Interview : Nico Bally

Nico Bally est l’auteur du roman Le Baron Miaou, concourant dans la catégorie Imaginaire.

  • Auteur de romans jeunesses et détentes, racontez-nous votre entrée dans ce milieu littéraire.
Je me suis tourné vers la littérature jeunesse car j’en lis de plus en plus. J’y retrouve mon amour pour les histoires créatives, au rythme soutenu et au style clair.
La jeunesse peut se permettre d’être fun et de mélanger les genres, tout en ayant un lectorat exigeant. C’est pour moi la littérature la plus exaltante et imaginative, en tant que lecteur et en tant qu’auteur !
  • Vos romans sont auto-édités, parlez-nous de bons et mauvais côtés de ce mode d’édition.

Le bon côté évident c’est que les textes sont publiés, et donc lisibles. J’utilise l’auto-édition comme dernier recours, car rien ne vaut l’édition traditionnelle : on y est accompagné pour les corrections, on est largement diffusé, c’est pour moi la meilleure solution.

En auto-édition on est tout seul, ce qui est à double-tranchant : aucun conseil de corrections, mais liberté totale pour le contenu, le format, la couverture…
Je comprends que des auteurs préfèrent l’auto-édition, sans soumettre leurs manuscrits aux éditeurs avant, mais j’ai envie de perfectionner mes textes et d’être lisible par le plus de monde possible, alors je tente toujours l’édition tradi en premier, et en cas d’échec j’auto-publie.
  • Le Baron Miaou est un roman jeunesse passionnant, et empreint de magie, quel est la genèse de ce récit ?

Les personnages remontent au temps où j’écrivais des nouvelles. Elles étaient souvent très sombres, ce qui étonnait mon entourage qui me trouvait fun et optimiste. J’avais donc décidé de développer des univers plus colorés, fantasques, inspirés des contes. J’ai écris plusieurs histoires du Baron Miaou, de Jacques Mains-Froides et de Nhadda Cranne, séparément, puis en équipe. D’autres personnages viennent de vieux textes de ma « période grise » (Mourioche et ceux qui apparaissent dans les derniers chapitres… je ne vais spoiler :p).

Puis j’ai monté plusieurs projets d’albums illustrés avec Nicolas Trève, qui a fait les illustrations de L’OEil Clos (mon premier roman chez un vrai éditeur), dont un qui correspond au début du roman (la fête des lanternes). Nous n’avons trouvé personne pour le publier… J’ai recyclé l’album en démarrage de roman.
Ce fut donc une genèse chaotique, ce qui peut expliquer le côté carnavalesque du livre !
  • Le masque revêt une signification importante dans ce roman, quels sont les messages que vous vouliez véhiculer ?
J’étais comme Nadhha Cranne quand j’étais petit : je ne voulais pas qu’on me voit, qu’on me juge par mon apparence.
J’ai très peu de photos de moi enfant et ado, alors que mon père est photographe. Je le faisais désespérer !
Les masques de Nadhha sont là pour parler de ça, mais aussi du fait qu’on a en nous plusieurs visages réels. Je pense que tout le monde aimerait pouvoir changer de tête selon son humeur et selon ce qu’on a à dire. Nadhha est servile devant un client, fabuleuse quand elle se sent inspirée, discrète quand elle veut s’effacer… Et ce ne sont pas des visages hérités, subis, ce sont ses propres créations, elle montre qui elle est en portant ses masques.
Notre apparence est une forme de mensonge, elle ne dit pas qui on est vraiment. Mais il faut savoir l’accepter et en tirer des leçons sur la manière dont on juge les autres.
  • Auteur de plusieurs romans, quel est votre premier livre publié ? Qu’avez-vous ressenti en l’exposant au monde ? Et surtout, à la critique ?
J’y suis allé par petites étapes : j’ai publié des nouvelles (une centaine au total !), puis un fanzine a sorti un hors-série uniquement avec mes textes (« Avertissement à qui voudra m’aimer » par Le Calepin Jaune), et j’ai participé à un livre concept (« Fading Landscapes ») qui proposait des photographies de Peter Bengtsen, un CD de Lambwool et un de mes contes obscurs. Ensuite j’ai auto-publié des mini-romans aujourd’hui introuvables, et enfin un premier roman fix-up chez un vrai éditeur (« L’OEil Clos » chez Malpertuis).
Mes romans jeunesse marquent une nouvelle période dans ma vie d’auteur. Quasiment rien de ce que j’ai écrit avant n’est aujourd’hui disponible.
J’ai eu le temps de m’habituer à l’extase de voir mes histoires dans les rayons des librairies, avec mon nom sur la couverture, de savoir que j’étais lu… Comme je m’inspire beaucoup de mes rêves, c’est comme d’ouvrir sa tête pour pouvoir envoyer toutes les choses bizarres qui y grouillent dans l’esprit d’autres gens, c’est le summum de la communication ! Mais c’est aussi s’exposer aux jugements, il faut apprendre à supporter la critique, ce qui n’a pas été facile. C’est une expérience grisante dont je ne me lasse pas. Chaque nouvelle critique me fait vibrer.
  • Perdu dans vos écrits jeunesses se cache du feel-good et même du roman plus noir, pourquoi cette diversité de genres littéraires ?
Parce que j’ai toujours lu beaucoup de choses différentes. Je suis un lecteur curieux, donc un auteur curieux. Dès qu’une oeuvre m’impressionne, j’ai envie de m’y frotter !
A force d’écrire, je trouve où sont mes points forts et mes points faibles. Chaque nouvelle publication est un test, un exercice, qui m’amène à mieux cerner mon écriture.
Et puis nous avons tous des facettes multiples. Après tout, Paul Mc Cartney a sorti 5 albums de musique classique, et Stephen King a écrit de la jeunesse…
  • Lorsque vous avez proposé Le Baron Miaou au prix, vous attendiez-vous à être sélectionné ? Que pensez-vous des critiques reçues depuis ?
J’avoue, je ne m’attendais à rien du tout. J’ai juste tenté ma chance pour voir ce que ça donnerait.
En lisant toutes les critiques qui ont été écrites depuis, je suis aux anges. Cette sélection est clairement une étape déterminante dans la vie du roman. Aucun éditeur n’en a voulu, mais vous l’avez sélectionné, et je me rends compte que c’est une validation précieuse !
  • Avez-vous d’autres projets en cours ?
Oui, toujours ! Je continue avec ce qui me plait le plus et semble avoir le plus de succès : de la jeunesse, de la magie, des animaux et des univers uniques.
  • Pour terminer, je laisse la parole au Baron.
« Pour que l’on vous écoute, gardez le silence. Ne parlez que quand il le faut absolument, et soyez bref. « 

Retrouvez Nico Bally sur :
Retrouvez les chroniques sur ce roman par ici.

A propos de l'auteur

Lectrice avide de découvertes, Amélia a à cœur d'aider les "petits" auteurs à se faire connaître, à travers son blog Culture Geek et Cie, mais aussi dorénavant à travers ce prix.

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