Interview : Oxanna Hope

Oxanna Hope est l’auteur du roman Lebenstunnel, concourant dans la catégorie Imaginaire.

  • Votre nom est particulier, rythmé même, que représente-t-il pour vous ? Sa signification ?

Mon prénom représente ma passion pour tout ce qui touche à la Russie, et mon nom celle pour les États-Unis puisque « Hope » signifie l’espoir. Je suis une personne paradoxale et mon identité en est le reflet.

  • Vous écrivez dans les genres de l’imaginaire, et plus encore, du Young Adult, pourquoi vos écrits ont-ils pris une telle trajectoire ?

Ce que j’aime dans le genre Young adult, c’est qu’il montre souvent les faces sombres de notre monde, surtout quand il s’agit de romans imaginant ce que pourrait être notre futur ou notre présent dans d’autres circonstances que celles que l’on connaît actuellement. Les jeunes héros de ces ouvrages doivent, au travers des épreuves qu’ils traversent, montrer leurs véritables visages et valeurs dans la difficulté et l’adversité. Ce sont des livres qui me font réfléchir.

  • Lebenstunnel est une uchronie osée, qu’est-ce qui vous a décidé à relever un tel pari ? Étiez-vous inquiète de l’impact sur le public ?

La Shoah est un sujet qui m’a touchée moralement dès l’enfance.Je n’ai jamais compris comment des êtres humains doués d’un cœur et d’une âme avaient pu perpétrer de tels actes au nom d’une idéologie et je ne le comprends toujours pas. Anne Frank est devenue, à partir de ce moment, un personnage important dans ma vie. Je la vois comme un personnage dramatique et fort à la fois.

Et puis, comme beaucoup de collégiennes, j’ai eu une correspondante allemande qui est encore mon amie à ce jour et dont j’ai choisi de donner son nom à mon héroïne pour la remercier de sa longue amitié. Ses grands-parents me détestaient et refusaient de me voir parce que j’étais française et ça m’a beaucoup choquée parce je n’étais qu’une gamine de onze ans et que je ne me sentais pas concernée par cette guerre menée par eux contre mon peuple. Pas plus que ne l’était ma correspondante vis-à-vis de mes grands-parents qui, eux, l’acceptaient sans préjugés.

Si j’avais toujours vu le contexte de cette Shoah du point de vue des victimes, en me plongeant dans des recherches sur le sujet des lebensborn (la fabrique des enfants parfaits de Boris Thiolay) et des documentaires pour un thriller, il m’est venu l’idée de me demander quel aurait été le point de vue d’une jeune fille Aryenne.On n’y pense que très rarement, mais il y a toujours le regard des deux côtés : celui des victimes et celui des coupables, sauf que l’on n’est pas forcément coupable sous prétexte que l’on est du mauvais côté. J’ai décidé de prendre le risque de choisir le côté des coupables en la personne de Krista. En cela, l’écriture de Lebenstunnel a été très dure pour moi parce que lorsqu’on est à fond pour l’autre équipe justement, jouer le rôle d’un jouer de l’autre camp n’est pas facile.

L’impact le plus difficile à appréhender pour les lecteurs selon moi concernait le ressenti des gens vis-à-vis de l’appartenance de Krista à un peuple détesté. Le fait qu’elle soit une Aryenne faisait d’elle d’office une personne mauvaise. J’ai eu la chance que les lecteurs soient assez ouverts pour ne pas porter immédiatement un jugement arbitraire sur elle.Tout le monde n’a pas forcément été très ouvert pour cela, je l’ai découvert à mon grand étonnement, néanmoins. Parfois les messages qu’on voudrait positifs ne passent pas.

  • Lebenstunnel véhicule des thématiques sociétales importantes, que l’on retrouve régulièrement dans le Young Adult, parlez-nous un peu des messages que vous avez voulu faire passer.

