Interview : Léna Lucily

Léna Lucily est l’auteur du roman Sorceraid, concourant dans la catégorie Imaginaire.

  • Ecrivaine dans le fantastique, qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’écriture ? Et plus encore, à vous faire publier ?

J’ai commencé à écrire toute petite, mais le déclic a eu lieu pour moi à l’époque où je publiais des fanfictions Harry Potter, au collège. J’avais douze ou treize ans. C’est bête, mais j’étais suivie par des dizaines de lecteurs qui attendaient le prochain chapitre avec impatience, ponctuaient chaque moment de lecture d’un commentaire, partageaient leurs théories avec moi… L’une de mes fanfics avait été commentée près de 700 fois. L’interaction avec les lecteurs et l’engouement que mes écrits pouvaient susciter dans cette petite communauté m’ont donné envie de poursuivre avec, cette fois, des univers bien à moi.
La publication allait donc de soi, car je n’ai jamais conçu l’écriture comme une activité solitaire. Je n’écris pas pour que mon manuscrit dépérisse dans un dossier informatique, j’écris pour susciter de l’enthousiasme et de l’interaction autour d’une histoire que je pilote.

  • Sorceraid est une histoire un peu folle, mais terriblement bien construite, parlez-nous un peu de la genèse de ce récit.

C’est tout simple : j’avais envie depuis un moment de travailler sur un projet plus proche de moi que la trilogie sur laquelle je planchais à l’époque. Le fantastique « light » a toujours été mon genre de prédilection. Par « light », j’entends accessible à tous, même à des lecteurs pas spécialement friands de ce genre de littérature. Narrer les aventures d’une jeune femme qui aurait pu être vous ou moi était donc presque une évidence pour ce deuxième projet d’écriture.
Toute l’histoire s’est construite sur la base d’une idée de départ que j’ai eue en me baladant à Waterlow Park dans le nord de Londres, dans le quartier d’Archway : une professionnelle qui se rend à un entretien d’embauche, se fait renverser par un bus et, parce qu’elle s’en sort indemne, se fait repérer par une société magique installée à deux pas de là. Le cadre était propice à l’invention d’histoires magiques, car un très vieux cimetière est mitoyen au parc, un beau cimetière de style gothique, envahi par du lierre, de la mousse, de grands arbres roussis par l’automne ! C’était chouette. Le décor était déjà posé, au fond.
Je venais par ailleurs d’arriver à Londres et je découvrais moi-même un nouvel univers : nouveau pays, nouvelle culture, nouveau job à la City… J’ai donc tout de suite été emballée quand le personnage de Nora s’est dessiné dans mon esprit car nous vivions des aventures parallèles, en quelque sorte. Toute l’énergie, tout l’enthousiasme que j’ai pu ressentir en concrétisant ce projet de vie londonienne sont ceux de Nora quand elle entre dans l’univers caché de Sorceraid.

  • Entre humour et action, Sorceraid rend le lecteur rapidement addict, avez-vous des œuvres littéraires ou cinématographiques qui vous ont inspiré ? Ou auxquelles vous pensez, simplement ?

Pas tellement, à vrai dire. Je lis très peu, aujourd’hui, par manque de temps et parce que je veux éviter de trop être influencée par des coups de cœur comme cela a pu être le cas par le passé.
Je sais juste qu’en me lançant dans Sorceraid, je me suis dit que j’allais éviter les écueils qui m’agacent dans les sagas à la mode : des héroïnes trop fleurs bleues ou qui ont des réactions différentes de celles qu’auraient des gens normaux, des intrigues un peu tirées par les cheveux ou complexifiées à outrance, des modes de vie n’étant pas du tout ceux de Monsieur et Madame Tout-le-monde, etc.

  • Lorsque vous écrivez, avez-vous des manies ? Un endroit préféré pour écrire ? Un moment aussi, peut-être ?

A Londres, j’adorais écrire dans des cafés Costas divers ou dans le quartier de Wapping, pas loin de chez moi. Je trouvais ce coin de Londres génial.
Une autre manie que j’avais : je partais marcher pendant plusieurs heures le weekend et je rédigeais les aventures de Nora directement sur mon smartphone avec une application de traitement de texte et le bon vieux Dropbox. Je me demande parfois comment j’ai fait pour ne pas finir, moi aussi, sous un bus !
J’ai gardé cette habitude d’écrire en marchant. Je crois que le mouvement me motive !

  • Sorceraid est une longue série, sous forme d’épisodes, cette manière de présenter l’histoire coulait-elle de source ? Combien y a-t-il d’épisodes, en combien de saison ? L’histoire est-elle terminée ou poursuivez-vous son écriture à travers d’autres aventures ?

