Maude Perrier est l’auteur du roman Une raison d’espérer, concourant dans la catégorie Romance.

  • Pour commencer, parlez-nous un peu de vous.

Exercice très difficile… Bon alors je suis une femme qui aura 40 ans dans quelques jours (…), maman d’un petit garçon de 6 ans.
Dans ma vie de tous les jours, je travaille dans un cabinet d’expertise-comptable, au service juridique.

Sous le nom de plume Maude Perrier, j’ai écrit 11 romans dont les héros sont des héroïnes, confrontées à des choix ou des difficultés particulières.

  • Vous êtes une auteur auto-éditée, parlez-nous de votre parcours. Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ?

Oui, je suis auto éditée, et c’est un vrai choix. Je n’envoie rien aux maisons d’édition.

Ah si, j’ai envoyé deux nouvelles dans le cadre d’un appel à texte, je voulais tenter l’expérience et voir comment cela se passait. La première nouvelle a été refusée, la seconde, acceptée et publiée dans un recueil.

C’est là ma seule incursion dans le monde de l’édition traditionnelle. Mes romans sinon sont tous autoédités.

Pourquoi ? Parce que j’ai découvert l’autoédition et KDP un peu par hasard, sur un forum américain que je suivais, et je me suis dit, pourquoi ne pas essayer ? J’avais sous le coude ce vieux manuscrit qui datait de mes 16 ans. Je l’ai retravaillé, actualisé, et publié, d’abord sous un nom de plume anglosaxon, puis sous Maude Perrier (une rencontre inattendue).

La publication en autoédition est certes très lourde parce qu’en partant de zéro il a fallu apprendre énormément de choses, mais c’est quelque chose qui m’a tout de suite plu. La liberté que nous avons est sans comparaison. Nous décidons de tout : du contenu, de la couverture, du résumé, du titre etc… Alors oui, cela peut avoir des conséquences désastreuses si nos choix sont mauvais, mais ce sont NOS choix, autrement dit, nous sommes entièrement responsables, de notre succès comme de nos échecs. J’aime beaucoup cette mentalité qui nous pousse à assumer nos actes plutôt qu’à chercher des responsables ailleurs que dans notre miroir.

Et puis tout ce que j’ai appris en AE, comme créer un site, le marketing, même les réseaux sociaux, cela a une valeur inestimable. Chaque jour j’en apprends davantage, chaque jour j’évolue et grandis un peu plus… je ne suis pas certaine de trouver la même chose en édition traditionnelle.

Evidemment, le revers de la médaille existe : en AE, surtout en partant de rien, vous êtes vraiment tout seul et quelquefois c’est difficile à gérer. Personne pour vous guider, vous montrer, vous encourager aussi. C’est à vous te trouver les gens, de trouver la motivation, de trouver l’information.

  • Vous écrivez sur les femmes, ces femmes en général, vous, ou même encore moi, pourquoi ce choix ? Quel message voulez-vous faire passer ?

Ecrire sur les femmes m’est venue tout naturellement. Mon premier vrai roman, c’est Une rencontre inattendue. A l’origine, il s’agissait d’une nouvelle que j’avais écrite, dont l’héroïne était une jeune femme qui rêvait d’aller aux Etats-Unis. Cette jeune femme, c’était moi 😊. Ensuite, l’histoire s’est épaissie, s’est dramatisée, est devenue un vrai roman. Moi, j’ai disparu du tableau.

Et puis je dois admettre que j’ai été nourrie très tôt aux romans de femmes : Danielle Steel, Barbara Taylor Bradford… inconsciemment, leurs écrits ont aussi dû m’influencer. Les héroïnes étaient des femmes braves, courageuses mais aussi fragiles et confrontées à pas mal de choses.

Je reconnais qu’il est plus facile pour moi de me mettre dans la peau d’une femme que dans celle d’un homme ou d’un enfant. Je m’identifie plus facilement, me mets aussi plus facilement à la place de mon héroïne, du coup, exprimer ses sentiments, deviner ses réactions est plus aisé.

Chaque roman a pour message de fond qu’il ne faut pas se fier aux apparences, parce qu’elles sont souvent trompeuses. Une femme battue qui parait heureuse, une femme qui semble être une perdante mais qui doit vivre avec le fardeau de l’inceste sur ses épaules, une femme qui sort de prison et qui est tout de suite clouée au pilori, une femme qui couche avec son patron… avant de pointer le doigt et de jeter l’opprobre il est bon de connaître l’histoire qui se cache derrière.

