière entre le réel et le surnaturel », comme l’a mentionné un lecteur, sera peut-être L’Éveil, et il tombera donc plus facilement dans le sac du Fantastique. Le reste, non. Cela étant dit, je tiens à préciser que vous ne trouverez pas en Remanere une énième copie des séries à succès telles que The Walking Dead. D’ailleurs, le terme « zombi » n’apparaît pas dans le livre.

Si je crois aux zombis ? (Rire sarcastique). Il n’y a qu’à regarder autour de nous au quotidien pour en voir des millions.

Quoi ? C’est tout ? Même pas des questions intrusives type « fantasmez-vous sur certains de vos personnages ? », « à propos de vos gonades… » ou « admirez-vous les œuvres d’art du Sculpteur ? » Et moi qui étais prêt à me mettre à poil…
Merci pour ce moment en votre compagnie. Bon, en vrai, j’étais tout seul avec mon clavier, mais j’espère que votre curiosité est satisfaite.

N’oubliez pas de lire ! Amitiés


Retrouvez Bastien Pantalé sur :

Compte facebook : https://www.facebook.com/B.Pantale

Site : https://editionslintemporel.wordpress.com/

Retrouvez les chroniques sur ce roman par ici.

A propos de l'auteur

Lectrice avide de découvertes, Amélia a à cœur d'aider les "petits" auteurs à se faire connaître, à travers son blog Culture Geek et Cie, mais aussi dorénavant à travers ce prix.

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