Quand j’ai débuté Sorceraid, je venais de terminer le tome 2 de ma trilogie, que j’évoquerai un peu plus bas. Le souci de cette trilogie, c’est que c’est un projet de jeunesse, mon tout premier projet bien à moi. J’en suis fière, mais dans le même temps, il ne représente plus tellement qui je suis aujourd’hui et mon écriture d’adulte. Du coup, il m’avait fallu une éternité pour achever ce tome 2.
Avec Sorceraid, je voulais de la rupture, et cette rupture passait aussi par le format de chaque aventure : des récits courts, qui se lisent et s’écrivent d’une traite, de façon quasi obsessionnelle.
Il y a 10 épisodes en tout, 5 par saison. L’histoire de Nora Fawkes est désormais terminée mais je replongerai dans l’univers de Sorceraid en développant l’histoire d’un groupe de personnages qui apparaissent dans les 3 derniers épisodes de la saison 2. Le projet s’appelle Les Canines Libres. Ce sera l’un de mes chantiers de 2019.

  • Le personnage de Nora est si quelconque finalement qu’il est très facile de s’identifier à elle, était-ce voulu ? Avez-vous eu un modèle pour ce personnage ?

C’est clairement voulu. Nora est une fille assez banale, qui sort avec ses amis, passe du temps sur son smartphone, se lève tous les matins pour aller travailler, vit en coloc, bataille avec sa chef… Je désirais donner vie à une fille normale à laquelle on s’attacherait vite. Pas une beauté, pas une riche héritière, pas l’une de ces filles à qui tout réussit. Si vous saviez comme je suis heureuse quand les chroniques font de Nora une grosse force de la série !
Je n’ai pas eu de modèle particulier. J’ai simplement essayé de dépeindre l’héroïne que j’aimerais voir plus souvent dans les sagas à succès.

  • Quel est votre épisode préféré de Sorceraid ? Dites-nous en un peu, pour nous donner envie de le découvrir.

Pour la saison 1, mon épisode préféré est le troisième, Le Loup et le dicteur, sans hésitation. Dur de vous en dire plus sans trop en révéler. Disons que Nora se retrouve maudite, littéralement, et que ses malheurs vont crescendo jusqu’à la pleine lune.
Cet épisode a été très drôle à écrire. Christine nous montre différentes facettes d’elle-même, Jonathan et Nora trouvent un équilibre… Je l’aime vraiment bien, cet épisode.
Pour la saison 2, c’est plus difficile à définir. Tous les épisodes de cette deuxième saison font intervenir des éléments chers à mon cœur, que ce soit le personnage de Nasir, de Victoire ou encore la bande des Canines Libres.

  • Avez-vous d’autres projets littéraires ? Pouvez-vous nous en dire plus ?

En ce moment, je termine une trilogie commencée il y a longtemps, qui s’appelle la Trilogie des Oghams. Ce n’est pas mon projet favori car je l’ai initié quand j’étais encore toute jeune, à 19 ans. J’ai beaucoup évolué depuis en tant que personne et en tant qu’auteur, c’est pourquoi je trouve que ce projet ne reflète plus tellement la Léna Lucily actuelle. Je souhaite quand même l’achever par principe. Je l’améliore à chaque réécriture. C’est une histoire qui se situe dans un univers celte, plutôt jeunesse et jeunes adultes. La publication du dernier tome est prévue fin 2018/début 2019.
Une fois la Trilogie des Oghams achevée, je souhaite dédier mon temps à une série fondée sur un groupe de vampires qui apparaissent dans Sorceraid et dont le passé mérite d’être approfondi. Les deux sagas seront indépendantes, au sens où il ne sera pas nécessaire d’avoir lu l’une pour comprendre l’autre. Les modes de narration seront aussi bien distincts. Je sais déjà que le premier tome des Canines Libres sera épistolaire.
En parallèle, je concrétiserai un projet d’histoire « dont vous êtes le héros » dont j’ai posé les premiers mots cet hiver. Le lecteur pourra prendre des décisions et influencer l’histoire, un peu à la façon d’un jeu en « Point and Click ». J’ai testé cette écriture pendant une dizaine de jours et je me suis éclatée ! L’approche que l’on a du récit est totalement différente de ce que l’on a l’habitude de faire. Un récit traditionnel demeure linéaire. Avec les histoires « dont vous êtes le héros », il faut penser à toutes les options qui s’offrent aux personnages à chaque instant de l’intrigue et laisser le lecteur choisir la direction dans laquelle se diriger. C’est très intéressant à rédiger.

  • Pour finir, dites-nous ce que vous avez ressenti en voyant les premières critiques, toutes positives sur le premier épisode de Sorceraid, dans le cadre de ce prix.

Je ressens toujours une pointe d’appréhension quand je vois qu’une nouvelle critique est sortie, car on n’est jamais à l’abri d’un avis négatif.
Pour le moment, elles sont toutes positives en effet, et c’est super gratifiant. Quand j’ai découvert les toutes premières chroniques, un sourire de plus en plus large se dessinait sur mon visage à mesure que je lisais les avis des chroniqueurs. Puis ensuite, j’étais excitée comme une puce !
J’en profite pour glisser un grand merci aux blogueurs pour leur travail !


Retrouvez Léna Lucily sur :

Page facebook : https://www.facebook.com/sorceraid/

Site : https://lenalucily.com/

Retrouvez les chroniques sur ce roman par ici.

A propos de l'auteur

Lectrice avide de découvertes, Amélia a à cœur d'aider les "petits" auteurs à se faire connaître, à travers son blog Culture Geek et Cie, mais aussi dorénavant à travers ce prix.

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