Ce que je voulais faire passer avant tout était le fait qu’il ne faut jamais catégoriser les gens. Ne pas penser que toute personne est mauvaise parce qu’elle est issue d’un milieu plutôt que d’une autre. Lui laisser la chance de prouver ce qu’elle vaut avant tout. Parmi les Allemands de l’époque de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup étaient contre le pouvoir en place. Mais nous savons que le pouvoir est toujours plus puissant et écrase quiconque se rebelle. C’est aussi une idéologie qui est prônée dans les livres tels que Hunger Games, comme dans majorité de dystopies, du reste, et je ne pense pas que ça changera un jour, que ce soit dans l’imaginaire ou la réalité.

Le second message que je voulais faire passer était qu’il n’existe pas, à mes yeux, de côté blanc et de côté noir, de gentils ou de méchants. Je crois qu’il y a juste des gens. Et parmi ceux dont on dit qu’ils sont du bon côté, il y a des personnes vénéneuses, prêtes à voler,à tuer pour l’appât du gain ou d’autres raisons qui leur sont propres. Tout comme dans le mauvais clan, il y a de bonnes personnes. Le monde n’est fait que de gris et c’est bien pour ça qu’il est difficile de choisir un camp plutôt qu’un autre. Parce qu’il y a tellement de nuances qu’on finit par s’y perdre.

  • Finalement, les critiques sont plus que positives, vous attendiez-vous à un tel accueil ? Vous attendiez-vous à être sélectionné pour le prix ?

Oui, je suis vraiment contente d’avoir découvert que beaucoup de chroniques étaient positives, je ne m’attendais pas forcément à de si bons retours et j’en suis très heureuse. Ça me touche vraiment parce qu’il m’importait tellement que cette histoire plaise et que le message délivré par Krista passe.

Sincèrement, pas vraiment. Il y a tellement de livres qui méritent d’être mis en avant et je ne suis qu’un petit auteur parmi d’autres. Alors, se retrouver parmi les sélectionnés, c’est toujours quelque chose de grand, un point important dans la vie d’un roman.

  • Vous êtes également l’auteur de bien d’autres romans, parlez-nous de votre univers. Parlez-nous de ces autres textes.

Mon univers tourne beaucoup autour du fantastique à la base, c’est vrai. Go to hell a été ma première série. Elle parle de monde parallèle dont Cassie, l’héroïne féminine,s’est enfuie pour échapper à un destin qui ne lui convient pas. C’est un personnage qui a un caractère assez fort. Les deux autres personnages, masculins, sont des chasseurs de démons et l’on peut voir en eux une inspiration des personnages de la série TV Supernatural pour ceux apprécient le clin d’œil.

Je suis également l’auteur de deux thrillers ésotériques dans la lignée d’ouvrages tels que ceux d’auteurs comme Sire Cédric : l’Apôtre de l’ombre et Au creux de ma main, tu n’es plus rien ont pour héros deux enquêteurs récurrents qui travaillent à la PJ Lyonnaise et dont les caractères sont diamétralement opposés, mais qui restent malgré tout très proches l’un de l’autre. C’est ce qui fait leur force.

  • Avez-vous d’autres romans en cours d’écriture ?

J’ai terminé le premier tome d’une dystopie se déroulant dans un univers plus ou moins réel dont l’héroïne doit affronter un conflit qui couve et je me concentre actuellement plus dans la rédaction d’un ouvrage de SF pour changer de genre.

  • Vous vous êtes essayée à la poésie, que diriez-vous de nous en donner un petit aperçu ? Pourquoi avoir arrêté ?

Oh oui, mais c’est très très lointain, je devais avoir une vingtaine d’années. Je serais bien en mal de vous en donner le moindre aperçu. Je me souviens juste d’avoir gagné un prix à cette occasion pour une poésie dont le titre s’intitulait « Flore rime avec mort ». Quelque chose de déjà très sombre. J’ai arrêté parce que ça ne me correspondait pas, tant dans ce que je voulais écrire ni au format.


Retrouvez Oxanna Hope sur :

Page facebook : https://www.facebook.com/Oxanna-HOPE-450115101762612/

Site : http://oxannahope8.wixsite.com/author

Retrouvez les chroniques sur ce roman par ici.

A propos de l'auteur

Lectrice avide de découvertes, Amélia a à cœur d'aider les "petits" auteurs à se faire connaître, à travers son blog Culture Geek et Cie, mais aussi dorénavant à travers ce prix.

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