Interview Céline de Rosa

  • Bonjour Céline. Vous êtes blogueuse, auteure, créatrice de Box littéraire (Book Me Box), vous faites partie de plusieurs comités de lecture, et vous êtes, en plus, une maman et une femme. On en déduit aisément que vous êtes une passionnée, et que vous aimez lire. Quelle route vous a menée à l’écriture ?

Bonjour Virginie !

Je pense effectivement qu’on peut me qualifier de passionnée. Je respire, je bois, je mange, je lis. La lecture fait partie intégrante de ma vie. C’est ainsi. C’est une réelle addiction. Lorsque mon quotidien ne me permet pas de m’adonner à ma passion, eh bien, je ne me sens pas bien. La lecture est un besoin primaire. Sans elle, je m’éteins.

Je suis donc avant tout une lectrice. Une lectrice qui, un jour, a voulu imiter celles et ceux qui la plongeaient dans un univers parallèle bien plus attrayant que le monde réel. Tout comme mes auteurs préférés, j’ai voulu analyser les comportements humains, les disséquer, décrypter les relations.  J’ai toujours été assez intuitive, très observatrice et j’ai voulu coucher sur le papier mes ressentis par rapport à ce qui m’entourait. J’ai longtemps, très longtemps hésité avant de me lancer, trop pudique pour me livrer, car même lorsqu’un roman n’est pas autobiographique, tout part toujours, pour moi du moins, du réel. De ce qu’on a vécu ou de ce qu’on a vu. L’idée de base est là. Puis, elle se modifie, ou pas, au fil du temps, au gré des pages. Je me suis donc lancée après quelques difficultés rencontrées dans ma vie. Tel fut le déclic. A ce moment-là, je me suis dit que si on ne pouvait pas faire ce qui nous faisait plaisir dans la vie, alors à quoi bon…

Une citation répondrait parfaitement à votre question. J’ai découvert ces mots de Marina Abramović dans le dernier roman de Claudie Gallay, La beauté des jours. J’ai été bouleversée. A leur lecture, je me suis dit « oui, c’est exactement ça. C’est moi ».

 J’ai longtemps cru qu’on devenait une artiste à partir d’une enfance difficile ou alors si on avait connu un drame ou bien la guerre, ou alors si on avait un don. Mais ce n’est pas ça. On devient artiste parce qu’on est sensible et parce qu’on est mal dans le monde. Ce n’est pas une question de don mais d’incapacité à vivre avec les autres. Et cette incapacité à vivre crée le don.

Dans mon cas, je remplacerais le dernier mot « don » par « besoin ».

  • Parlez nous un peu de votre premier roman, Elle(s). Comment a germé l’idée de cette intrigue, comment la mise en scène vous est venue à l’esprit ? Que représente ce thème pour vous ?

L’idée de Elle(s) a germé un soir. Je rentrais du boulot, j’étais en voiture dans les embouteillages et je pensais à ce que j’allais préparer pour le dîner. J’étais fatiguée d’exercer une profession qui ne me convenait plus et me donnait des migraines environ quatre fois par semaine. Je ne voyais plus mon fils qui à l’époque n’avait que quelques mois. Autour de moi, certaines femmes et mères avaient ce type de problèmes. Elles étaient tiraillées entre leur vie professionnelle, leur vie de famille, leur vie de femme et d’épouse. Je me suis dit que, partout où je regardais, ces préoccupations étaient une constante. Après, on perçoit ce que l’on veut bien percevoir bien sûr… Quoi qu’il en soit, ce sujet m’a donné à réfléchir. Beaucoup. J’ai commencé par noter quelques ressentis et pour la première fois, mes notes, qui jusque là étaient peu abouties, prenaient peu à peu forme.

Le reste est venu un peu tout seul. Le sujet de la femme, qu’elle soit au foyer ou qu’elle travaille comme PDG, est un sujet dont on parle trop peu. Il reste tabou alors que nous avons déjà bien abordé le 21ème siècle. J’ai voulu y remédier, à ma modeste échelle.

  • Vous avez récemment sorti un livre orienté jeunesse. Avez-vous d’autres projets d’écriture sous le coude pour les prochains mois ?

J’ai écrit un second roman noir, intitulé La proie qui m’a pris plus d’un an d’écriture. Je viens de l’autopublier. Et je travaille sur un autre, mais je n’en suis qu’à la première phase : celle où je jette des idées sur le papier en espérant qu’elles formeront une histoire.

  • Votre roman a été sélectionné pour la catégorie Premier Roman du Prix des Auteurs Inconnus. Que représente pour vous cette sélection, et qu’attendez-vous des chroniqueurs qui liront votre ouvrage ?

J’ai longuement hésiter à me présenter. Très longuement. Je n’aime pas la compétition. Celle-ci m’angoisse. En plus de ses effets anxiogènes sur moi, je trouve qu’il est extrêmement difficile de déclarer qu’un livre est meilleur qu’un autre. Mais certaines personnes ont su se montrer convaincantes, alors j’ai cédé 😉 Mais j’avoue que je ne suis pas à l’aise dans cette situation. Mais heureuse bien sûr !

Je n’attends rien de particulier des chroniqueurs. Je souhaite juste qu’ils passent un bon moment avec mon livre. Si je peux en plus leur procurer des émotions alors là, c’est la danse de la joie. C’est vraiment ce qui m’importe le plus. Qu’elles soient positives ou négatives mais qu’elles ne laissent pas indifférent. Surtout pas ! Je dois dire que jusqu’à présent, mon livre a davantage séduit les lecteurs que les chroniqueurs. J’ai reçu beaucoup de messages privés dans lesquels, des lectrices surtout, disaient avoir beaucoup aimé mon roman. Certaines affirment s’être reconnues dans le personnage principal, déclarent avoir ressenti beaucoup d’émotions. La plus belle des récompenses, je l’ai déjà remportée. Je remercie ces personnes de tout cœur. Sincèrement.

  • Qu’auriez vous envie de dire aux lecteurs qui n’ont pas encore découvert votre plume pour leur donner envie de vous lire ?

C’est certainement la question la plus difficile de cette interview. Pour moi en tout cas.

J’ai écrit Elle(s) sans penser une seule seconde que j’aurais le courage de le sortir du tiroir. Les feuilles y reposaient. Sagement. C’est dire si j’ai longtemps cru que le roman n’intéresserait pas grand monde. Mais l’envie de livrer une histoire a été la plus forte. J’ai quelque chose à vous dire lecteurs, accepteriez-vous de m’écouter ?

  • Un dernier mot ?

Je n’aurais jamais cru un jour oser parler de moi. Voilà pourquoi j’ai mis un certain temps avant de répondre à ces questions. Merci Virginie pour ces longues semaines de patience. Un « exercice » difficile mais dont je suis parvenue à bout. Je suis heureuse d’avoir été sélectionnée et quel que soit le dénouement de cette aventure, je suis fière d’y avoir participé. Il y a quelques années, jamais je n’en aurais été capable.

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