Sans prétention aucune, j’ai aussi eu envie d’être une voix pour celles qui n’en ont pas forcément. Envie peut-être de changer même un tout petit peu le regard des gens.

  • La collection « Une femme, un destin » c’est donc pour ainsi dire votre ligne directrice, le fil rouge de tous vos romans. Parlez-nous de ces femmes qui parsèment vos écrits.

Ce sont des femmes comme vous et moi, qui évoluent dans un monde réel, qui sont confrontés à des problèmes très concrets : la violence conjugale, l’alcoolisme, le mal être, le racisme…etc Même si elles n’ont pas l’amour d’un milliardaire ou le corps d’une déesse, ces femmes sont de vraies héroïnes. Elles doivent affronter non seulement leurs propres démons mais encore les autres, leur comportement, leur regard, leurs jugements et les préjugés.

Et elles doivent composer avec l’amour, qu’elles rencontrent à un moment ou à un autre.

Même si elles sont fictives, j’essaie de rendre ces femmes aussi réelles et crédibles que possible, parce que je me dis qu’une lectrice pourrait s’identifier à elle et qui, sait, retrouver un peu d’espoir, un second souffle.

  • Concentrons-nous davantage sur Une raison d’espérer, roman concourant au prix des auteurs inconnus. Le sujet est dur, la violence conjugale, qu’évoque-t-il pour vous ?

Au départ, l’idée était différente : je voulais écrire sur une mère qui bat son enfant.

Et puis voilà, la violence conjugale m’est apparue bien plus à propos. Au fur et à mesure des récits que je lisais, des témoignages que j’écoutais, ce thème est devenu une évidence. Et plus je creusais le sujet, plus le sentiment de révolte montait en moi. Je voulais écrire sur le sujet, mettre le doigt là où ça fait mal, mais d’une manière personnelle.

Parallèlement, j’ai fait la connaissance de femmes sur qui un homme a déjà levé la main. J’ai également eu envie d’écrire pour elles.

Ce roman a une place particulière dans ma collection. Il représente un défi à bien des titres : un récit à la première personne, beaucoup de violence, de sexe aussi. Je voulais vraiment peindre l’escalade, même si Lily est déjà une femme battue au début de l’histoire. Plus on avance et plus cela devient insoutenable. Et plus on approche le point de non-retour.

Il a failli être la mort de Lily d’ailleurs, parce que j’avais sans arrêt cette phrase dans la tête : en France, une femme meurt tous les trois jours de la violence conjugale. Elle m’a obsédée au point où j’étais décidée à terminer Une raison d’espérer sur un accès de fureur de Denis.

Et puis j’ai pensé à ces femmes justement, celles dont j’avais fait la connaissance, et à toutes ces autres. Je ne voulais pas finir sur une victoire de la violence, même si, au final, c’est un peu le cas.

  • Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez vu qu’Une raison d’espérer, roman qui vous tient particulièrement à cœur, avait intrigué les chroniqueurs, au point qu’il soit sélectionné ?

Une certaine incrédulité, je dois bien l’avouer. Non pas que je ne crois pas au potentiel de mon roman, mais je me suis dit qu’il serait trop violent. Et puis tant d’autres étaient en concurrence, alors forcément, on a tendance – plutôt j’ai tendance – à penser qu’ils sont meilleurs et qu’ils plairont davantage.

Incrédule donc puis fière et pleine d’espoir pour la suite de l’aventure. Une raison d’espérer ne laisse pas indifférent, ça je le sais. Des mois après avoir écrit le mot fin, j’avoue que je suis encore à y songer, à penser à Lily, à Tate, à Denis… vous me direz, comment faire autrement lorsque les journaux rapportent un nouveau cas de violence conjugale, pratiquement tous les jours ?

  • Pour terminer, un petit mot à vos lecteurs, et même futurs lecteurs ?

A mes lectrices j’aimerais surtout dire merci, parce que ce sont elles qui me remontent toutes les fois où je tombe. Les mails que je reçois, les messages ou les commentaires que je lis me redonnent de l’énergie et du courage pour continuer. Sans elles, j’aurais peut-être arrêté.

Quant à celles et ceux qui aimeraient découvrir mes romans, je dirais qu’il ne faut pas hésiter 😊 Dedans il y a une histoire avec de vrais thèmes, mais aussi de l’amour, de l’évasion, et de l’émotion, bref, de quoi passer un moment très agréable.


Retrouvez Maude Perrier sur :

Site : http://maude-perrier.com/

Page facebook : https://www.facebook.com/MaudePerrierAuteure/

Retrouvez les chroniques sur Une raison d’espérer, par ici.

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